‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 39 sur 39 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

I. — Les incertitudes du diagnostic de l’amibiase intestinale tiennent à des causes nombreuses, dominées par deux notions principales :

— le caractère protéiforme de l'affection ;

— Je fait que l’amibiase intestinale est une côlite, aussi bien généralisée que segmentaire.

L’aspect clinique le plus communément rencontré est la côlite chronique. Chez un sujet à antécédents dysentériques, le rapprochement est facile. Primiüve, elle risque de demeurer méconnue.

IT. — La symptômatologie peut être si banale, que l’on méconnaît facilement les formes frustes ou larvées.

Dans d’autres cas, les aspects cliniques sont tellement anormaux, la localisation si spéciale, que rien ne fait penser à l’amibiase intestinale. [1 faut distinguer :

À. Des formes symptômatiques :

Entéritiques pures ;

Avec constipation opiniâtre ;

Avec alternatives de constipation et de diarrhée ;

Hémorragiques ;

EEE

Gastralgiques pures.

B. Des formes segmentaires, localisées

— soit à la région cæco-appendieulaire ; — soit à la région recto-sigmoïdienne.

TT. — A l'opposé, il est des cas —— beaucoup plus rares — dans lesquels on attribue à l’amibiase intestinale des troubles dont elle n’est pas responsable : chez les anciens dysentériques, par exemple, s’il s’agit d’une côlite post-amibienne, non parasitaire, avec insuffisance digestive accentuée.

IV. — L'examen radiologique fait éviter des erreurs fréquentes et apporte des preuves de la réalité de la côlite.

La rectoscopie permet : d’éliminer toute lésion locale d’autre nature, le cancer surtout ; — de dépister des lésions spécifiques ou évocatrices d’amibiase intestinale ; — et de prélever à leur niveau des sécrétions suspectes.

Mais 1l faut être prévenu de la diversité des aspects rectoscopiques et des incertitudes auxquelles peuvent conduire : leur banalité ou leur absence, en cas de lésions haut situées.

V. — L'examen nucroscopique des selles n’apporte pas toujours la confirmation attendue : la présence des amibes est exceptionnelle et la recherche des kystes très délicate. Seule une réponse positive doit avoir de la valeur.

À la fréquence des examens négatifs s’ajoutent des incertitudes parasitologiques importantes, tenant moins aux difficultés d'identification des germes qu’à l’existence de formes associées. La valeur pathogène de ces associations doit rester discutée.

VI. — Devant de si nombreuses et fréquentes incertitudes, un précepte demeure intangible : en cas de doute, tenter systématiquement le traitement d’épreuve.

Mais, s’il reste sans résultats, le remplacer par une thérapeutique symptômatique simple et non irritante.

Vu : Le Doyen, Vu : Le Président de la Thèse, ROUSS Y. EOEPER:

Vu ET PERMIS D'IMPRIMER :

Le Recteur de l’Académie de Paris,

CHARLÉT Y.

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