‹ Les Incertitudes du Diagnostic de L'amibiase intestinaleChapitre 5 sur 39 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

On tend de plus en plus aujourd’hui à considérer l’amibiase comme une maladie générale.

À la suite des travaux qui se sont multipliés sur la question, depuis l'expérience de la guerre et de l’après-guerre, la notion ancienne de dysenterie amibienne s’est avérée nettement insuflisante et de nombreuses publications sont venues justifier la préférence que LE DanTEc, puis Ravaur, donnèrent au terme d’amibiase. Cette attitude est d'autant plus admissible que, sous nos climats, l’amibe pathogène engendre, en général, des tableaux chniques bien différents de la dysenterie amibienne des descriptions classiques, et que lamibiase autochtône, en particulier, réalise avec un maximum de fréquence incontestable des manifestations chroniques, intestinales ou non, mais sans dysenterie à proprement parler. On peut répéter, avec Oury et Goparp, que «l’amibiase intestinale ne s’identifie pas avec la dysenterie. La dysenterie n’en est qu’un des aspects, le plus rare des aspects chez les malades chroniques ». |

L’unanimité des auteurs est actuellement faite

André Destouches. 1

CEE O PE

sur cette nouvelle conception de la maladie amibienne et Racer en a donné cette définition :

« L’amibiase intestinale est une maladie générale, intéressant certes avant tout et toujours l’intestin, mais atteignant souvent aussi d’autres viscères, le foie surtout: cette localisation extra-intestinale peut, dans certains cas, paraître primitive et être la seule reconnue cliniquement. En réalité, cependant, il n’y à pas d’amibiase intestinale sans atteinte côlique ; celle-ci peut s’être faite à bas bruit, ne s’extérioriser par aucun symptôme : elle n’en reste pas moins toutefois l’étape primitive et obligatoire du parasite ».

En somme, la localisation primaire intestinale est à l’amibiase ce que le chancre est à la vérole. Et, de même qu'il est des syphilis dent l’accident imutial, passé inaperçu, demeure inconnu, de même pourrait-on parler d’amibiases décapitées.

[Il n’en reste pas moims vrai que, comme lécrit Maruis : &« Sans l’amibiase intestinale, pas de localhisations secondaires. C’est de lintestin que les amibes partent pour aller coloniser dans les diverses régions de l’organisme .»

Aussi bien l’immense majorité des cas est-elle tout de même constituée par les atteintes intestinales :

Soit isolées,

Soit à l’origine d’autres localisations.

S1 l’on a décrit des localisations extra-digestives isolées, ce n’est peut-être qu’une apparence, lorsqu'on

Done

veut bien se rendre compte des difficultés cliniques, endoscopiques et microscopiques de reconnaître ou de faire la preuve de l’amibiase intestinale. En effet, depuis la guerre, les cas d’amibiase autochiône sont devenus de plus en plus fréquents. De plus en plus aussi ils s’écaitent de la description de l’aprèsguerre immédiat, description tout imprégnée des notions que nous apportatent les médecins coloniaux.

Rappel historique

Un rappel historique rapide permet de se rendre compte de cette évolution de la question.

On peut distinguer très nettement trois phases :

19 Une phase dysentérique classique, correspondant à la conception coloniale d’avant-guerre.

20 Une phase de transition : la guerre de 1914-18.

30 Une phase contemporaine, où la notion générale d’amibiase et l'importance du facteur côlitique se sont définitivement imposés.

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