LA FORTUNE ET LA VERTU
M. le marquis de canaples, représentant la fortune
Cette déesse et moy, ne nous trouvons ensemble Que quand un ballet nous assemble,
Quoyque pour la chercher, mes soins soient assidus.
J'ay beau courir les mers pour suivre la cruelle, J'ay beau mesme danser pour elle, Ce ne sont pas des pas perdus.
Quoyqu'elle et moy soyons icy la mesme chose,
Jamais d'elle je ne dispose.
Son cœur, de mes appas, ne peut estre enflammé ; Qui me croiroit ainsi traité de ce que j'aime ?
Je suis amoureux de moy-mesme,
Et je n'en sçaurois estre aimé.
M . le marquis de rebé, représentant la vertu
L'esclat dont je suis revestu Emprunte de mon nom une clarté nouvelle,
Et pour sembler à la vertu, Il faut dans ma famille en prendre le modèle.