UN VIEILLARD ET DEUX JEUNES HOMMES
M. montagne, vieillard; M. le marquis DE lavardin et M. castel, jeunes hommes.
Pour M. montagne, représentant un vieillard
Avec ces jeunes gens je suis incompatible, Nous n'avons rien en nous qui ne soit opposé : Leurs corps sont agissans, et le mien presque usé Ne peut de leurs plaisirs se rendre susceptible. A nous voir en public, d'un mesme mouvement, Disposer de nos pieds assez également, A peine de nos ans fait-on la différence ; Mais on juge aisément, quand on ne les voit pas, Qu'il est certains endroits qu'ils passent en cadence, Où je ne puis faire un seul pas.
M. le marquis de lavardin, représentant un jeune
Aucun soucy ne me travaille.
J'aime tous les plaisirs et je les sçais gouster, Et je suis, sans trop me flatter, Un jeune homme de belle taille.
homme.
if. castel, représentant un jeune homme
Peu susceptible de tristesse, Pour me bien divertir, je ne plains point mes pas, Et quelquefois j'ay tant d'alïaires sur les bras, Qu'alors j'ay bien besoin de toute ma jeunesse.