REVUE ORIENTALE ET AMÉRICAINE
à traduire. L'année du texte est. ou 425 ou 3ei avant PC-, car^n ne saurait savoir, si le roi cité est Artaxerxès- Longuemain (465 à 425), ou Artaxerxès-Mnémon (404 à 361).
Il doit être remarqué, que les rois Achéménides ne sont jamais qualiflés de roi dj Perse; les premiers, tels que Cyrus, Cambyse et Darius sont nommés a rois de Babylone et des nations, » tandis que les derniers portent le titre de a rois des nations » Sans doute, l'orgueil national des Chaldéens se refusait à citer comme monarques des rois étrangers, qui du reste, respectaient toujours en Mésopotamie la langue et les coutumes nationales, et dans leurs textes officiels jusque daos leur propre patrie, faisaient la concession si précieuse pour la science de nos jours, de publier leur volonté dans la langue des Chaldéens.
Il est probable, sûr même, que cette coutume persista jusqu'au grand Macédonien. Jusqu'ici nous n'avons pas trouvé de texte portant le nom d^Alexandre le Grand ; mais nous devons nous attendre à en rencontrer. Car nous avons déjà eu cinq tablettes d'intérêt privé, qui portent les dates sui vantes :
Orchoé l'année 00 sous le règne d'Antiochus.
Tannée 64 — de Séleucus.
l'année 68 — de Séleucus.
l'année 80 — d'Antiocbus.
Il s'agit d'abord de savoir quelle est Tère d'après laquelle se comptent ces dates. La supposition qui s'offre en premier lieu, c'est qu'elles s'appliquent au grand événement de la conquête de Babylone par Séleucus- Nicator, en 3i2 avant J.-C. L'ère des Séleucides commençant par ce fait d'armes qui anéantit, dans cette contrée de l'Asie, la puissance d'Antigone et de son fils Démétrius Poliorcètes, s'est perpétuée jusqu'au onzième siècle; les Juifs remployèrent même jusqu'à celte époque de préférence à l'ère de la ^r4a|ion
LES mSCftIPTIONS COMMERCIALES 339
tlu monde. Nous trouTons celte ère dt'jk sur les monnaies des Séleucides et même des Parthes à. partir de 200 à 180 avant J.-C. ; raison de plus de la supposer en Babylonie, à pne époque qui ne pouvait pas être éloignée, si elle n'est pas postérieure, des faits d'armes qui rendaient redoutables ce nom asiatique à la puissance naissante de la ville éternelle* Mais en appliquant les données citées ci-dessus» on obtient :
Pour Tannée 60 sous le règne d'Antiocbus 2:52 av. J.-C.
— 64 — de Séleucus 248 av. J.-C.
— 68 — de Séleucus 244 av. J.-C.
— 80 — d'Antiochus 232 av. J.-C.
La date du roi Démétrius est malbeureusement perdue. Or, de ces données n'est admissible avec certitude que la
première de 252 où Antiochus II, Theos (261 à 247) régnait ; l'année 248 tombe encore sous le règne du même roi, et 1- inscription porte le nom de Séleucus. En 244 Séleucus Callinicus (247 à 226) régnait en Syrie, mais il est douteux qu'il possédait à cette époque la Mésopotamie, occupée par les Egyptiens encore du temps de la guerre d'Antiochus le Grand et de Ptolémée Philopalor, Car en 244, Ptolémée Eùverçète, pour venger l'assassinat de Bérénice, sa sœur et seconde épouse d^ Antiochus Theos, avait déclaré la guerre au fils de la meurtrière Laodicé, mère de Séleucus Callinicus etd'Antîochus Hiérax. L'année 8p, soit 232 tombe également sous Séleucusy mais le texte cunéiforme porte le nom d' Antiochus. ; t ■
Il faut donc abandonner, comme point de départ la date Ae 312 avant J.-C. Mais une grande difficulté se présente pour trouver une autre ère connue, difficulté que connaît également la numismatique pour le classement chronologique des médaille asiatiques* En envisageant simplement les règnes des Séleucides, nous remarquons sans délai, que le choix que nous avons à faire entre les rois de cette race,
340 REVUE ORIENTALE ET AlIÉKICAlJfE
ne saurait être douteux. Quels sont les Antrochus qui on^ régné à vingt ans de distance^ de manière que la 4"* ^t Is ô™* année fût occupé par un Séleucusir II n'y a qu'une ré ponse de possible ; le premier des Antiochus ne peut êtn qu'Antiochus le Grand et qui régna depuis 222 à 187 à J.-C. Le Séleucus est Séleucus IV ou Philopator (187 à 175) ^ le second Antiochus celui que les Machabéens ont rendu 8i connu, Epiphane (175-162). Quant au Démétrius, dont te mention est mutilée^ il sera probablement le frère et succès seur d'Epipbane.
Hais il reste maintenant de fixer Tère. Une brique por* tant la date de 60 avec le nom d' Antiochus^ dont le règnt finit en 187, il est clair que le commencement de cette période chronologique ne peut descendre au delà de 247 avan^ J.-C. (1 87 -f- 60) ; une autre étant de Tan 64 sous le règne 4« Séleucus, dont le règne commencé en 187 ne peut remonter au delà de 251 avant J.-C. (ia7 + 64). C'est donc entre ces époques distantes de quatre ans Tune de l'autre qu'il fout circonscrire le point du départ de l'ère qui probablement était particulière à Orchoé ou à la basse Chaldée. Nous connais sons très-imparfaitement Fhistoire de toute cette époque même pour l'histoire romaine, où la 2"« décade de Tite4iv« nous manque; pour Thistoire grecque, les petits mémoire de Niebuhr démontrent toute notre pénurie sur cette fi Tiode. Que dirais-je de Thistoire des Séleucides et des Pto lémées? les inscriptions nous ont révélé des faits impoi tants que nous a fait ignorer la perte des auteurs tels qp Phylarchus, Timéus, et même Diodore de Sicile.
Bref, nous ne pouvons pas savoir à quel fait se rattacl l^ère, en présence de laquelle nous nous trouvons; mais ooi ne pouvons pas effacer le fait en lui-même.
L'an 60 (Antiochus) tombe doue entre 191 et IB7.
L'an 64 (Séleucus) — 1^7 et 1B3.
L'an 68 (Séleucus) — 1 83 et 1 79.