‹ Les incrustations décoratives des cathédrales de Lyon et de VienneChapitre 31 sur 44 · CIS · texte numérisé non relu

CIS

Fic. 116. — Fragment original du dallage de la chapelle Saint-Pérégrin (Musée de Douai).

en pierre de liais (fig. 119), est décorée des fleurs de lis de France et des tours de Castille alternées sur des fonds creusés et remplis de mastics bleu et

Fi. 115. — Datlage de la chapelle rouge. Une délicate bordure de feuillages incrustée Saint-Pérégrin : fragment original. De à à È de ciment noir forme l'encadrement. La marche

actuelle est moderne, mais exécutée avec une fidélité scrupuleuse d’après les débris

1 Viollet-le-Duc a donné une très intéressante reconstitution de ce carrelage dans les Annales archéo

logiques, 1849, t IX

ENS RR'ANICGIEN EN ENMNT'ANILE 713

mutilés de l’ancienne, égarés dans le débarras de la maison de la Légion d'honneur.

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FiG. 117. — Basilique de Saint-Denis : dalle incrustée de la chapelle Saint-Pérégrin.

Notre figure est la reproduction d'un dessin de Viollet-le- Duc exécuté sur les estampages.

Au nombre des relevés de Percier, on retrouve encore le dessin de la marche et de l’entourage de l'autel de la chapelle suivante, primitivement sous le vocable de saint Cucuphas, qui a conservé intact son carrelage du xu° siècle en briques émaillées. Quelques-uns de ces carreaux sont obtenus à l’aide de véritables incrustations : des fleurs de lis en trois pièces, des quatre-lobes, des ronds moulés en terre cuite jaune sont encastrés dans des briques vert noir.

La marche de l’autel, uniquement décorée de gravures incrustées de ciment a été refaite d'après le dessin de Percier et à l’aide des fragments anciens qui existent encore dans le

dépôt de Saint-Denis. Des estampages exécutés sur les ori-

FiG. 118. — Marche de l'autel de l'ancienne chapelle Saint-Cucuphas, à Saint-Denis.

ginaux nous ont permis d’en donner une fidèle reproduction (fig. 118). Le médaillon

de gauche représente David défiant le géant Goliath et les deux autres des scènes de la vie de David. Celui du centre, très effacé, a été à peu près complètement recom-

Pie: que = Mere de en de a ere FiG. 120. — Fragment de dallage incrusté.

de la Vierge, à Saint-Denis.

posé par Viollet-le-Duc. Une chasse au cerf et au sanglier se développe sur les côtés. Un fragment de dallage (fig. 120), provenant d’une chapelle non désignée, avait

Fic. 121 et 122. — Marche d’autel incrustée, à Saint-Denis.

été transporté au musée des Petits-Augustins. Nous le reproduisons d'après un estampage colorié de Viollet-le-Duc. Les pâtes du fond étaient rouges, pour les tours de Castille, et bleu vert, pour les fleurs de lis de France.

Fic. 123. — Bas-relief de Xanthos, d’après le moulage du Musée de l’Université de Lyon.

Deux bandes de pierre incrustées représentant des dragons et des coqs affrontés ont été découvertes et estampées par Viollet-le-Duc dans les démolitions de Saint-

1 NO 24 du catalogue publié par M. Henri Lechat, directeur du musée, — M. Collignon, Histoire

de la sculpture grecque, t. 1, p. 268, fig. 121.

BEN JRANGIS 1810 JON IMCAIDIE 75

Denis (fig. 121-122). On les retrouve parmi les dessins de Percier comme enca- ‘drement d’autel, mais sans désignation.

Un bas-relief provenant de Xanthos et conservé au British Museum met en scène un combat de coqs qui offre avec celui-ci la plus singulière ressemblance (fig. 123). Sans prétendre établir un rapprochement entre les deux compositions, ni même avancer que le moine décorateur de Saint-Denis ait pu rapporter d'Orient le souvenir de cette petite scène, il est au moins curieux de comparer art archaïque de la fin du vi siècle avant

Jésus-Christ avec l’art du xu siècle français, tous les deux naturalistes et sincères dans leur mode d'expression.

FiG. 124. — Notre-Dame de Saint-Omer :

Nous arrivons au pavement le plus Fragments divers de l’ancien dallage, conservés : : ÿ ; ë dans le collatéral nord.

important qui se soit conservé en France. L'église Notre-Dame de Saint-Omer possédait un somptueux dallage incrusté, œuvre

du xin° siècle et du commencement du xiv°, qui décorait le chœur, les chapelles

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FiG. 125. — Fragments divers du dallage de Saint-Omer.

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absidales et la nef. Malheureusement, à plusieurs reprises, il a été complètement bouleversé, surtout en 1608, époque de l’exhaussement du sol, et en 1753, où on refit en marbre tout le pavé du chœur.

! Consulter sur ce dallage l’étude très complète que M. Wallet lui a consacrée, Description du pavé de

Les nombreuses pierres de ce dallage ont été disséminées un peu partout, mais les plus intéressantes sont réunies dans les deux chapelles latérales du chevet, l’église, le transept nord (fig. 124) et la grande nef, au-dessous de la tribune de l'orgue. Dans le bas côté droit, près de l'entrée, on compte encore un certain nombre de ces fragments, parmi lesquels plusieurs proviennent de la cathédrale de Thérouanne. Quelques-uns ont été transportés au musée lapidaire de Saint-Omer.

Certaines dalles mesurent i"45 et représentent des chevaliers appartenant aux familles de Sainte-Aldegonde et de Wasselin, montés sur leur destrier et abrités sous leurs écus armoriés. Des inscriptions rappellent que ces pierres avaient été offertes à l'église

Fi. 126. — Dalles de Saint-Omer.

de Saint-Omer, en l'honneur du patron de la ville par de puissants et généreux donateurs, vivant vers 1260 (fig. 125). Les plus grandes, comme celle du Christ au tombeau, at

jourd’hui très mutilée, avaient jusqu’à 3"25 de long sur 1*60 de hauteur. Les donateurs de cette pierre étaient les frères de la Ghilde, comme l'indique l'inscription encore lisible : iSTuM LP

DEM DEDER. FRATRES DE GILDA. C’étaient les bourgeois de Saint- Omer, membres de l'Union commerciale, connue sous ce nom

au moyen âge.

Les dalles de dimension moyenne figurent les Arts libéraux,

Rome : È É Dalles de Saint-Omer la Musique, l’Astronomie, la fable du Renard et de la Cigogne, le (Musée de la ville).

zodiaque, les travaux des mois, des éléphants chargés de leur tour

(fig. 126), etc. Quant aux petites, qui ne dépassent pas 30 centimètres de côté, la fantaisie qui a guidé l’artiste est sans limite : ce ne sont que griffons, arabesques, hommes à tête de singes, sirènes, têtes à trois visages, satyres, animaux des Bes-

l'ancienne cathédrale de Saint-Omer, 1847, et le travail de M. Deschamps de Pas dans les Annales archcolo-

giques, t. XII, p. 137.

tiaires, Ânes jouant de la harpe, oiseaux montés sur des quadrupèdes, etc. (fig. 127) Enfin de nombreuses bandes d'ornement paraissent avoir composé des bordures (fig. 125).

Les sujets sont gravés simplement au trait, dans une pierre jaunâtre assez dure, provenant des carrières de Marquise, aujourd’hui abandonnées, et le dessin creusé à 6 ou 10 millimètres de profondeur est rempli, à fleur de pierre, de ciments de couleurs variées, généralement brun foncé, et souvent rouge brique, rouge vif et parfois bleu ardoise. Les fonds également creusés et garnis de ciments permettent de silhouetter franchement les sujets en clair sur sombre.

Ces ciments, d’une solidité remarquable, ont résisté, pour le moins aussi bien que la pierre, au frottement des pas. Leur analyse décèle une proportion considérable de résine, plus de 50 pour 100, mélangée à chaud avec les éléments constitutifs de la pâte". La composition devait être coulée à chaud, dans les entailles et les champlevés des fonds, laissés rugueux pour assurer une plus complète adhérence. Fusible à une température relativement basse, 120 à 140 degrés, ce produit brûle encore aujourd’hui avec une flamme très fuligineuse.

Le musée de Douai conserve une très curieuse dalle (n° 880 du catalogue) trouvée, dit-on, dans les ruines de l’abbaye Saint-Bertin à Saint-Omer (fig. 128). Malheureusement, le ciment qui en

remplissait les creux a presque totalement dis-

paru. Elle mesure 30 centimètres de côté et sa

Fic. 128. — Dalle incrustée. Musée de Douai.

conformité avec celles de Notre-Dame de Saint-

Omer semble plutôt la rattacher à ces dernières. Les recherches opérées en 1831 dans les ruines de l’abbatiale n'amenèrent aucune nouvelle découverte de pavement incrusté.

Des fouilles méthodiquement conduites, depuis 1898, par M. Enlart, sur l’emplacement de l’ancienne cathédrale de Thérouanne, ruinée par Charles-Quint, en 1553, ont amené la découverte de très précieux fragments du dallage incrusté qui en décorait l'abside.

Ces dalles, d’un très beau style, exécutées aux frais de l’évêque Henry des Murs,

! Matières résineuses solubles dans l'alcool (probablement du brai de résine). 63 Matières minérales contenant principalement du carbonate de chaux. . . 37

Pas d’alumine ni de sulfate de chaux. Traces négligeables d'oxyde de fer.

(Analyse de M. Aguettant.)

PROIM@HROMIE SEM

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