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DU LAC LHOMOND AU LAC KATRINE

cornemuse, il chanta de sa voix sonore un hymne, consacré aux poétiques légendes de la vieille Calédonie :

Beaux lacs aux ondes dormantes, Gardez à j.miais Vos légendes charmantes, Beaux lacs écossais!

Sur vos bords on trouve la trac* De ces héros tant regrettés, Ces descendants de noble race, Que notre Walter a chantés !

Voici la tour où les sorcières Préparaient leur repas frugal; Là, les vastes champs de bruyères, Où revient l'ombre de Fingal.

Ici passent dans la nuit sombre Les folles danses des lutins.

La, sinistre, apparaît dans Tombre La face des vieux Puritams!

Et parmi les rochers sauvages, Le soir, on peut surprendre encor Waverley, qui, vers vos rivages, Entraîne Flora Mac Ivor !

La Dame du Lac vient sans doute Errer là sur son palefroi, Et Diana, non loin, éroute Résonner le cor de Kob Roy !

N'a-t-on pas entendu naguère Fergus au milieu d< ses clans.

Entonnant ses nibrochs de guerre, Réveiller l'écho des Highlands"

Si loin de vous, lacs poétiiiues, Que le destin mène nos pas, Ravins, rochers, grottes antiques, Nos yeux ne vous ouMîront pas!

0 vision trop tôt linie, Vers nous ne peux-tu revenir!

A toi, vieille Calédonie, A toi, tout notre souvenir !

Beaux lacs aux ondes dormantes, Gardez à jamais Vos légendes charmantes.

Beaux lacs écossais 1

11 était trois heures du soir. Les rives occidentales du lac Katrine, moins accidentées, se détachaient alors dans le double cadre du Ben An et du Ben Venue. Déjà, à un demi-mille, se dessinait l'étroit bassin, au fond duquel le RobRoy allait débarquer les voyageurs, qui se rendaient à Stirling par Callander.

Nell était comme épuisée par la tension continue de son esprit. Un seul mol sortait de ses lèvres : Mon Dieu! mon Dieu! chaque fois qu'un nouveau sujet d'admiration s'ofîVait à sa vue. 11 lui fallait quelques heures de repos, ne fût-ce que pour fixer plus durablement le souvenir de tant de merveilles.

A ce moment, Harry avait repris sa main. 11 regarda la jeune fille avec émotion et lui dit :

(1 Xell, ma chère Nell, bientôt nous serons rentrés dans notre sombre domaine! Ne regretteras-tu rien do ce que tu as vu pendant ces quelques heures passées à la pleine lumière du jour?

— Non, Harry, répondit la jeune fille. Je me souviendrai, mais c'est avec bonheur que je rentrerai avec toi dans notre bien-aimée houillère.

— Nell, demanda Harry d'une voix dont il voulait en vain contenir l'émotion, veux-tu qu'un lien sacré nous unisse à jamais devant Dieu et devant les hommes? Veux-tu de moi pour époux?

— Je le veux, Harry, répondit Nell, en le regardant de ses yeux si purs, je le veux, si tu crois que je puisse suffire à ta vie... »

Nell n'avait pas achevé cette phrase, dans laquelle se résumait tout l'avenir d'Harry, qu'un incKplicable phénomène se produisait.

Le Rob-Ruy, bien qu'il fût encore à un domi-mille de la rive, éprouvait un choc brusque. Sa quille venait de heurter le fond du lac, et sa machine, malgré tous ses efforts, ne put l'en arracher.

Et si cet accident était ai'rivé, c'est que, dans sa portion orientale, le lac Katrine venait de se vider presque subitement, comme si une immense fissure se fût ouverte sous son lit. En quelques secondes, il s'était asséché, ainsi qu'un littoral au plus bas d'une grande marée d'équinoxe. Presque tout son contenu avait fui à travers les entrailles du sol.

« Mes amis, s'était écrié James Starr, comme si la cause du phénomène se fût soudain révélée à son esprit. Dieu sauve la Nouvelle-Aberfoyle ! »

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