‹ Les indésirablesChapitre 146 sur 151 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

eette proportion, coïncidant avec le moment où les mesures de protection sont votées, marque en quelque sorte, le point de saturation de l'Angleterre.

Ce changement d'attitude adopté désormais par nos voisins d'Outre-Manche vis-à-vis de l'immigration étrangère offre pour nous Français un enseignement pratique. Nous y trouvons à la fois une leçon et un danger.

D'après le dernier recensement publié, celui de 1901, pour une population totale de 39.000.000 d'âmes, la France comptait plus de 1.000.000 d'étrangers, soit à population presque égale, près de quatre fois autant que l'Angleterre. Ce chiffre donne, par rapport à l'ensemble de ses habitants, une proportion de 2,66 p. 100, alors que, nous venons de le dire, le pourcentage du Royaume-Uni atteint seulement 0,69 p. 100.

Bien plus, en consultant le tableau reproduit cicontre ('), il est facile de constater que notre pays tient de beaucoup le premier rang comme importateur d'étrangers.

Nous n'avons pas à rechercher les raisons pour lesquelles la France présente tant d'attraits pour les nations voisines : il est naturel que la richesse de son sol, saprospérité industrielle et commerciale éveillent les appétits du dehors.

Qu'il nous suffise de constater, à titre d'observation générale, que, parmi les autres nations européennes, c'est elle qui possède' sur son territoire le plus grand nombre d'étrangers. C'est là une situation d'autant plus grave que notre population native se renouvelle

(!) V. Report of thc Royal Commission on immigration, p. 21.

CONCLUSION

Tableau comparatif de la population étrangère dans divers pays d'Europe.

Page 1