‹ Les indésirablesChapitre 148 sur 151 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

nous, aperçoit déjà le péril et cherche à le restreindre. La France, elle, au contraire, victime d'une poignée d'intellectuels, dont beaucoup sont étrangers, ou Français de fraîche date, libertaires de toutes nuances qui agitent bruyamment devant l'opinion des théories qu'ils appellent « avancées », sans doute parcequ'elles ont pour but de faire reculer dans l'esprit des masses l'idéal de patriotisme et d'indépendante fierté, la France, visée au cerveau, contaminée, rongée de plus en plus par la lèpre étrangère et comme souffrant d'une éclipse de sa conscience nationale, s'endort peu à peu, insouciante du réveil de demain, dans les beaux songes d'internationalisme et de fraternité universelle, se montre toujours plus accueillante aux indésirables, aux déracinés errants qui se ruent vers ses frontières.

Avec son habituel optimisme et son indifférence, l'école du docteur Tant-mieux nous répondra que la France est bien assez riche pour pouvoir faire la généreuse avec ses voisins. Nourrice plantureuse, n'a-telle pas de quoi alimenter, non seulement ses enfants mais encore ceux des autres ? La place libre abonde chez elle ! Qui parle d'encombrement? Les carrières libérales, comme chacun le sait, manquent de candidats! Le commerce français souffrirai t-t-il par hasard, d'un excès de concurrence ? Notre industrie, si prospère, n'arrive pas à livrer ses commandes etpeut facilement fournir du travail à tous les étrangers qui en cherchent! Décidément c'est la terre rêvée pour les « bras forts et les mains-vides » que la faim chasse des pays d'alentour!

Tout se tasse peu à peu, tout s'assimile ! soit ! mais si c'est en empoisonnant l'organisme?

CONCLUSION

Car, il faut se le dire, en dehors des chiffres considérés en eux-mêmes, indiquant la proportion si élevée d'étrangers vivant chez nous, de nous, il y a lieu de tenir compte, comme circonstance aggravante, de la qualité de ces nouveaux éléments acquis par notre communauté.

Or, s'il est certain que beaucoup d'entre eux sont gens parfaitement honorables et laborieux, de ces « hard-workers » dont parlait Lord Rothschild, ou que d'autres constituent pour nous une clientèle riche contribuant largement à notre prospérité matérielle, il n'en reste pas moins indiscutable que les nations voisines, à tout prendre, ne nous fournissent pas ce quelles ont de mieux. C'est forcément un déchet qui nous arrive.

Rendons-nous à l'évidence ! Abandonnons enfin la politique néfaste des yeux fermés !

Nous aussi nous avons nos indésirables.

Indésirables les agitateurs belges qui, par leurs excitations malsaines, ont poussé au tragique les récentes grèves du Nord !

Indésirables î les meneurs italiens et leurs disciples du bassin de Longwy qui repassent la frontière quand le vent qu'ils ont soufflé tourne en tempête.

Indésirables ! les gréviculteurs cosmopolites qui viennent chez nous, à nos frais, faire l'essai de leur paradis socialiste.

Indésirables — et combien ! — les anarchistes italiens, espagnols ou russes, qu'ils s'appellent Caserio ou Benjamin Katz, dit Stryga, le dynamiteur maladroit du Bois de Vincennes.

Indésirables ! tous ces rebuts sociaux, tous ces

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