‹ Les indésirablesChapitre 149 sur 151 · QUATRIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE

mécontents étrangers, tous ces pleure-misère par métier, toute cette bohème interlope qui vient s'abattre chez nous, comme sur une proie, s'y cache et y abuse, sans vergogne, de notre hospitalité.

Indésirable ! cette crapuleuse armée de brigands et de mégères de toutes nationalités, Anglais, Allemands, Italiens, Belges, Espagnols, Américains qui depuis quelques années nous arrive à grands flots de tous les pays, qui grouille dans Paris prête à tous les mauvais coups.

Paris, à l'instar de Londres, possède aussi son petit East-End ; M. Talmeyr nous en trace un pittoresque tableau.

Devant un mal grandissant, il faut, de toute nécessité, en revenir à la théorie égoïste du « chacun chez soi ! » Nous avons assez de nos révoltés, de nos pauvres, de nos criminels, sans en grossir le nombre par l'appoint étranger.

Comme le disait très justement M. Balfour, admettre que Ton doit donner asile à tous les parias de l'humanité, à toutes les victimes malheureuses de la persécution, c'est envisager l'immigration à un point de vue charitable, et, dans ce cas, il faut envisager aussi, et accepter, le « fardeau national » qui en sera laconséquence. La charité matérielle, efficace, ne se traduit pas en mois, il faut la payer.

« Le droit d'asile reconnu sans limites correspond, en fait, à un sacrifice sans limites » (').

L'Aliens' Act jette un cri d'alarme que nous devons entendre, qui doit nous mettre en éveil; il fait naître aussi pour nous un danger.

(*) Voir le discours de M. Balfour aux Communes.

Conclusion

Le fleuve d'immigrants, sous une poussée d'autant plus forte qu'il rencontre plus d'obstacles devant lui, se perce sa route du côté de la moindre résistance, vers les pays mal gardés, dont les frontières sont, non de granit, mais de sable et d'argile. La France, qui reste un pays d'entrée libre, doit donc s'attendre à voir sa clientèle d'indésirables étrangers augmenter à mesure que les pays qui l'entourent se fermeront plus à l'immigration.

L'immigration russo-polonaise, la plus inquiétante de toutes parce qu'elle ne se « digère » pas, parce qu'elle nous peuple d'individus si opposés de race, si différents de mœurs, va se trouver détournée d'Angleterre par la nouvelle loi et nous inondera de ses éléments inassimilables! C'est, en propres termes, une invasion qui nous menace.

Resterons-nous aveugles devant ce péril imminent contre lequel l'Angleterre vient de se mettre en garde? Consentirons-nous à devenir un « dumping-ground », un champ d'épandage pour les refusés des ports d'Outre-Manche; allons-nous accepter bénévolement, naïvement, sans comprendre le danger, d'être pour les rebuts de l'Europe Orientale ce dépotoir international dont parlait M. Akers-Douglas?

Nous avons pourtant des armés pour nous défendre ! Ce qui nous manque, c'est de savoir et de vouloir nous en servir ! Le mal est dans notre apathie, dans notre veulerie! Faut-il craindre que notre organisme ne soit déjà trop faible pour réagir contre la maladie?

La France est-elle toujours la France? Notre vaisseau, hier encore si fier et si glorieux, flotte- t-il tou-

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