DEUXIÈME PARTIE
C'est justifier, dans une certaine mesure, cette boutade lancée par M. Asquith, lors de la discusssion de l'Aliens' Bill : « Les statistiques du Board of Trade » sont des merveilles d'équilibre, seulement elles » n'offrent pas plus de solidité qu'un château de » cartes » C1).
Ces explications préliminaires nous permettent donc de formuler certaines réserves justifiées sur la force probante des statistiques du Board of Trade : elles étaient d'autant plus nécessaires que les chiffres doivent jouer un rôle important au cours d'une étude sur l'immigration où tout se ramène à une question de proportions numériques: elles feront mieux comprendre au lecteur, lorsque nous arriverons à la discussion de l'Aliens' Bill devant les Communes — discussion au cours de laquelle partisans et adversaires du projet se battirent à coups de statistiques — pourquoi le parti libéral voulut faire du Board of Trade le « bouc émissaire » de l'Opposition.
(1) M. Norman, qui fut membre de la commission d'enquête, déclarait à la tribune de la chambre des Communes, que les chiffres du Board of Trade étaient « fârcical » (une farce). Le major E vans- Gordon avouait : « Les statistiques sont assises sur des hypothèses et non sur un ensemble de faits précis et sur des périodes de comparaison sûres : on les construit moitié sur le hasard, moitié sur des suppositions! » [Parliamentary debates, vol. 145, p. 715).