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DEUXIÈME PARTIE

7.115 et divers pays, fournissant un complément de 17.975 immigrants, doivent être mis à part comme n'étant pas des pays d'émigration à proprement parler.

Ce déplacement de popluation se présente donc dès maintenant comme un mouvement principalement russo-polonais, allemand et italien.

Poussons plus loin ce premier examen des chiffres et comparons entre eux les résultats du recensement de 1891 et de 1901 : l'origine de l'immigration russe et polonaise se précisera plus encore.

La dernière colonne du tableau général (p. 31) indique pour cette période décennale une augmentation de 47.549 Russes et Polonais, de 13,763 Italiens, de 4.985 Autrichiens et de 2.587 Roumains ; au contraire l'Allemagne et l'Amérique marquent, l'une un temps d'arrêt, l'autre une diminution dans l'exportation de teurs nationaux.

En ce qui concerne la France, les chiffres indiquent une constance remarquable ; il s'est établi entre les deux côtés du détroit un va-et-vient régulier, un échange de nationaux. Le Français qui traverse la Manche, alors même qu'il devrait résider longtemps en Angleterre, n'abandonne jamais définilitivement l'esprit de retour et ne peut être considéré, à vrai dire, comme un immigré ayant- quitté pour toujours son pays d'origine (*).

f1) La principale cause de cette immigration temporaire d'éléments français en Angleterre doit être recherchée dans les relations commerciales si développées entre les deux pays : il est tout naturel, il est inévitable que des pays échangent leurs nationaux en môme temps que leurs marchandises.

LE MAL

Dans le total de 67.402 individus représentant l'ensemble de l'augmentation de l'immigration pendant la période considérée, les sept dixièmes sont Russes ou Polonais et deux dixièmes Italiens.

L'origine du mouvement se localise ainsi d'une façon très nette : nous sommes en présence d'une émigration russe et polonaise qui envahit l'Angleterre et que viennent grossir, comme deux affluents, les courants humains partis d'Allemagne et d'Italie.

Toutes les statistiques produites par la Commission royale d'immigration à l'appui de son rapport concordent sur ce point et témoignent avec évidence de la progression constante de ce débordement humain.

Les chiffres que nous avons cités jusqu'à présent ne s'étendent pas au delà de l'année 1901.

Le niveau continue à monter les années suivantes.

En 1902, on enregistre, dans les différents ports anglais, l'entrée de 28.611 Russes et Polonais, contre 20.914 l'année précédente (') et il s'agit là uniquement de passagers non désignés comme « en route » et considérés par conséquent comme devant rester dans le pays.

En 1903, cette même catégorie d'immigrants s'élève à 30.046; en 1904, à 46.095 !

Voici ces différents chiffres présentés sous forme de diagramme pour la période décennale de 1896 à 1904 ; le lecteur y verra, d'une façon plus saisissante encore, l'importance de cette immigration et pourra comparer

t1) Minutes of Evidence, table V, appendice.

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