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DEUXIÈME PARTIE

faire capituler la Beaver line, se coalisèrent contre celle-ci. Cette guerre de tarifs éclata en Mai : les hostilités furent ouvertes par la Red-star, la Holland-America, la Hamburg-America et la Norddeutscher-Lloyd, qui réduisirent brusquement à 2 le prix de leur transport de Londres à New- York. Le prix du voyage de Hambourg à New-York tombé depuis 1895, à 120 marks en moyenne, représentait un taux infiniment supérieur. Toutes les autres lignes suivirent plus ou moins ce mouvement de baisse et leurs tarifs subirent le contre-coup de cet effondrement.

La guerre continua ainsi, acharnée, contre la Beaver jusqu'en Septembre, époque où les combattants, épuisés par cette lutte stérile, relevèrent leurs prix ; seules quelques compagnies, notamment la White-star, maintinrent encore pendant un certain temps leurs tarifs réduits.

Cette crise des transports maritimes, cette différence si marquée entre les prix d'Angleterre et les prix du continent pour le voyage d'Amérique, causèrent une augmentation énorme du nombre des transmigrants désireux de profiter de conditions exceptionnelles de bon marché pour se rendre à New- York (J), en s'embarquant à Liverpool ou à Londres. Il en est résulté une augmentation parallèle et consécutive du nombre des immigrants proprement dits : nous avons déjà vu que beaucoup de ces étrangers qui sont, en principe, des transmigrants à destination de New-York, finissent par renoncer à aller plus loin et s'établissent

(•*) Voir à ce sujet les observations de sir Charles Dilke, dans son discours du 19 avril 1905, Parliamentary Debates, vol. 145, p. 693.

LE MAL

en Angleterre. Il était donc intéressant de signaler, comme ayant fortement contribué à attirer les immigrants, cette rivalité commerciale entre les compagnies anglaises et allemandes (!).

(*) Voir Statistical tables relating to émigration and immigration from and into the United Kingdomin theyear 1904, p. 9.

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