DEUXIÈME PARTIE
institution philanthropique qui fut fondée en 1885 (*) pour venir en aide aux émigrants du continent se dirigeant sur l'Amérique, en leur assurant asile et protection pendant leur séjour à Londres. A cette époque, l'Allemagne n'avait pas encore organisé des services transatlantiques directs et les émigrants quittaient les ports allemands sur des navires anglais et devaient conséquemment passer par Londres. Au moment de leur arrivée, et durant le temps qu'ils passaient dans la Métropole, ils se trouvaient complètement abandonnés à eux-mêmes et enduraient de grandes misères. Aller à la rencontre de ces émigrants à leur descente du navire, les guider à travers Londres leur assurer un logement et un entretien convenables, trouver des emplois à ceux qui voudraient rester, remettre en route ceux qui préféraient continuer leur voyage vers l'Amérique : tel fut l'objet que se proposèrent les fondateurs du « Jewish shelter ».
L'œuvre a depuis étendu progressivement son champ d'action. Elle est reconnue et encouragée par le Board of Trade, pécuniairement secondée par les Compagnies de transports et les dons volontaires de la communauté juive.
M. Landau, l'un de ses administrateurs les plus actifs, décrit ainsi le fonctionnement de cette œuvre.
(») Minutes of Evidence : Hyder, § 7394; Blake, § 7751; Dix, § 5378; Somper, § 19087 ; Hawkey, § 880; Gordon, § 17777.
(2) M. Landau [Minutes of Evidence, § 16266, tableaux A et B) a fait connaître à la Commission les montants annuels payés à titre de contribution, par les Compagnies de navigation. Elles donnèrent jusqu'à 1.500 £ en 1896; dans les dix années 1892-1901, le Poor JewsV shelter a reçu d'elles un total de 7.645 & (191.125 francs) : ceci représente à peu près la moitié du budget de la Société.
LE . MAL
> Dès rapproche d'un navire ayant à son bord des » immigrants étrangers, l'agent de la Lloyds Company » à Gravesend, d'accord avec le Refuge, télégraphie à » notre Directeur pour le prévenir. Le navire est » accosté par un fonctionnaire du Board of Trade et » un agent du refuge. Les passagers d'entrepont sont » comptés et inscrits sur nos listes avec tous les » détails les concernant. Aucune différence n'est faite » entre chrétiens et juifs ('). Ceux qui ont des adres- » ses de parents ou d'amis à Londres y sont conduits. » Ceux qui possèdent des billets de transit sont » débarqués et emmenés à la gare de départ de leur » train, aux frais de la Compagnie de navigation. Ceux » qui, au contraire, manifestent le désir de rester à » Londres peuvent aller au Refuge et y demeurer » pendant une période n'excédant pas deux semaines » et à l'expiration de laquelle ils doivent partir. . » La moyenne des séjours chez nous est de six jours.
» Le Refuge est exempté de tous frais par les Com- » pagnies de navigation et le Port de Londres ».
D'après M. Landau, 93 0/0 des immigrants passent par le refuge, c'est-à-dire profitent des avantages qu'il présente, ont recours aux facilités qui leur sont offertes à l'arrivée par ses agents pour trouver leur destination ou un asile temporaire.
Le nombre des immigrants hospitalisés est beaucoup moindre : 29.511 de 1889 à 1902, ce qui représente une moyenne annuelle de 2.000 individus.
En ce qui concerne les passagers arrivant par Harwich ou Grimsby, le refuge s'en occupe également et
t1) Sur 28.Ô0Ô personnes reçues en 1902, 20.000 étaient des juifs, 8.000 des chrétiens (Gordon, Minutes of Evid., § 17803).