DEUXIÈME PARTIE
lors de l'inspection à bord, sont restreintes, mais que, somme toute, « la misère » n1est pas la règle.
En 1901-02, 24,8 p. 100 des arrivants déclaraient être absolument dénués de ressources. Pendant ces huit dernières années cette proportion a été de 22 p. dOO. Environ 15 p. 100, y compris les femmes et les enfants, possédaient moins de dix shillings par tête.
M. Hawkey estime que, pendant Tannée 1901-02, deux enfants étant considérés comme une personne adulte, chaque immigrant était porteur de 24 marks. Beaucoup possédaient des sommes relativement importantes : l'un d'eux avait sur lui un chèque de 1.000 ér, un autre un chèque de 500 ^; plusieurs présentèrent 2.000 marks en billets de banque allemands (*).
Evidemment, il n'y a aucun moyen de contrôle sérieux pour vérifier les assertions de ces immigrants. M. Hawkey est d'avis que, le plus souvent, ils n'avouent pas la vérité.
D'ailleurs, l'argent liquide qu'ils apporteraient avec eux ne pourrait constituer, à proprement parler, des ressources, des « moyens d'existence ». Ce ne sont pas des rentiers, et il est donc infiniment plus concluant de chercher à connaître leur capacité productive, 1' « earning power » qui leur assurera ces moyens d'existence. Mais, ici encore, la tâche de l'officier-inspecteur est bien délicate : il doit se contenter d'enregistrer les réponses qui lui sont faites.
S'il faut en croire M. Hermann Landau, auquel ses
(*) V. Royal Commission on Alien Immigration, appendice, tableau LXII.
LE MAL
fonctions de directeur du Poor Jews' temporary shelter, permettent de voir et d'interroger les immigrants dès leur arrivée, le nombre des individus n'ayant aucune éducation professionnelle est très restreint. 60 0/0 des immigrants seraient des ouvriers de métier (skilled), des artisans ; 20 0/0, des petits commerçants ; 20 0/0, des femmes. « En réalité, dit M. Landau, il y en a peu qui n'exercent aucun métier! »
D'après le recensement des étrangers de 4901, sur 174.786 individus mâles, 36.031 (âgés de plus de dix ans) n'avaient aucun métier déterminé et pouvaient être considérés comme « unskilled » : c'est à peu près 20 0/0 du total. Ces chiffres ne sont pas d'accord avec la proportion indiquée par M. Landau, surtout si l'on tient compte de ceux qui ont appris un métier en Angleterre après leur arrivée. Il est difficile d'admettre que les émigrants de Russie ou de Pologne, vivant chez eux dans les conditions que Ton sait, aient eu tous l'occasion d'apprendre une profession et d'entretenir leur habileté, quand la plupart des métiers ou des industries leur sont fermés!
Réception des immigrants par les sociétés charitables. A leur arrivée à Londres, les immigrants se répartissent suivant leur destination. Les uns trouvent des parents ou amis qui se chargent d'eux; d'autres, particulièrement les transmigrants, sont remis par les commissaires du bord aux agents de la Compagnie de navigation à Londres qui leur assurent un logement.
Enfin, tous les passagers de l'entrepont peuvent à leur débarquement s'adresser au préposé du « Jewish shelter » (Refuge juif). Le « Poor Jews' temporary shelter » (Refuge temporaire des juifs pauvres) est une