DEUXIÈME PARTIE
soutenir, à les encourager pour qu'ils puissent peu à peu s'élever dans la vie sociale (to enable them to rise in social life) » (').
« Nous voulons mettre sur leurs jambes (put the mon their legs) ceux qui s'adressent à nous », dit M. Cohen, président du Jewish Board of Guardians et membre du comité du Stock-exchange (*).
Faut-il s'étonner que, dans ces conditions, la solidarité étant si forte entre les Israélites riches et pauvres, l'immigration des juifs russes et polonais n'ait eu en Angleterre qu'une faible répercussion sur les « poor-rates » et sur les caisses officielles alimentées par la taxe des pauvres?
Les griefs que d'aucuns ont formulés de ce chef contre l'immigration juive ne nous paraissent nullement justifiés.
Le caractère même de la race juive, disons-le à son avantage, est peu porté à la mendicité : l'immigrant hébreux, qu'il soit Russe, Polonais ou Roumain, supportera beaucoup de misères et de souffrances avant de se décourager : avant de se résoudre à faire appel à la charité.
Le mendiant juif est une exception ! L'individu, même dénué de tout, ne perd pas confiance dans son étoile (il est volontiers superstitieux) ; il cherchera à surnager n'importe comment, trouvera des occasions de profits dans des métiers de toutes sortes; son instinct naturel pour le négoce lui permettra de réussir là où d'autres, bien souvent, ne seraient arrivés à rien.
(1) Minutes of Evidence, § 15306.
(2) Minutes of Evidence, § 15307. . .
LE MAL
dll
Il acceptera au besoin, provisoirement, du travail très mal payé, mais qui lui suffira pour vivre, étant donné la médiocrité de ses besoins.
Voilà qui explique suffisamment pourquoi le workhouse recrute si peu de clients dans l'élément russe et polonais de la population. D'une part l'immigrant s'adresse de préférence aux institutions juives de bienfaisance; d'autre part, il éprouve une répulsion innée à solliciter la charité officielle, même sous forme d'assistance par le travail.
Néanmoins, tout en tenant compte de ces réserves, les étrangers (') de Londres, dans la mesure où ils ont recours à l'assistance publique, constituent une charge pour les contribuables qui supportent la taxe des pauvres. Cette charge, sans être élevée, est malgré tout appréciable (*).
En 1901, 2.766 individus étrangers; en 1902, 3.234, furent secourus par les agents du « Poor law Re-
Pour le faubourg de Stepney seul, les chiffres officiels du Board of trade indiquent2.116 cas, en 1901 et 1.993, en 1902.
Ces chiffres se décomposent ainsi :
lief ».
Secourus,
à domicile (indoor relief) . 512 secours médicaux seuls. . . 1 .590 secours divers 14
(*) V. Report, p. 16.
(2) V. Royal Commission on Alien Immigration, appendix, tables, 27 et 28.