PREMIÈRE PARTIE
Ta pas oublié chez nos voisins et la Commission royale de 1903, dans son Rapport sur l'immigration ('), se plaît à reconnaître ce devoir impérieux de reconnaissance qui oblige le peuple anglais envers ces immigrants et leurs descendants.
« Ils ont contribué à la grandeur de notre nation, » déclare le Rapport; ils ont fait de l'Angleterre, dans » une large mesure, ce qu'elle est actuellement au » point de vue industriel : l'atelier du monde, the » workshop of the world.
» Mais, continue le Rapport, ces motifs de senti- » ment suffisent-ils pour que l'étranger immigrant » actuel puisse revendiquer à son profit cette créance? » Quels liens le rattachent à ceux dont nous avons » reçu jadis les services ? Qu'y a-t-il de commun entre » Yunskilled labourer venu chez nous de Russie ou de » Pologne et l'artisan de France ou des Pays-Bas dont » la science et les aptitudes nous ont si grandement » profité dans les siècles passés » (2)?
Nous allons voir, en effet, que l'immigration actuelle en Angleterre n'offre rien de commun, n'est, en aucun point, comparable avec celle que nous avons examinée jusqu'ici.
I (*} Rapport, loc. cit., § 19.
(2) Nous avons à dessein passé sous silence le mouvement d'in> migration qui s'est produit de France pendant la tourmente révolutionnaire. Le séjour des émigrés en Angleterre n'a pas eu de durée et, appartenant tous à la classe -aristocratique, leur présence n'y a offert aucun intérêt économique.