Résultats obtenus
1 — GENERALITES
Dans l’Asthme infantile, il y a absence habituelle de tare organique dominante: l’épine irritative que l’on trouve au premier plan dans certains Asthmes intriqués de l'adulte peut exister mais demeure tout à fait accessoire. Il importe d'insister, par contre, sur les caractères du terrain dont les déterminants sont le plus souvent héréditaires. Il s’agit d’un terrain diathésique, intolérant, qui présente deux caractères essentiels :
— Equilibre neuro-végétatif instable;
— Instabilité humorale.
Ce terrain conditionne les accès d’Asthme. C’est sur ce terrain prédisposé que se déclencheront les crises. En ce qui concerne la cause provocatrice de ces crises il semble que l’on peut distinguer chez les enfants deux groupes de cas: L’Asthme anaphylactique et l’Asthme allergique.
1°) ASTHME ANAPHYLACTIQUE
Il est parfois possible de déceler une épine irritative, zone de moindre résistance où se produit vraisemblablement l'excitation neuro-humorale déclenchante (hypertrophie des cornets ou des végétations adénoïdes ou des amygdales, pour lappareil respiratoire), (colite, stase intestinale, aérophagie, pour l'appareil digestif), (dermatose prurigineuse, eczéma pour la peau).
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Dans d’autres cas on pourra déceler une substance spécifique déchaïnante, vis-à-vis de laquelle l'organisme s’est sensibilisé soit par un contact répété (anaphylaxie) soit spontanément (colloïdoclasie). De très nombreuses substances ont pu être considérées comme des allergènes: protéines végétales (pollen de graminées en particulier), certains aliments (œuf, chocolat, lait), certains médicaments.
Mais l’anaphylaxie vraie est loin de grouper tous les cas d'asthme infantile et bien souvent on se trouve en présence d’un asthme allergique.
2°) ASTHME ALLERGIQUE
Ici l’épine irritative est difficile à déceler. Si on la soupçonne au niveau d’une lésion locale respiratoire ou digestive, la preuve thérapeutique ne vient nullement confirmer cette hypothèse : les crises se reproduisent après ablation de cette tare. Le plus souvent le jeune asthmatique est un polysensibilisé. Nombre de substances introduites par des voies multiples déterminent les accès.
Au point de vue formes cliniques, deux principales :
a) Asthme sec que l’on observe surtout chez les grands enfants et les jeunes gens. Accès généralement nocturnes survenant le plus souvent sans prodromes.
b) Asthme humide ou catarrhal, forme que l’on retrouve surtout chez les jeunes enfants. Dans cette forme la crise dyspnéique est précédée par le catarrhe des voies respiratoires, par du coryza, du rhume et quelquefois même de la bronchite. :
Toutes les variétés d’Asthme infantile sont soignées avec succès au Mont-Dore. Les nombreuses observations qui suivent en sont le témoignage.
Résultats obtenus dans l'asthme des enfants
Je vais citer de nombreuses observations d'enfants
asthmatiques qui ont suivi des cures thermales au Mont- Dore. Dans la plupart des cas, la majorité, c’est unhe guérison complète au bout d’une ou deux ou trois cures. Dans les autres cas, qui sont une toute petite minorité, une très large amélioration est assurée.
Observation n° 1. — Mlle K.., 14 ans. Première cure en
Asthme humide depuis 1 an. Grosses crises l'hiver à la suite de bronchites. Père atteint de rhumatismes et lumbago.
Deuxième cure en 1951:
Mile K. a passé un bon hiver. Elle a eu quelques
rhumes, sans bronchite et sans asthme.
Observation n° 2. — M. C.., 14 ans. Première cure en 1950 :
Asthme humide hivernal depuis cinq ans. Crises importantes et fréquentes l'hiver. Mère atteinte d’eczéma. Deuxième cure en 1951:
Cet enfant n’a eu ni bronchite, ni asthme durant l'hiver.
Observation n° 3. —- M. L.., 2 ans. Première cure en 1950: Asthme depuis l’âge de cinq mois à la suite d’une bronchite. Depuis, crises fréquentes importantes, spontanées. Grand’père asthmatique.
Deuxième cure en 1951:
Ce petit enfant n’a eu dans son année que deux petites crises d’asthme, crises beaucoup moins fortes qu’auparavant.
Observation n° 4. — M. L.., 12 ans. Première cure en 1949:
Asthme depuis l’âge de 4 ans à la suite d’une bronchite. Crises surtout l'hiver, fréquentes, spontanées. Deuxième cure en 1950:
Diminution de la quantité et de l'intensité des crises. Troisième cure en 1951:
Amélioration considérable. En rentrant de cure, ce petit malade, à eu deux petites crises. Depuis, absolument rien.
Observation n° 5. — M. D... 6 ans. Première cure en 1950: Asthme depuis 6 mois. Cet enfant a fait trois grosses crises dont une avec de la température, elles ont duré trois heures. Eczéma, bronchites fréquentes les hivers. Mère atteinte de colique hépatique.
Deuxième cure en 1951:
M. D... à passé un hiver excellent. Il n’a pas eu une seule crise d'asthme, ni de bronchite, il a éprouvé simplement deux légères oppressions nocturnes.
Observation n° 6. — M. J.., 7 ans. Première cure en 1950: Asthme humide hivernal. Chaque hiver depuis l’âge de 1 an, bronchite avec crises d'asthme. Cet enfant présente, en plus, de l’eczéma et son père est atteint d'asthme.
Deuxième cure en 1951:
M. J... a passé un excellent hiver. Il a eu quelques coryzas mais sans bronchite ni crises d'asthme.
Observation n° 7. — M. D.., 3 ans. Première cure en 1950: Asthme humide depuis l’âge de 4 mois à la suite d’une * bronchite. Au début, très fortes crises. Cet enfant a eu une ablation des amygdales, il y a six mois; depuis les crises sont moins fortes.
Deuxième cure en 1951:
M. D... à eu quelques coryzas, sans bronchite, sans asthme.
Observation n° 8. — Mille E.., 13 ans. Première cure en 1949:
Asthme sec depuis 2 ans. Une crise par mois. Crises importantes, spontanées.
Deuxième cure en 1950:
Diminution de la quantité et de l'intensité des crises. Troisième cure en 1951:
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Mlle E.… a passé une année excellente, elle n’a pas eu une seule crise d'asthme, ni aucune maladie.
Observation n° 9. — Mlle A, 2 ans. Première cure en
Asthme humide. Depuis 1 an à la suite d’une bronchite. Crises fréquentes à la suite de coryzas. Mère atteinte d'asthme.
Deuxième cure en 1951:
Cette enfant a eu un seul coryza sans bronchite, sans
crise d'asthme.
Observation n° 10. — M. D... 9 ans. Première cure en 1950 :
listhme sec depuis l’âge de 3 ans. Crises nombreuses et intenses, survenant spontanément. Urticaire, eczéma.
Deuxième cure en 1951:
L'enfant n’a pas manqué la classe une seule journée. Il n’a pas eu de crises, simplement quelques oppressions nocturnes.
Observation n° 11. — Mlle Van de P.…, 3 ans. Première cure en 1949:
Asthme sec depuis 1 an. Crises fréquentes, spontanées, en toutes saisons Grands-parents asthmatiques. Pas de cure en 1950!
Deuxième cure en 1951:
Depuis sa cure au Mont-Dore, l’enfant n’a pas eu une seule crise d’asthme, mais elle conserve une très légère oppression aux fortes chaleurs.
Observation n° 12. — Mlle Van de P.., 5 ans. Première
cure en 1949:
Dans ce cas il ne s’agit pas d'asthme, mais d’une fragilité bronchique. Cette enfant, qui est la sœur du n° 11, présentait des bronchites répétées sans crises d'asthme.
Pas de cure en 1950.
Deuxième cure en 1951:
Depuis la première cure, Mlle Van de P.. n’a plus fait une seule bronchite. Ce cas, très intéressant, nous montre combien la cure thermale au Mont-Dore rend les bronches beaucoup plus résistantes à l'infection.
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Observation n° 13. — M. D. 10 ans. Première cure en
Asthme sec depuis l’âge de 13 mois. Nombreuses crises, surtout l'été.
Deuxième cure en 1946:
Cet enfant a fait encore quelques crises, moins fortes
et moins nombreuses.
Troisième cure en 1947:
Pas une seule crise d'asthme de toute l’année. Un peu de gêne respiratoire aux temps orageux.
L'enfant D... est revenu en 1951. Depuis ses cures au Mont-Dore, il n’a plus fait de crise. Parfois l'été, il éprouve quelque difficulté à respirer, mais cela très rarement.
Observation n° 14: — Mlle B.., 4 ans. Première cure en 1950 :
Bronchites hivernales répétées débutant par un coryza. Pas d'asthme. Cet hiver, l’enfant B.… n’a fait qu’une seule bronchite qui à été très courte et avec peu de fièvre.
Observation n° 15. — Mille F.., 10 ans. Première cure en
Asthme humide hivernal depuis plusieurs années. Trois à quatre bronchites chaque hiver avec des crises d'asthme.
Deuxième cure en 1951:
Cette jeune malade n’a eu ni bronchite, ni asthme cet
hiver. Deux coryzas sans oppression.
Observation n° 16. — Mlle F..., 16 ans. Première cure en
Asthme sec depuis l’âge de 3 ans. Une grosse crise, tous les quinze jours environ. Entre les crises, Mlle F.… est absolument normale. Elle présente de l’eczéma.
Deuxième cure en 1950:
En décembre, une grosse crise de trois jours. Troisième cure en 1951:
Depuis ses deux cures, l'enfant F.. est absolument normale, elle ne présente ni asthme, ni oppression quelconque.
Observation n° 17. — M. C.., 12 ans. Première cure en 1950 :
Asthme sec depuis 1 an. Crises fréquentes, spontanées Urticaire. Sa mère est asthmatique. Un coryza dans toute l’année sans oppression. Pas de crises d’asthme.
Observation n° 18. — M. R..., 8 ans. Première cure en 1950 :
Bronchites répétées les hivers depuis 3 ans. Pas de crises d'asthme.
Deuxième cure en 1951:
L'enfant R.. n’a eu ni rhume, ni bronchite cette année.
Observation n° 19. — M. B..., 13 ans. Première cure en
Asthme sec depuis cinq ans, à la suite de la coqueluche. Nombreuses crises, été comme hiver; crises intenses et spontanées.
Deuxième cure en 1950:
L'enfant B... n’a pas présenté de crises d'asthme cette
année. Quelques oppressions, rares, les soirs. Troisième cure en 1951 :
Cet enfant n’a présenté, cette année, ni asthme, ni op-
pression.
Observation n° 20. — M. C.., 11 ans. Première cure en 1949. Asthme depuis deux ans, à la suite de la coqueluche. Crises fréquentes, été et hiver, intenses et spontanées, Grand’mère atteinte d'asthme.
Deuxième cure en 1950 :
L'enfant C.…. n’a pas eu de crise d'asthme cette année, mais il a présenté quelques oppressions les matins. Troisième cure en 1951 :
Le petit malade a passé une excellente année Il ne fait plus d'asthme, ni d’oppression.
Observation n° 21. — Mlle O..., 9 ans. Première cure en Bronchites répétées les hivers, avec quelques rares crises d'asthme, trois à quatre en tout, survenant spontanément en dehors des bronchites. La mère de cette
enfant est atteinte de sciatique et de colique hépatique.
Deuxième cure en 1951 :
L'enfant O.. a passé une année excellente et n’a présenté ni asthme, ni bronchite.
Observation n° 22. — M. C.., 15 ans. Première cure en 1950. Asthme depuis l’âge de dix-huit mois, après une coqueluche et Bronco-Pneumonie. Crises fortes, fréquentes toute l’année, survenant spontanément. Entre les crises, l’enfant C... est normale. Sa grand’mère est emphysémateuse.
Deuxième cure en 1951 :
Cet enfant a passé une très bonne année. Il n’a rien eu depuis sa cure, sauf depuis un mois quelques oppressions nocturnes.
Observation n° 23. — Mlle L..., 7 ans. Première cure en 1949. Asthme depuis plusieurs mois. Crises fréquentes survenant spontanément. Père atteint d'emphysème.
Deuxième cure en 1950 :
L'enfant L.. n’a pas eu une seule crise d'asthme, mais a présenté deux légères oppressions.
Troisième cure en 1951 :
Cette enfant a passé une année excellente, ni asthme, ni même oppression quelconque.
Observation n° 24. — Mlle S..., 6 ans. Première cure en 1948. Asthme humide depuis trois ans. Fortes crises à la suite de rhumes. Père atteint d'asthme.
Pas venue en 1949.
Les crises sont devenues beaucoup moins fortes et moins fréquentes.
Troisième cure en 1951 :
L'enfant S.. ne présente ni asthme ni oppression.