‹ Les Indications de la Cure Thermale au Mont-DoreChapitre 14 sur 24 · B. — ASTHME DES ADULTES GENERALITES · texte numérisé non relu

B. — ASTHME DES ADULTES GENERALITES

L’asthme doit être considéré comme un syndrome bronco-

spasmodique, dyspnéique paroxystique, a étiologie variable et

complexe. L'accès d'asthme est déterminé par les causes les plus diverses, et la plupart des auteurs s'accordent pour reconnaître qu'elles n'ont d'action que sur un terrain spécial. Ce terrain, neuro-arthritique est fait d'un ensemble de pertubations profondes de l'organisme : un déséquilibre nerveux intéressant le système nerveux végétatif, une instabilité humorale qui fait que l'asthmatique est apte à subir des chocs, enfin une fragilité particulière des voies respiratoires. Pour ce qui est de la cause des accès, on peut distinguer, comme chez les enfants, deux groupes de cas, l'asthme anaphylactique et l'asthme allergique.

Comment va évoluer l'asthme ? La distension des alvéoles pulmonaires, répétée à chaque accès, finit par triompher de leur élasticité, peu à peu s'installe un emphysème définitif. Souvent une bronchite chronique se surajoute. On évoluera vers l'asystolie. On ne meurt pas asthmatique, en général, mais bronchitique ou cardiaque. Nous distinguons au point de vue cure au Mont-Dore, deux groupes de cas :

1) L'Asthme neuf, asthme sec ou humide, mais non entaché d'Emphysème ou de bronchite chronique:

2) L'Asthme « vieilli » compliqué d'Emphysème ou de bronchite chronique.

Dans le premier groupe, nous obtenons de très beaux résultats, très souvent des guérisons. Dans le deuxième groupe, nous ne pouvons qu'espérer une amélioration. Amélioration qui peut être, soit définitive, soit passagère.

Il est évident que la guérison dans l'asthme est fonction de l'ancienneté de la maladie et qu'elle est d'autant plus facile à obtenir que l'asthme est moins ancien.

D'une façon générale, toutes les variétés d'asthme sont soignées au Mont-Dore, dont ont fait en quelque sorte une capitale crénothérapique des états asthmatiques.

Je vais maintenant, après ces quelques généralités rudimentaires, m'étendre sur de nombreux résultats. Dans une première partie, je citerai des résultats obtenus dans la variété « d'asthme neuf », asthme non compliqué d'emphysème ou de bronchite chronique. Dans la deuxième partie, ce seront les résultats obtenus dans « l'asthme vieilli » ou « asthme intrinqué », asthme associé à la bronchite chronique ou à l'emphysème.

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RESULTATS OBTENUS DANS LA VARIETE « D’ASTHME PUR OÙ ASTHME NEUF » NON COMPLIQUE DE BRONCHITE CHRONIQUE OÙ D’EMPHYSEME

Observation n° 1. — Mme S.., 40 ans. Première cure en

Asthme depuis 1918 à la suite de la grippe espagnole. Crises surtout nocturnes survenant aussi bien lété que l'hiver. Crises spontanées. Cette malade est absolument normle entre les crises.

Deuxième cure en 1951 :

Mme S.., n’a pas eu de crises d'asthme. Elle à présenté quelques oppressions nocturnes et après certains repas. ,

Gbservation n° 2. — Mme B..., 38 ans. Première cure en

Asthme humide depuis sept ans. Crises fréquentes survenant à la suite de rhumes. Autrefois, cette malade avait eu de l’eczéma et de l’œdème de Quincke. Migraines. Oncle asthmatique.

Deuxième cure en 1951 :

Mme B.… a présenté une bronchite cet hiver avec trois

petites crises d’asthme.

Observation n° 3. — M. P.., 25 ans. Première cure en 1950. Asthme humide depuis quatre ans.

Crises durant vingt-quatre heures, et survenant à la suite de coryzas. Absolument normal entre les crises. Deuxième cure en 1951 :

M. P.. n’a pas eu une seule crise d'asthme. Il à présenté quelques coryzas mais sans crises, et un peu d’oppression après certains repas.

Observation n° 4 — M. H.., 34 ans. Première cure en 1947. Asthme humide depuis sept ans. Crises survenant à la suite de coryzas. Crises fréquentes et importantes. Normal entre les crises.

Deuxième cure en 1949 :

M. H.… a présenté encore quelques coryzas, mais moins

op

nombreux qu'avant et sans crises. Par périodes, il est un peu oppressé les soirs.

Troisième cure en 1951 :

Ce malade n’a plus fait une seule crise d'asthme depuis sa première cure en 1947. Il a encore, de temps en temps quelques coryzas. Il se plaint d’oppressions légères, les soirs, mais très rares.

Observation n° 5. — M. T.., 48 ans. Première crise en 1950. Asthme depuis plusieurs années. Crises fréquentes, le plus souvent nocturnes et survenant sans prodromes. Absolument normal entre les crises.

Deuxième cure en 1951 :

Pendant huit mois, le malade n’a absolument rien eu. Ni asthme, ni même oppression. Depuis trois mois, quelques gênes respiratoires légères la nuit.

Observation n° 6. M. D... 24 ans. Première cure en 1949. Asthme depuis deux ans. Crises toute l’année, fréquentes, survenant spontanément. Eczéma, coryzas. Mère atteinte de coliques hépatiques et grand’mère asthmatique.

Deuxième cure en 1950 :

M. D... a eu encore quelques crises, mais moins fortes. Il est absolument normal entre les crises. Il n’a pas arrêté son travail une seule journée.

Troisième cure en 1951 :

Très belle amélioration. Ce malade n’a pas eu une seule crise d'asthme; ni coryzas, ni eczéma. Simplement de temps à autre, il est légèrement essouflé, en particulier après certains repas.

Observation n° 7. — Mme C.…., 24 ans. Première cure en

Asthme sec depuis dix ans. Crises très fortes et très nombreuses. Absolument normale entre les crises.

Deuxième cure en 1950 :

Cette malade n’a plus fait une seule crise d’asthme. Elle a présenté, à deux reprises, une gêne respiratoire qui a cessé très vite.

Troisième cure en 1951 :

Mme C... a obtenu un résultat remarquable. Depuis ses deux cures, elle n’a plus fait de crises d'asthme, ni d’oppression.

Observation n° 8. — M. D... 43 ans. Première cure en 1944. Asthme depuis dix ans, à la suite d’une bronchite. Cri- . ses fréquentes, en toutes saisons et survenant sponta-

nément. Surtout la nuit. Absolument normal entre les crises. Ce malade a fait une cure en 1944, 1945, 1946 et 1947. À chaque saison, les crises étaient devenues moins fortes et moins fréquentes. M. D... est revenu en 1950. Il ne fait plus de crises d’asthme, il manifeste quelques oppressions quand il s’enrhume.

En 1951, M. D. vient faire une nouvelle cure. Durant l’hiver il à eu une forte grippe, mais il n’a plus fait une seule crise d'asthme, et ne ressent aucune gêne respiratoire.

Observation n° 9. — M. G.., 19 ans. Première cure en 1949. Asthme depuis l’âge de quatre ans. Crises fréquentes, intenses, spontanées. Pas de dyspnée d'effort. Normal entre les crises. Asthme neuf.

Deuxième cure en 1950 :

M. G... n’a pas eu une seule crise d'asthme. Il éprouve par périodes une légère dyspnée nocturne.

Troisième cure en 1951 :

Ce malade n’a plus fait de crises et ne manifeste plus d’oppression. Cet hiver, il a eu deux coryzas.

RESULTATS OBTENUS DANS LA VARIETE D’ « ASTHME INTRINQUE » ASTHME AVEC EMPHYSEME OU BRONCHITE CHRONIQUE

Observation n° 1. — M. W..., 36 ans. Première cure en 1950. Asthme humide « vieilli ». Asthme depuis 1938, à la suite d’une bronchite. Dyspnée d'effort. Crises fréquentes, les hivers, à la suite de bronchites. Mère atteinte de rhumatismes.

Deuxième cure en 1951 :

Ce malade n’a pas eu de bronchite cette année, donc pas de crise d'asthme. La dyspnée d'effort est diminuée. Il éprouve, assez souvent, quelques oppressions nocturnes.

‘Observation n° 2. — M. L.., 20 ans. Première cure en 1950. Asthme depuis l’âge de 9 ans. Dyspnée d'effort très

ons

nette. Grosses crises, spontanées, en toutes saisons. Père et grand-père asthmatiques.

Deuxième cure en 1951 : S M. L.… n’a plus eu de grosses crises. Parfois, il ressent quelques oppressions nocturnes et les matins. Il conserve de la dyspnée d'effort.

Observation n° 3. — Mme B.., 40 ans. Première cure en

Asthme depuis quatre ans. Très fortes crises l'hiver à la suite de bronchites. Dyspnée d'effort. Père et grand-mère asthmatiques.

Mme B.… n’a pas eu de grosses crises cette année. Cet hiver, elle a eu une bronchite avec une légère dyspnée. Oppression à l'effort diminuée.

Troisième cure en 1951 :

La malade n’a pas eu une seule crise d'asthme cette année elle a eu une bronchite sans oppression, elle est toujours un peu dyspnéique aux efforts.

Observation n° 4 — M. S.., 58 ans. Première crise en 1950. Asthme depuis plusieurs années; crises l’hiver, fréquentes, survenant à la suite de bronchites. Dyspnée d’effort.

Deuxième cure en 1951 :

Le malade ne s’est pas enrhumé, n’a pas eu de bronchites. Quelques cppressions, les nuits, mais pas de vraies crises. Dyspnée d'effort un peu diminuée.

Observation n° 5. — Mme T.…, 42 ans. Première cure en

Asthme humide intriqué. Crises très nombreuses, depuis huit ans, surtout l'hiver, à la suite de rhumes. Dyspnée d'effort.

Deuxième cure en 1951 :

La malade n’a fait que deux coryzas avec deux crises moins fortes. La dyspnée d'effort est légèrement diminuée.

Obstrvation n° 6 — Mme R.., 51 ans. Première cure en Asthme humide intriqué. Asthme depuis plusieurs années surtout l'hiver. Crises nombreuses greffées sur une kronchite. Dyspnée d'effort.

Deuxième cure en 1950 :

La malade à encore fait une bronchite, mais sans une seule crise d'asthme. Toujours de la dyspnée d'effort. Troisième cure en 1951 :

Mme R.…. n’a pas fait de bronchite, ni de crises. Mais la dyspnée d'effort persiste.

Observation n° 7 — M. L.., 20 ans. Première cure en 1950. Asthme depuis l’âge de quatre ans. Crises très nombreuses, en toutes saisons, survenant sans prodromes. Dyspnée d’effort.

Deuxième cure en 1951 :

Pas une seule forte crise. Quelques oppressions nocturnes. Dyspnée d’effort diminuée.

Observation n° 8 — M. C.., 34 ans. Première cure en 1950. Asthme depuis quinze ans. Crises l'hiver, à la suite de coryzas. Dyspnée d'effort.

Deuxième cure en 1951 :

M. C.. n’a pas fait une seule crise. Il a eu quelques coryzas, moins qu'avant, et sans vraie crise. La dyspnée d'effort est très diminuée.

Observation n° 9 — Mme D.., 45 ans. Première crise en

Asthme humide intriqué depuis plusieurs années. Crises fréquentes et intenses, les hivers, à la suite de bronchites. Dyspnée d’effort.

Deuxième cure en 1950 :

La malade a eu cet hiver une bronchite et une seule

crise d'asthme. La dyspnée d'effort est diminuée. Troisième cure en 1951 :

Mme D... n’a eu ni bronchite, ni asthme c:tte année. Elle conserve quelques oppressions nocturnes et aux gros efforts.

Observation n° 10. — Mme D... 37 ans. Première cure en 1949. ; Asthme depuis plusieurs années. Crises, les hivers, à la suite de bronchites. Dyspnée d'effort.

Deuxième cure en 1950 :

La malade n’a eu ni bronchite, ni asthme cette année. Elle conserve quelques oppressions la nuit. La dysnnée d'effort est diminuée.

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