OFFICIER DE L'INSTRUCTION PUBLIQUE
Qui nous a fait le très grand honneur d'accepter la présidence de cette thèse. Nous n'oublierons jamais sa haute valeur, ses conseils éclairés, et l'accueil bienveillant qu'ilnous réserva dans son service d'hôpital.
dans le Traitement des Tubereuloses chirurgicales
LELRODUOUCTION
L'étude rétrospective des connaissances humaines dans le domaine des radiations lumineuses et dans l'histoire des sciences biologiques et médicales permet de remarquer une appréciation précise des avantages et des dangers inhérents à la lumière.
Nous savons que toutes les cavernes préhistoriques sont orientées au sud ou à l’est face au soleil. Les Chinois, qui connaissaient la photothérapie, conseillaient l'emploi de la lumière rouge dans le traitement de la variole.
Hérodote nous apprend que les Egyptiens possédaient des terrasses leur permettant d'exposer leurs corps aux rayons solaires. Un passage de ce même auteur nous montre que le bain de soleil était en usage chez les Grecs: « L’exposition au soleil est éminemment nécessaire aux gens qui ont besoin de se restaurer et de prendre de la chair ». Hippocrate, Galien préconisent l’héliothérapie.
A Rome, la cure solaire fut connue. Pline l’Ancien, résumant l'opinion de l’Antiquité, écrit : « Sol est remediorum maximum ». Coelius Aurélianus conseille l’emploi de lhéliothérapie contre les maladies de la peau, l’arthrite, le rachitisme, la leucorrhée et quelques affections utérines. Antyllus traite l’atrophie musculaire et le rachitisme par le massage au soleil et indique la technique à suivre.
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Au Moyen-Age, si les savants semblent avoir négligé le rôle thérapeutique du soleil, le peuple appréciait les bienfaits de la lumière et de la chaleur et exposait ses rhumatismes aux radiations de l’âtre ou du soleil.
Dans les temps modernes, on connaît de nouveau les effets bienfaisants de la lumière solaire et les écrits scientifiques qui vantent l’héliothérapie sont nombreux ; aussi, comme le dit Rollier, est-elle sortie de l’empirisme pour devenir une méthode scientifique dont on ne conteste plus actuellement la valeur.
On a essayé de construire des appareils producteurs de rayons lumineux permettant d'appliquer l’héliothérapie en toutes saisons et dans n’importe quel lieu. Cette actinothérapie, depuis quelques années, prend un essort considérable, et les appareils émettant les radiations contenues dans le spectre ultra-violet sont multiples. L
Ceux qui emploient l’héliothérapie artificielle doivent s’astreindre suffisamment au travail d'acquisition des connaissances générales nécessaires. La pratique médicale devient alors plus facile et la conduite thérapeutique n'en devient que plus ferme. Que penserait-on du chirurgien qui désirerait tenter une opération sans avoir auparavant passé de longs moments à étudier l'anatomie topographique ? Aussi l’actinologie doit-elle être étudiée avec l’ensemble des phénomènes qui caractérisent la vie des organismes. Le médecin, quelquefois, est invité à émettre son avis sur l'opportunité de l’actinothérapie; une telle opinion ne peut être basée que sur une étude exacte et détaillée des effets produits, dans les organismes sains où malades, par « les petits soleils artificiels ».
En matière de photothérapie, le médecin doit s’opposer aux tentatives faites au hasard sans raisons précises. L’électrothérapie a connu, il y a une vingtaine d'années, un succès extraordinaire, et, après en avoir usé et même abusé, on tend aujourd'hui à méconnaître sa réelle utilité ; cette désaffection actuelle est une conséquence des exagérations
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d'hier. Comme pour d’autres méthodes thérapeutiques, il y a eu des excès d'application qui se sont ensuite modérés, car l'enthousiasme des néophytes finit toujours par se calmer.
Si l’on pense que l’actinothérapie peut avoir de l'utilité dans certaines conditions pathologiques bien déterminées, il faut combattre l’exagération qui est la conséquence d'essais pratiqués au hasard.
Nous donnerons quelques renseignements relatifs aux propriétés physiques et chimiques de ces radiations lumineuses après avoir examiné les conditions dans lesquelles elles se produisent : ce sera l'objet de la première partie.
Comme nous estimons que l'étude des tuberculoses chirurgicales appartient à un vaste domaine, nous préférons passer sous silence, car leurs considérations respectives et leurs analyses approfondies nous entraineraient trop loin, les péritonites tuberculeuses, les abcès froids, les fistules d'origine bacillaire, les tuberculoses uro-génitales qui demanderaient l'élaboration de plusieurs ouvrages. Pour être plus complet et plus précis, nous travaillerons dans une sphère plus étroite, et nous traiterons seulement les tuberculoses ganglionnaires, osseuses et articulaires. Dans une seconde partie nous ferons une légère digression qui nous permettra d'indiquer l’action du soleil, source de radiations lumineuses multiples et variées, dans les tuberculoses chirurgicales citées plus haut, avant d'exposer les effets produits dans ces mêmes affections de l’organisme humain par les rayons ultra-violets et d'étudier les cas où leur application est utile en se basant sur des observations et des faits cliniques. Nous envisagerons enfin, dans une troisième partie, les contre-indications, se confondant avec les incidents et même les accidents observés au cours de l’actinothérapie ; quelques publications attireront l’attention sur les généralisations qui peuvent se produire, suivies parfois de mort.