‹ Les Indications et les Contre-Indications des Rayons Ultra-Violets dans le Traitement des Tuberculeuses ChirurgicalesChapitre 4 sur 33 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Notions générales sur les rayons ultra-violets.

Newton, décomposant la lumière solaire par un prisme de verre, s’aperçut qu’elle était formée d'une série divergente de faisceaux colorés allant du rouge au violet. Herschel, plaçant dans le spectre un thermomètre, remarqua une augmentation de température au delà du rouge; tandis que, plus tard, Wollaston, utilisant dans les mêmes conditions une feuille de papier imbibée de chlorure d'argent, la vit brunir au delà du violet. Ces deux phénomènes permirent de découvrir l'existence des infra-rouges et des ultra-violets.

Tous les rayons ont quelques caractères communs ; par exemple ils parcourent dans le vide la distance formidable de 300.000 kilomètres pendant une seconde. Seule Ia longueur d'onde de chaque faisceau explique ses caractères particuliers.

Guillaume fixe les limites totales du spectre lumineux de la manière suivante

1° De 0 nu 60 à O u 80: radiations infra-rouges, invisibles et chaudes.

2° De 0 x 80 à O u 33: radiations visibles allant du rouge au violet (gamme colorée).

3° De Ou 33 à O0 u 18: radiations invisibles à effets chimiques (ultra-violet).

Les rayons ultra-violets sont des vibrations électromagnétiques ayant une longueur d'onde inférieure à celle

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de la lumière visible, et possédant la propriété d'amener des transformations chimiques. Un rayon ultra-violet vibre plus de 700 trillions de fois dans une seconde et sa longueur d'onde est au-dessous de 0 uw 40 à 0 u 33 suivant les auteurs. On emploie, pour mesurer ces longueurs d'onde excessivement petites, des unités spéciales : le micron (n), qui est un millième de millimètre, ou l'Angstrom, qui représente un dix-millionième de millimètre.

Saidman divise les rayons ultra-violets en trois catégories suivant les réactions chimiques produites

1° Les U. V. longs.. ..: action thérapeutique banale, pas 0 u 40 - Ou 32 ou peu d'effet bactéricide.

2° Les U. V. moyens ..: action physiologique cutanée 0 u 32 - O u 24 maxima. Action bactéricide.

3° Les U. V. courts....: actionthérapeutique malconnue, Op 24 - Ou 18 action bactéricide forte.

Il existe une autre classification :

1° Les U. V. biotiques. : grande longueur d'onde.

Ou4-0u3 2° Les U. V. abiotiques: courte longueur d'onde. 0On3-0u2

L'énergie des rayons ultra-violets ne peut être découverte que d’une façon indirecte par les effets thermiques, chimiques, lumineux ou biologiques qu’ils déterminent.

Les piles thermo-électriques sont très sensibles et mesurent d’une façon exacte l’énergie ultra-violette, mais leur maniement est délicat ; elles ne sont employées généralement que par les physiciens.

Les procédés photo-chimiques sont les plus nombreux. Ces actinomètres sont très commodes et sont basés sur le noircissement du papier au chlorure d'argent ou sur la coloration violette foncée que prend un papier poreux imbibé de nitrate de paraphénylénédiamine.

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Les appareils de mesure utilisant l'effet photoélectrique possèdent des lames de zinc reliées à un électromètre, et placées dans des cellules à base de potassium ou de cadmium, qui sont ainsi privées d'oxygène. Ces appareils emploient le phénomène suivant : lorsqu'un rayon lumineux est dirigé sur une plaque métallique plongée dans un liquide conducteur, il se produit un courant électrique dans un circuit contenant une deuxième plaque placée dans l'obscurité.

Parmi les procédés de mesures biologiques, on a étudié le pouvoir bactéricide des rayons ultra-violets. C’est ainsi que Coblentz et Henri ont examiné le régime des lampes à vapeur de mercure, et ont calculé le temps nécessaire pour stériliser le colibacille.

Toutes ces méthodes de mesure ne sont pas suffisantes pour déterminer le choix des doses en thérapeutique. En effet, deux organismes différents réagissent d’une manière inégale à la même quantité de radiations lumineuses. Il est préférable de se servir d’un test sensitométrique qui fera connaître le facteur individuel d’actino-sensibilité, parce qu'il permet d'exposer automatiquement, grâce à un mouvement d’horlogerie, les téguments d’un sujet à des doses croissantes de lumière.

Pour obtenir des rayons ultra-violets, on utilise des substances dont la température est élevée à plusieurs milliers de degrés.

Le soleil est la source naturelle des rayons ultra-violets la plus utilisée et la plus connue. La quantité de lumière ultra-violette émise par le soleil est immense, à tel point que si nous la recevions toute à la surface de la terre elle serait supérieure à celle produite par des lampes de 100.000 bougies au nombre de 10.000 lampes par hectare.

L'intensité des radiations solaires peut varier dans de fortes proportions suivant l'heure de la journée, suivant l'altitude, la saison, et aussi suivant la limpidité de l’atmosphère, C'est ainsi que l’on a remarqué que l’ozone nous

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privait d’une grande partie de rayons ultra-violets, que les hautes altitudes en recevaient une quantité appréciable, et que les brouillards, les nuages, réduisaient fortement les “adiations ultra-violettes.

On a constaté enfin qu’ était préférable de conseiller l'héliothérapie à la fin de la matinée, car à ce moment le spectre ultra-violet a la plus grande étendue.

L'irradiation ultra-violette venant du soleil a donc la possibilité de varier, de changer, et ne peut être faite d’une manière constante et précise ; tandis que l’héliothérapie artificielle est invariable et a une fixité presque absolue.

Les rayons ultra-violets artificiels proviennent de deux principales sources : la lampe à arc et la lampe à vapeur de mercure.

1° La lampe à arc se compose de deux électrodes et d’un système qui permet de les rapprocher et de les écarter. Lorsque le courant électrique traverse l’espace étroit compris entre les deux conducteurs, il se produit une décharge lumineuse.

En 1813, Daw, le premier, réalisa un arc entre deux baguettes de charbon de cornue, et Finson l’introduisit en thérapeutique en 1895.

Le rayonnement qualitatif d’un arc dépend de la composition des électrodes. On a fait des essais avec des charbons contenant du magnésium, de l’aluminium, du cuivre, on a additionné des oxydes métalliques. Le charbon a été successivement remplacé par le cadmium, le plomb, le fer, le tugstène qui donne une quantité assez grande de rayons ultra-violets, mais dont le prix est très élevé.

2o La lampe à vapeur de mercure est celle dont on se sert le plus souvent. Elle se compose d’un tube en quartz qui unit deux électrodes. Dès que la lampe est allumée, il se produit un court-circuit qui volatilise une partie de mercure, et cette vapeur de mercure, en devenant Iumineuse, émet une quantité assez grande de rayons ultraviolets.

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C'est Way qui inventa, vers 1860, la lampe à mercure. Plus tard, Kuch utilisa le quartz, qui est transparent aux rayons ultra-violets et peut résister à des températures plus élevées que le verre.

La lampe à vapeur de mercure comprend :

a) Un tube en quartz, appelé brûleur, dans lequel on fait le vide et qui contient du mercure; d’un côté il y a l’anode, et de l’autre la cathode avec le cône qui joue un rôle important en réglant la surface d’évaporation du mercure.

b) Un système qui permet d'allumer, en général, par basculement, mais quelquefois d’une façon automatique.

c) Un transformateur ou un rhéostat qui facilite un bon fonctionnement en fournissant un courant d’une intensité déterminée pour le genre de lampe employée.

d) Un réflecteur monté sur pied dont il existe plusieurs modèles : sphérique, prismatique et cylindro-parabolique.

Mais souvent il est nécessaire d’irradier des lésions difficilement accessibles, de filtrer les radiations lumineuses et de les concentrer sur une surface étroite. C’est dans ce but que lon a fabriqué de nombreux dispositifs tels que les localisateurs utilisant un petit faisceau de rayons, les concentrateurs qui donnent un rayonnement intense sur un point, et les filtres qui ne laissent passer que les rayons ultra-violets et arrêtent les radiations infra-rouges.

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CPAPITRE I]

Propriétés et modes d’action des rayons ultra-violets.

Nous décrirons d’abord les effets locaux de l’actinothérapie, c’est-à-dire son pouvoir bactéricide, l’érythème et la pigmentation, puis nous aborderons son action générale sur l'organisme humain. |

Les rayons ultra-violets possèdent une action bactéricide indiscutable puisqu'ils tuent un microbe avec une grande rapidité. Mais on a constaté que chaque microbe présentait une résistance propre aux radiations lumineuses, que les spores résistaient davantage, que les bactéries paraissaient moins sensibles à l’état de dessication que lorsque la culture était humide, enfin que les jeunes microbes étaient tués plus facilement.

Le staphylocoque, par exemple, meurt en 5 ou 10 secondes, le bacille d’Eberth, de la tuberculose, de la dysenterie et le colibacille en 18 secondes, le bacille de la diphtérie en 12 secondes.

Les toxines sont en général plus longues à détruire. Jousset est arrivé à faire disparaître la tuberculine avec des expositions de cinq heures.

L’érythème actinique est une réaction inflammatoire des téguments produite par les rayons ultra-violets. Cette épidermite ultra-violette, loin de rendre l’épiderme plus fragile, le fortifie et le rend plus résistant.

L’érythème débute par une teinte rosée qui passe rapidement au rouge et s'accompagne de vives démangeaisons. Parfois la région atteinte est œdématiée, tuméfiée, et pré-

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sente une légère élévation de température. Au bout de quelques jours, la rougeur s’atténue, le gonflement dispaait, et il se produit une légère desquamation. Si l’irradiation a été trop poussée, il n’est pas rare d'observer lPapparition de phlyctènes.

La pigmentation succède à l’érythème, occupe la même place et représente la forme chronique.

Unna et Finsen ont considéré cette pigmentation comme un processus de défense. Il se formerait dans l'épaisseur des téguments une sorte d’écran protégeant les tissus sousjacents contre l’action nocive des rayons.

Bohn conçoit la pigmentation comme un processus d'adaptation au milieu.

Rollier et Rosselet pensent que le pigment joue le rôle de transformateur, et ils supposent que le pigment transforme - les rayons ultra-violets en d’autres radiations de longueur d'onde différente auxquelles ils donnent une action bactéricide.

Je signalerai en passant l’action des rayons ultra-violets sur les yeux ; ils agissent en général à la surface car les parties profondes de l'œil sont protégées par les couches superficielles, et provoquent une conjonctivite, évitée par l'emploi de lunettes spéciales.

L'action des rayons ultra-violets sur le système nerveux est la plupart du temps stimulante, aussi est-elle employée pour combattre les asthénies diverses d’un état général altéré.

L’actinothérapie donne aux malades une agréable sensation de bien-être, un état d’euphorie, une sensation de vigueur et un désir impérieux d'activité. Elle tonifie l’organisme, chose évidente par l'accroissement du poids, l'aspect floride, l’air joyeux des personnes irradiées. Cette augmentation de nutrition est produite, pour certains auteurs, par le grand nombre de chocs que les rayons ultra-violets occasionnent sur le corps humain et dont une majeure par-

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