‹ Les Indices du Mouvement Général des Affaires (Étude de quelques tentatives récentes)Chapitre 2 sur 53 · OBJET ET METHODE · texte numérisé non relu

OBJET ET METHODE

L'objet de ce travail est l’étude du mouvement général des affaires par les méthodes statistiques. Nous allons reprendre et définir chacun de ces termes.

Mouvement. — Nous disons d’abord que notre étude portera sur un mouvement, par conséquent que les phénomènes envisagés ne se présenteront pas toujours sous le même aspect, qu'il y aura des changements dans leur qualité, dans leur grandeur ou leur importance. Nous posons comme hypothèse a priori, sous réserve de le démontrer par la suite, qu'un état stationnaire ne peut pas se réaliser en Economie politique.

Général — Ce mouvement est général — nous le consta-

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terons dans les divers pays du monde et dans les diverses époques. —- Générale par son étendue et sa durée, cette étude devra l'être aussi par son ohjet, et aucun des mouvements de l’activité économique d’un pays ne devra lui échapper.

Affaires. — Le mot « affaires » désignera pour nous les manifestations de l’activité humaine dans le champ économique, c'est-à-dire, d’après la définition classique, la partie de cette activité qui est consacrée à la production, à la circulation et à la consommation des richesses.

Atténuations à cette définition. — A ces diverses conditions de notre étude, ainsi posées d'une façon absolue, il est nécessaire d’apporter de larges atténuations.

Aucune réserve n’est à faire, pensons-nous, sur l’idée de mouvement que nous prétendons retrouver dans chacune de nos nombreuses observations. Le mouvement est la condition de la vie, et le terme « Vie économique » serait dénué de sens si tous les faits économiques nous paraissaient stagnants.

Il en est autrement pour le mot « général ».

En ce qui concerne le temps, nous ne pourrons évidemment pas faire remonter cette étude « générale » très loin dans le passé. Elle serait sans grand intérêt, l’évolution ayant beaucoup modifié le milieu économique, et, avant tout, elle serait impossible, car, au delà d’une vingtaine d'années, la science n’était pas assez précise, ni les données assez répandues pour pouvoir fournir des résultats dignes de crédit. C’est surtout depuis la guerre que les méthodes de statistique économique ont été précisées et coordonnées. Les tentatives antérieures n’offrent qu’un intérêt historique. C’est à ce titre que nous les exposerons dans un résumé.

Parmi les pays civilisés, tous n'ont pas consacré, d’ailleurs, les mêiaes efforts à cette étude. Notre analyse des méthodes ne sera détaillée que pour les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France qui y sont le plus appliqués.

Les Etats-Unis sont les grands vulgarisateurs de la staüstique économique; ils lui ont consenti les plus grands sacrifices, et la Grande-Bretagne et la France ont imité plus ou moins ses procédés. Les tentatives américaines seront donc le noyau de notre exposé.

Champ de notre étude. — Quant au champ de cette étude, à la discrimination exacte de ce qui constitue l’Economique et de ce qui lui est étranger, de ce qui intéresse les affaires ou non, il est impossible de les fixer dès l’abord d’une façon précise.

La vie économique n’est pas isolée, mais rattachée par d'innombrables liens à la vie politique, morale, sociale, intellectuelle d’un pays.

Les méthodes que nous examinerons pourraient être appliquées avec fruit à tous ces objets, mais alors l'analyse se développerait trop en surface pour pouvoir être poussée en profondeur. |

Pour déterminer ce champ nous nous poserons la question suivante : par qui les résultats obtenus doivent-ils être utilisés ?

Ils doivent rendre service, avons-nous dit, à la fois aux théoriciens et aux praticiens de l’Economique. Nous examinerons donc les objets qui intéressent en même temps, d’une façon directe et immédiate, les uns et les autres, qui, tout en éclairant le gouvernement, l'administration ou même les particuliers d’un pays dans leurs tentatives économiques, aident aussi l'économiste à arriver à la connaissance et à l'explication des faits et nous négligerons les

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opérations qui ne pourraient servir qu’à résoudre une question purement théorique, ce qui ne veut point dire que nous fassions peu de cas du secours apporté par la sta-

tistique à l'Economie pure.

But de l'étude. — Le but de l’étude statistique du mouvement général des affaires sera donc double

4° Aider les théoriciens, par une connaissance plus exacte des faits, dans la construction de leurs systèmes;

2 Aider les hommes d'affaires, c’est-à-dire ceux qui contribuent à la production (entrepreneurs, capitalistes, travailleurs), à la ‘circulation (commerçants, entrepreneurs de transports), et à la consommation des richesses (con- sommateurs), à orienter leur activité d’une façon plus lucrative, en la situant dans le grand mécanisme de l’économie d’un pays et en prenant conscience de l’évolution le tous les phénomènes économiques qui peuvent influer sur leur propre action. |

Ainsi limité aux observations d'intérêt à la fois théorique et pratique, notre travail reste encore très étendu. Heureusement nous irouverons en cours de route des raisons sérieuses de rejeter telle ou telle partie de nos observations comme dénuée de ce double intérêt. Le souci de ne retenir que des indices qui aient une valeur de prévision, par exemple, nous incitera à reporter presque exclusivement notre attention sur les faits dont l'observation peut diriger notre activité future : elle contribuera singulièrement à restreindre l'étendue de nos recherches, qui, par ailleurs, seront impossibles dans plusieurs domaines, faute de données.

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