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1° des mouvements progressifs, qui se traduisent par une augmentation ou une diminution constante des valeurs de l'indice;
2° des mouvements ondulatoires, ou fluctuations, ou cycles, qui sont une succession d’augmentations et de diminutions de la valeur de l’indice, de montées et de descentes de la courbe.
Trois sortes de mouvements quant à leur durée.
Au point de vue de la durée, nous retrouverons toujours trois sortes de variations (Planche D).
1° Une tendance à la longue échéance que nous appellerons « tendance séculaire » (secular trend), que nous pourrons généralement assimiler au mouvement d’une ligne droite, sur une période de 50 à 100 ans. Cette tendance sera particulièrement sensible pour les indices de la production et du crédit.
2° Sur cette tendance séculaire vient se greffer un deuxième mouvement de nature ondulatoire, c’est-à-dire un cycle. Les vagues auxquelles peuvent se comparer ces fluctuations semblent atteindre leur sommet pendant les périodes de prospérité, et leur creux pendant les périodes de dépression. Ces successions de hausse et de baisse seront appelées « Cycles commerciaux « (Business Cycles), cette dénomination sera justifiée plus loin. <
3° Un mouvement ondulatoire vient enfin se superposer sur les deux mouvements suivants, et effectue son cycle complet généralement dans le cours d’une année. Il a une forme particulière pour chacun des indices. Nous l’appellerons « variation saisonnière » (seasonal variation).
Enfin, indépendantes de ces trois mouvements, seront à remarquer des variations résiduelles (residual variations)
dues à des causes particulières à chaque série, ou à des contingences inconnues, ou à des causes exceptionnelles et générales comme la guerre, un cataclysme, une révolution, une découverte importante. Leur effet est d'importance très inégale, et différent dans les divers indices; nous ne pourrons les assimiler à aucun des mouvements progressiis ou ondulatoires ci-dessus.
On appelle « analyse cyclique » un ensemble de procédés qui ont pour but d'étudier ces différents mouvements. Pour cela deux opérations sont nécessaires : il faut pouvoir isoler chacun d’eux en éliminant les autres, et le mesurer.
Isoler un cycle est une opération exactement analogue à celle qui consiste en physique à décomposer un mouvement complexe en ses mouvements composants.
Ainsi le mouvement dans un espace d’un point C pris sur la jante d’une roue, roulant sur une ligne droite, est déjà le résultat de deux mouvements composants : un mouvement progressif AB, progression de la roue et un mouvement ondulatoire CD, rotation (Planche ID).
Si la roue, au lieu de rouler sur une surface plane, roule sur une surface elle-même soumise à des oscillations, le trajet du point C sur le plan tracera la courbe résultante de trois mouvements : AB, CD, EF; pour tracer la résultante de cycles très réguliers, un petit appareil pourrait être construit sur ce principe.
La plupart de ces mouvements étant périodiques, il est évident que cette périodicité se déterminera d'autant mieux qu’elle sera examinée sur un plus grand nombre d'années.
Il peut sembler impossible que ces divers mouvements superposés puissent être perçus par un simple examen visuel. Certes, 1ls se dégagent plus ou moins nettement pour les divers indices, mais il n’est pas impossible de les distin-
guer avant de les mesurer, ainsi que le démontre la courbe théorique de la planche I.
Méthode générale.
La méthode générale employée par l’analyse cyclique consistera à déterminer une ligne ou une courbé théorique synthétisant le mouvement étudié, à porter cette ligne ou cette courbe sur le diagramme, et à compter dorénavant les ordonnées non plus à partir de l’axe des abscisses, mais à partir de la valeur de cette courbe ou de cette ligne théorique, qui remplace désormais, en quelque sorte, l’axe des abscisses.
Bien entendu, on ne portera ensuite en ordonnées à partir de l’axe des abscisses que les différences positives ou négatives entre la valeur réelle de l’indice et sa valeur normale indiquée par la ligne théorique, pour un mouvement donné.
On aura ainsi éliminé un mouvement. Si l’on veut en éliminer un second, les valeurs de l’indice seront comptées sur le diagramme à partir de la résultante des deux lignes théoriques synthétisant les deux mouvements différents à éliminer et ainsi de suite.
Ce procédé « d’ajustement » d’une ligne à une autre demande donc d’abord que l’on détermine la ligne synthétisant le mouvement à éliminer.
Cela pourrait se faire en choisissant une ligne droite, ou encore une courbe purement théorique de forme connue, courbe d'intérêt composé, parabole si l’on a remarqué que ce mouvement est rectiligne ou sinusoïdal, ou parabolique.
Un second procédé consiste à tenir compte des grandeurs observées et ce procédé se subdivise en deux autres
a) Approximativement et empiriquement 1] suffit de tra-
cer sur le diagramme une courbe qui réponde aux deux exigences contraires : d’une part de suivre la courbe de l'indice autant que possible, et, d'autre part, d’avoir une certaine continuité qui la rende assimilable plus ou moins à une forme géométrique déjà connue.
b) Mathématiquement, il faudra déterminer une ligne qui soit fonction des variations de l'indice elfectivement relevées.
Ces trois méthodes ont leurs avantages et leurs inconvénients. Le Comité Harvard les a successivement employées pour des indices et des mouvements différents, et pendant une période très longue. Voici l'exposé général de sa méthode :