‹ Les Indices du Mouvement Général des Affaires (Étude de quelques tentatives récentes)Chapitre 7 sur 53 · DAS, QUE · texte numérisé non relu

DAS, QUE

trop présumer de l'intérêt que la statistique pouvait leur inspirer, et de leur laisser une trop grande initiative, quine fut pas toujours utilisée pour le mieux.

Plusieurs publications périodiques furent créées sous la Restauration; elles donnaient sur le commerce quelques renseignements.

Bureau de la Statistique générale de la France. —— Le Bureau de Statistique générale de la France a été rattaché, en 1891, à l'Office du travail, qui dépendait alors du ministère du Commerce. L'Office du travail est devenu, en 1899, la Direction du travail et est, depuis 1907, un des services du Ministère du Travail et de la Prévoyance sociale. Le régime parlementaire, par les nombreuses enquêtes qu'il provoque, a beaucoup contribué à développer ce service central de statistique.

Premiers essais de séméiologie économique. — Presque toutes les tentatives ci-dessus exposées concernaient la statistique statique; elles n’avaient point pour objet premier de faire ressortir des mouvements économiques; elles n'avaient pas non plus, sauf celle de Peuchet, de caractère général, se bornant à étudier tel phénomène en vue d’une action particulière, enfin elles n'étaient pas établies sur des méthodes identiques, et ne pouvaient se proposer par conséquent ni le rapprochement des données recueillies, ni le choix d’indices représentatifs suivi d’un groupement éventuel en indices généraux, parce que les indices partiels n'étaient pas comparables.

‘On rencontre quelques essais de séméiologie économique : en Angleterre, chez Dudley Baxter, Porter et Jevons, Sir Bernhard Samuelson et Giffen; en Allemagne, chez le docteur Soetbeer et le docteur Engel; aux Etats-Unis, chez

David Wells et Edward Atkinson. En France, Clément Juglar a aussi dessiné, en 4865, le mouvement de « flux et de reflux » de la vie économique, en utilisant comme indice le bilan des grandes banques, mais toutes ces recherches ne

sont qu'incidentes.

Rapport de M. Neumann-Spallart. — La première étude spéciale de séméiologie économique fut le rapport présenté par M. Neumann-Spallart au premier Congrès de l’Institut international de statistique, à Rome, en 1887, et intitulé Mesure des variations de l’état économique et social des peuples. ae :

L'auteur avait essayé de réunir certains indices dont la totalisation représenterait l’état économique d’un pays, et les avait répartis en quatre groupes.

Il insista pour la première fois sur l’analogie de cette recherche avec la météorologie. « Pour définir plus exactement le climat et le temps, disait-il. on emploie des expressions numériques qui caractérisent la pression barométrique, la température, le degré hygrométrique de l’atmosphère, la vitesse du vent, etc... On a déterminé une échelle conve- nable pour chacune de ces mesures, et différentes moyennes ont été formées qui peuvent être employées pour donner une idée exacte du climat ou du temps. »

Il voulut employer la même méthode pour mesurer la condition sociale, économique et morale d’un pays, et proposa un choix des divers indices convenables.

À la suite de ce Congrès, il devait publier un ouvrage de séméiologie économique, malheureusement il mourut l’année suivante.

Adolphe Wagner. — Le professeur Adolphe Wagner traça le même programme de recherches dans ses Principes, et

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élargit encore les idées de Neumann-Spallart, en demandant que l’on fasse appel à l’histoire pour faire remonter les indices le plus loin possible dans le passé. Son souci était de déterminer « la richesse nationale », mais aussi sa distribution, les différentes sortes de biens, les utilités qu'ils procurent, et spécialement « fixer dans quelle étendue les classes inférieures participent à la consommation de ces biens, ainsi que la façon dont les classes riches disposent de leur revenu et de leur capital ».

De Foville. — L’analogie entre la météorologie et la séméiologie fut marquée d’une façon plus saisissante encore par de Foville, membre éminent et ancien président de la Société de statistique de Paris, dans son Essai de météorologie économique et sociale. « S'il y a une loi des tempêtes, nous savons qu'il y a aussi une loi des crises », écrivait-il, et, pour donner une idée de.ces tempêtes économiques et de ces accalmies qui sont « comme un rayon de soleil entre deux nuages », il avait disposé un tableau où les résultats de 32 indices se superposaient dans la même colonne verticale pour une année déterminée. Ces résultats étaient traduits par un ruban de couleur noire, grise, rose ou rouge, suivant qu'ils étaient mauvais, médiocres, assez bons, ou bons. La même couleur se retrouvait à peu près dans toute la colonne verticale pour les 32 indices. Ce n’était pas une mesure précise, mais un aperçu qui donnait une image frappante de l’existence du rythme économique. Plus tard le Bulletin de stahstique et de législation comparée du Ministère des Finances a repris cette publication, mais avec des méthodes d’exposition un peu différentes.

Benini. — En Italie, Benini exposa des recherches analogues dans le Giornale degli Economisti, en 1892 et en 1909.

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Agence Babson. — Ces travaux n'étaient pas encore sortis des sociétés savantes et des congrès, personne n’avait essayé d'y intéresser le public des hommes d’affaires. C'est ce qu'entreprit, en 1903, un publiciste américain Roger Babson. En vérité, quelques organisations analogues à la sienne avaient déjà été fondées en Amérique, mais aucune ne fut aussi sérieuse et ne connut un aussi grand succès. La Babson Statistical Organisation fut instituée à la campagne à Wellesley Hills, Boston. Elle occupait au début une centaine de correspondants et une soixantaine d'employés. Les données étaient recueillies dans 100 villes principales des Etats-Unis, . elles étaient révisées et expédiées aux abonnés tous les quinze jours avec un compte rendu hebdomadaire et deux cartes géographiques : l’une « optimiste », indiquant les régions où le commerce était le meilleur, les faillites le moins nombreuses, les récoltes le plus satisfaisantes, les conditions des affaires favorables, notamment au point de vue du crédit, l’autre, « pessimiste », les régions sur lesquelles pesait un malaise économique, et où le crédit, par conséquent, était à surveiller. À ces diverses statistiques économiques était Joint un « baromètre » groupant 25 séries, qui formaient le Babson Composite Plot. Les indices étaient publiés pour les Etats-Unis et pour les principaux pays d'Europe. En 1913, Babson voulait organiser un Institut destiné à mesurer le progrès international, à qui les représentants de toutes les nations fourniraient des indices Babson. Il se flattait de collaborer ainsi au progrès politique et à la paix internationale, et entreprit un voyage de propagande. Il fut ainsi reçu, en 1913, par la Société de Statistique de Paris, qui semble avoir accueilli son exposé avec un certain scepticisme. Ses méthodes, en effet, bien que très compliquées, n'avaient pas encore subi une critique assez scienti-

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