‹ Les Indiens de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 29 sur 43 · Le soir nous atteignimes un village indien, où · texte numérisé non relu

Le soir nous atteignimes un village indien, où

g « ne = DER mn mur ent gr KT 0 “

nous nous arrêtâmes pour la nuit; toute la surface de l’eau, en cet endroït, semblait animée par les jeux d’un petit poisson argenté, dansant et rayonnant aux dernières lueurs du soleil couchant. Ce poisson, de la grosseur de nos sardines, se prend en q'iantité immense; on l'appelle ici wlé-kun; il est très-estimé pour la délicatesse et l'abondance extraordinaire de sa graisse. Séché, il brûle d’un bout à l’autre, en produisant une lumière claire et continue, comme une chandelle. |

On envoya quelques canots pêcher dans la :oirée, et on prit des quantités de ces poissons. Voici comment : on se sert d’un instrument d'environ sept pieds de long avec un ma’: he de trois ; dans ce manche, on fixe une lame de bois courbée, de quatre pieds, de la forme d’un sabre, avec le tranchant sur le dos. Sur ce tranchant, à la distance d’un pouce et demi à peu près, on place des dents d’os très-aiguës d’un pouce de longueur. L’Indien, assis dans le canot, fait mouvoir rapidement , à deux mains, l'instrument, le maniant et frappant à chaque coup, comme une rame, du côté du tranchant, à travers la masse compacte du poisson. Le pêcheur n’a qu'une secousse de côté à donner pour jeter sûrement le poisson au fond Au canot. On ne se sert jamais de filets pour ce genre de pêche.

13 juin. —En approchant du rivage, nous aperçevons deux cerfs qui paissent ; les Indiens veulent les poursuivre, mais comme nous avions déjà perdu quelque temps en route, j'étais encore plus désireux d’avancer. Bien qu'ils soient fort éloignés, pourtant je les tire: sans grand espoir ; à mon grand étonnement et à celui des Indiens, l’un d’eux tombe mort. Le chef me considère alors avec une grande attention, et puis examine

D m2 ESSeG

surface de

jeux d’un aux deron, de la ntité imès-estimé aire de sa n produine chan-

soirée, et omment :

s de long fixe une la forme

ce tranprès, on de Jlonuvoir raanijant et 1 côté du isson. Le Ier pour On ne se

erçevons >s pourquelque avancer.

les tire:

t à celui ne conexamine

le fusil, embarrassé apparemment de savoir , lequel du fusil ou de moi est le magicien. Je ne dis rien, prenant tout cela pour la chose la plus naturelle du monde, mais les Indiens me regardent évidemment comme quelqu’un avec qui il ne ferait pas ben jouer. Le cerf nous procure un splendide souper; je fais attention néanmoins à ne pas multiplier ces exploits devant les Indiens, afin de ne pas perdre dans leur estime.

14 juin. — Pendant que nous passions devant un rocher isolé, élevé de six ou sept pieds au-dessus de l’eau et d’un peu plus de quatre pieds de circonférence, le vieux chef me demanda si je savais l’origine de cette pierre. Il me conta alors la légende suivante:

Il y a déjà nombre de lunes qu'une famille Nasqua/ly vivait près de ce lieu. Elle se composait d’une veuve et de ses quatre fils : l’aîné était de son premier mari, et les trois autres de son second. Les plus jeunes traitaient leur aîné avec beaucoup de malveiliance , lui refusant toute part au produit de leur chasse et de leur pèche, tandis que lui, au contraire, désireux de se les concilier, leur donnait toujours une partie de ce qu'il prenait. C'était un grand magicien, mais les autres ignoraient cette circonstance. Fatigué de leurs mauvais traitements, qu'aucune bonté de sa part ne pouvait modifier, il résolut enfin de se venger.’ En conséquence, il entra un jour dans la hutte, où ils festinaient, et leur dit qu’il venait de voir à peu de distance un grand veau marin. Ils saisirent aussitôt leur lance et partirent dans la direction indiquée. Arrivés près de l'animal, l’un d’eux le frappa de sa lance; mais ce veau marin était un grand magicien, ami de leur frère aîné, et que celui-ci avait créé exprès pour

Page 1