SYMBOLES DES PEUPLES
iNous rechercherons la nature et la valeur des caractères sacrés de FÉgypte. Le rapprochement préliminaire de quelques faits et des symboles conuuuns des peuples aplanira les dif&cultés de cette recherche , encouragée par des opinions anciennes CO , et par la curiosité de TEurope moderne. Elle a été fixée long-temps sur le pays célèbre qui fut le berceau des sciences , le dépôt de leurs mo« numens les plus anciens, et qui ne sauroient périr; car souvent les rocs de granit , les ossemens du globe ont servi comme de feuillets â ces livres primitifs^*), dont la vaste bibliothèque s'étend depuis l'antique Memphis jusqu'au-delà des cataractes^ de l'Ethiopie. Mais si les fondateurs des arts crurent leur assurer par-là un asile éternel dans le
(0 *Bèa fin «XTurai , anktnfw ftx c|fvf «m. Hecaclit. Omnis bonis in rébus conaïas in laude est, effectus in casu. Apul. in Florid.
(0 Orphée dans Tzetz^s , xn, 43 1, grottes d'Hermès pour livres j Psendo-Synèse dans Kirkcr, «li^eat /S/eAwç} et la Philosophie scion les Égyptiens.
a DE L'ÉTUDE
temple immense du sacré vallpn ^ • l'avenue de ce temple , gardée en apparence, et d'après Tusage, par rénorme sphinx des pyramides , senîble jusqu'ici avoir inspiré à Férudit la pensée timide de^ anciens dévots : il lui a paru également impossible d'arracher ce sphinx de sa place , ou le secret du sanctuaire.
Cependant , l'origine des caractères universels qui voilent ce secret , leur nature et leur but , . leurs débris répandus chez les nations avec les sciences et les arts; tout nous en présente une clef semblable à la fameuse clef du Nil, qui fut le symbole du grand tout, contenant les traits premiers de sa représentation , et que , pour cette raison , l'on a désignée , dans les lettres sur les hiéroglyphes , comme une clef de l'écriture sacrée. On a donné , dans ces lettres , un léger aperçu des principes des hiéroglyphes , appuyé de quelques exem-. pies. L'analise de la célèbre inscription de Rosette a confirmé ces conjectures , qui ont reçu un accueil trop favorable pour ne pas imposer à leur auteur le devoir de les justifier par ces développemens ultérieurs qu'on a exigés, Depuis leur publication, il s'est de nouveau rapproché de l'Egypte , sans
CO Mxm n^U «m «/xireç. Pindar. Pythie. Od. iv, cl le Scholiasie, Tf/xiios Nn'xi» rir Ai/îw f-ai'r. Terra noslra lotiu* jnundi est lemplum. Asclepias in Apuleii Op, , p. 90. ïlcliodor. AEihiopic. ix, 4?3.
avoir pu visiter encore ses monumens. Éloigné par-là des ressources littéraires auxquelles il lui auroit fallu avoir recours pour exposer avec fruit ce qu'on a pu découvrir dans les monumens gravés parvenus à sa connoissance , et désespérant , au milieu dl'ittfîrmités et d'autres circonstances décourageantes , d'exécuter un grand ouvrage entrepris sous de meilleurs auspices , il a dû supprimer les résultats de ses recherches trop étendues ; mais il ne voudroit pas perdre l'espoir de voir préparer le terrain et poser les fondemens d'une science . dont l'édifice s'élèvera immanquahlement : il ne voudroit point se laisser surprendre par le sort de l'hmnanité , sans donner encore une marqué de son zële pour contribuer à ce noble but. Le même désir d'être utile , selon ses moyens , lui inspire aussi la confiance que des lecteurs indulgens l'accueilleront* comme un voyageur non lettré revenu de l'intérieur de l'Afrique , après avoir découvert la possibilité d'y pénétrer; qu'ils agréeront les fragmens auxquels il doit se borner , comme une carte de route propre à mettre sur la voie ceux qui voudront s'appliquer à l'étude de l'antique sagesse d'Egypte , et du système symbolique qui la renferme CO.
yfifAfjMffa uultUrweu. Philo , de vita Moses. Qem. Alex. Strom. X. 343.
Cette étude est celle d'une écriture et d'une langue dont l'examen doit commencer par ses élémens , ou portions les plus simples ; manière de~ procéder par laquelle , suivant une observation judicieuse d'Aristote, on discerne le mieux la nature de chaque chose. Des monumens les conservent parmi les lettres plus composées ; mais les uns et les autres sont restés muets pour la postérité , depuis qu'elle a perdu la tradition qui auroit fait reconnoître les nombreux moyens d'en retrouver le sens , que nous offrent les anciennes doctrines , les langues , les symboles , les usages et les institutions des peuples qu'il convient de con-* «ulter à ce sujet.