‹ Les Indiens des États-Unis (volume 2)Chapitre 2 sur 7 · AFRIQUE · texte numérisé non relu

AFRIQUE

J.^ ES plus sauvages de ces nations, et celles qui sont retombées dans la barbarie sur les lieux mêmes oii les symboles sacrés de l'Egypte furent inventés CO , nous font connoître les germes isolés toujours renaissans , et les derniers débris du systëme qu'on en avoit formé» Les Ethiopiens et autres Africains voient encore \m signe de Dieu dans le serpent, ou dans la pierre dressée debout. Comme leurs ancêtres ^*) ^ et sur les même? col-

0) Diod. SÎG. L. I, CiSt»

CO Agailiarchides dans Pliotins.

DES HIÊROGLÏPHES. 5

lînes , ils placent les signes de combat et de victoire^ la flèche et la corne sur le tombeau du chasseur } et sur celui de son épouse , le pot , ou le mortier qui désigne aussi une épouse , dans les songes que les anciens expliquoient par les hiéroglyphes CO. Comme eux, ils enveloppent ces morts de la. plante de paliurus , qui conserve de son premier emploi un sens symbolique. Ces œuvres brutes et vivantes de la nature , ces premiers ouvrages de l'art de l'homme , les instrumens des premiers métiers des deux sexes, sont des élémens primitifs de l'écriture. L'idée de ces signes s'offre si naturellement à l'esprit, qu'on en voit de semblables chez tous les peuples barbares et policés. Le sens de pareilles clefs de symboles in- 'diquant les principes de tout trope, obtient un -vaste développenient dans la combinaison de souvenirs , de îpensées simultanées, -d'andlogies et de -similitudes aperçues et déterminées par la i^ue de l'homme. C'est ainsi que les. inventeurs de la langue écrite des hiéroglyphes s'efforçoient à peindre * leurs idées par les objets visibles de la nature et de l'art, et naturellement par ceux mêmes qui les avoient suggérées ^®) , et qui les rappeloient également dans la langue parlée , formée en même

0) Cardan, Synes. Somn. , p. 139; Tzctzès, lui. 439. (') Diod. Sic. I9 p. 81. '£f S/uycB^fift tw fttrayfofcfiifiw ««3

temps que celles des gestes et des signes : toutes les trois décelant , dans leur liaison , leur origine commune et leur secret.

Les descendans de ces inventeurs , les plus an- , ciens , les plus beaux et les plus justes des hommes ^0, mènent une vie errante dans la Nubie, la terre du prophète ^*) , oii l'on a cru les reconnoître. Leur ancien domaine s'ëtendoit au-delà de l'île sacrée de Meroë , le siège de ces connoissances premières ; au-delà de la cQ\»eme du labj-^ rinthe et des montagnes pyramidales et polies , couvertes de gradins naturels, qui semblent avoir servi de modèles aux grands ouvrages de l'art des Égyptiens, jy^s monimiiens de tout genre, des édifices portant des caractères inconnus , des obélisques ^9, des images encombrent ces terres . éthiopiennes jusqu'à SofFala et aux mines d'or du . mont Ophur ^4). Au milieu de ces débris , des animaux et des plantes qui ont fourni des matériaux à l'écriture symbolique d'Egypte, et qu'on a vai-

(') Hiad.i. 422. Hcrodot. DIod. Sic.ni. p. t43. Lucien, de Astrologia et in Fugitiy. Pausanias in Bœtic.

(*) Noube. Annbis.

(^) Ils sont à Axnm , au nombre sacre de quarante. Bmee , Voyage aux sources du Nil , où il parle aussi d'un grand nombre d'images qui, telles que jadis, marmoreas stant fulva eanum simulacra per aras.

(<) Hist. Gen. des Voyages, t, i. p. 91.

nement clierchës dans ce dernier pays ^0, les Éthiopiens conservent encore de ces instruméns simples et primitifs (jiii entrent parmi les symboles. Ils offrent des sacrifices au Nil, qui est un de ces symboles les plus universels. Invoqué par eux sous ses noms antiques de Dieu et përe des hommes , sauveur de la terre C») , œil du monde , Dieu éternel, Dieu suprême, chien gardien, il a des serviteurs d'une famille sacerdotale , qui prétend avoir desservi ses autels dès l'origine des choses C^). Elle lui a conservé du moins les attributs sous lesquels il étoit jadis invoqué dans des hymnes communs à Jupiter , ainsi que son nom ancien seïr C4), commun au preniier père et Dieu des Égyptiens 9 Osiris, au chien et. à la canictde: rétoile de la rivière ^ dont le lever sert de signe de convocation des tribus à la fête religieuse du fleusfe hleuj le dieu de la paix ^^). En Egypte , et

(') AEiien, de Animal, vu. aa. xvii. 19. Plinius, yr. ag. 3o. vin. 18. ai. 3o. 5a. Solinns. 37. Strabo,xyi. p. 533. 817. Agatbarchides , de mare Rubr<o, p. 43* Voyage de Schaw, p. 36o. 3^3. 385. Zimmcrman, Zoologia AEgypti et .^diiopiae.

(') Gregor. Nazianz.

(^) Heliodor. AEchiopic. 1. n. p. iio. 1. ix. p. /^ig, - {*) Bruce, 1. c. Dionysius Afer et Etienne de Byzance. «S'e^rsigniGie encore chien dans la langue de;» montagnards.

('). PalJadias, Hjst. Laos. c. 5a. JaHonski Panthéon , 1. ly. c. I.

suivant le système de la communauté des symboles, il étoit le signe du commencement de la crue du Nil , du commencement de Tannée et de la génération du monde , dont les époques étoient fixées à la onzième heure de ce lever CO.

Le onzième jour après , les chefs des peuplades éthiopiennes sont invités au sacrifice de la génisse noire. Son corps , coupé en deux , est posé sur un autel de terre pour être lavé, et ensuite sur une hauteur, pour être divisé en autant de parties qu'il y a de tribus, lesquelles les partagent entre elles, et les mangent avec de l'eau du Nil, en brûlant les os et en recueillant les cendres. On réserve la tête de la victime, trempée dans le Nil , pour des mystères célébrés de nuit dans une caverne , et environnés d'un secret impénétrable C»)» Les chrétiens du pays , qui pensent que le diable y tient un sabbat avec ses sujets, paroissent sup« poser que l'étiquette s'est bien soutenue à sa cour ^ puisqu'on y reconnaît les rits commémoratifs et symboliques des mystères égyptiens , avec les termes mêmes consacrés dans ces cérémonies ^^,

Si les signes antiques des rapports de l'homme avec la divinité sont maintenus, ceux des rap-

(*) Theon ad Aratam, p. aa. Porphyr. in Antr. Nymph. (•) Bmce,!. c.

(') Herodot. n. ag. 39. Diod. Sic. p. 177. Plntarc. de Is. et Os. , t. II. p. 363. Ezod. t. 3. D«non, pi. 137, n*. a.

ports sociaux entre le souverain et les sujets sont conservés de même autour du trône , autel de l'ancien culte , oii le prince reçoit la couronne en foulant aux pieds un fragment d'obélisque. II est environné de courtisans aussi nus que les figures dans les monumens de ce genre, et qui, dans les termes des hymnes gravés sur leurs faces , récitent, souvent méme^n chantant , les louanges du roi des rois, le bien-aimé de Dieu, seigneur et dominateur de la région supérieure et de l'inférieure, le conservateur des frontières, le vénérable jusqu'aux extrémitésL de la terre, le soleil, la prunelle, la pierre précieuse , le prince des fsraé" Utes CO. Car, par une circonstance remarquable 1 qui o£fre une clef à nos recherches , dès leur commencement, les Abyssiniens, tout en méprisant les Juifs, prétendent avoir été de tout temps des Israélites, de ces anciens Hébreux dont parle Eusëbe (^), qiii , avant Moïse , exécutaient la loi non écrite qu'il rédigea. Ailleurs C^ , le prince est proclamé bufQe descendant d'un buffle , taureau des taureaux, éléphant d'une force extraordinaire , puissant sultan N. N. que Dieu prolonge sa vie ! 6 seigneur ! que Dieu te secoure et te donne

('} Voyez la tradaction d'inscription d*obélisqae, par Hermapîon , et l'inscription de Rosette.

(*) Pr. Ev. vu. 1. xni. t.

(*) A Darfour. Voyage de Bro'\[?n. ^

la victoire! Les ministres des princes aussi symboliquement honores, sont appelés, comme jadis, les ministres de la toute-puissance , les bras droit et gauche : le premier parmi eux s'appelle tét^, tandis que l'intendant des vivres et le chef des gardes sont qualifies de bouche du roi et de garde-feu 5'^* Car, de même que Dieu, ces rois sont assimilés au feu. Leur armée victorieuse remporte pour trophées certains membres de leurs ennemis vaincus , qui prouvent qu'elle n'a pas combattu des femmes ^ les mêmes que Sésostris fit tracer sur ses colonnes triomphales pour prouver la même chose. Des symboles égyptiens s'étendent aussi sur l'empire entier. Ils sont adop-* tés par le peuple qui se fait circoncire avec des couteaux de pierre^ observe le sabbat, déteste le cochon , et abandonne le commerce aux femmes , ainsi que le gros travail , tandis que les hommes lavent les habits : le tout conformément aux observations d'Hérodote sur l'Egypte. L'Ethiopie a aussi avec ce pays , et avec les nègres en général , les noms communs d'hommes ef de femmes empruntés des animaux et des plantes, ainsi que des attributs religieux d'image, de colonne, de germe, de vertu, de don, de dépôt, de grâce, de substance de Dieu et des saints j ou ceux qui, <> d'après l'usage des mahométans connu aussi des

(') Fr. Tzctzè*. X. 35o.

DES HIÉROGLYPHES. n

anciens Grecs CO, se nomment les serviteurs des êtres supérieurs j leurs dévots et attachés sont désignés par la lettre za^ dont l'équivalent, dans l'ancien alphabet égyptien , est le hiéroglyphe de la même valeur. Les Éthiopiens portent, dans la dénomination des êtres et des choses étrangères à l'homme, le même esprit allégorique. Les grands surtout se distinguent par un langage fleuri, rempli d'images 5 par l'amour des proverbes et des énigmes compliquées, dont ils ont hérité de leurs ancêtres CO , et qui , semblables à ceux des pythagoriciens , sont de vrais hiéroglyphes. La langue entière des Ethiopiens correspond à ces caractères sacrés ; elle en est une des prindpales clefs, propre à les rendre à 'peu près aussi popttlaires qu'ils l'étoient jadis parmi ceux qui la pair* loient dans son premier' état ^^X

Ce n'est pas ici le lieu d^analiser ses diction** naires, qui sont à refaire comme tant d'autres. On a souvent rendu méconnoissable le fond sym» boliquie des termes, en séparant leurs racines de leur« dérivés, pour remédier à un prétendu an*tistœchon trop usité , mais qui n'est que l'homonymie si naturelle à une langue patriarchale,

(') Iliad. II. 120. Odjss. ly. 386. et les Césars de Julien. (') 3. Reg.^x. Joseph. Ant. Jad. 1. yin. c. 3. Lettre d'Amazis h Bias ; Ba^ixttt Aïft«o<««y X^i nrfU *i** 99^'un «fiîAMv* O Diod. Sic. 1. 1, c. 81.

ta DE L'ÉTUDE

telle que la tradition représente Fethiopienne littérale des livres, de Fétude^ Quelque sommaire que soit l'indication qu'on se propose de tracer des élémens des symboles et de leurs sources , il faut toutefois y comprendre quelques exemples puises dans les langues, leurs derniers réservoirs, et correspondant soit à ceux qu'on voit adoptés dans la vie sauvage et conservés par la société, soit aux ^ûr clefs symboliques éthiopiennes de l'existence, des premiers principes , actes et rapports, que cite Diodore dans le serpent, l'épervier et le crocodile, dans l'œil et les deux mains. Ces animaux et ces membres, les instrumens dont nous avons déjà parlé, ont en effet toutes les mêmes valeurs dans la langue étkiopienne, que Diodore de Sicile , HorapoUon , Clément d'Alexandrie et d'autres écrivains leur assignent comme symboles. Leurs noms obtiennent , dans les dérivés, des développemens de valeurs qu'on est également en droit d'assigner aux combinaisons des caractères sacrés. De la même manière* qu'une clef chinoise ou égyptienne, le pot que nous avons vu posé sur des tombeaux, désigne tout ce qui est posé sur quelque chose , tout ce qui se rapporte à cette idée. Premier ouvrage de l'art, il désigne toutes ses œuvres, toute formation , la forme et les ouvriers , jusqu'à la création et à l'auteur de l'univers.. Ce premier principe,

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la source des êtres , est aussi , sous ce rapport , représenté par le même symbole , clef éthiopienne du fluide, du contenant et du contenu^ puisque le premier il réveilloit toutes ces idées. Le plus ancien des ustensiles et instrumens , le même vase les représente tous sans exception , jusqu'aux armes, qui cependant ont un représentant particulier dans l'arme primitive , le bâton , ou la javeline. Le nom de la dernière , khent , ou ses dérivés, servent à désigner la lance, l'épée, le poignard, le fer dont ils sont faits , et ceux qui les portent , les guerriers et le général, le juge, le préfet; à exprimer toutes les idées accessoires, juger , condamner, punir, gouverner le peuple, exercer l'empire, tribunal, territoire. Nous voyons parlà combien d^dées devait réveille^ ce pschent placé en signe auguste sur le temple de ^Ptoléméè Ëpiphane,^ien fut ceint en prenant possession du gouvernement , et dont le nom est le mot éthiopien chent^ modifié par le préfixe égyptien , mais religieusement conservé même dans le texte grec de l'inscription de Rosette ; c'est sans doute parce qu'il étoit consacré par la langue primitive àes fondateurs des hiéroglyphes et de l'empire éthiopien du même nom, Chent, donnant le titre d'Hendaqui à sa souveraine , le nom de Thinites aux premières dynasties égyptiennes, celui de Tin-

clion ('^ aii nome qu'elles gouvemoient, et jusqu'à nos jours ceux d'Umhende et Hindau à des districts de la Nubie connus par des ruines.

Le nom du serpent premier roi et dieu de cet empire y parce qu'il en étoit le symbole , a la même nature d'une clef chinoise en désignant tout animal et étr^ animé , toute bêle nuisible , des insectes et des dragons opposés au lion. Il obtient une place parmi les caractères historiques par cette dernière acception, comme par celle d'une mitre qu'il désigne , parce que les mitres des anciens rois étoient distinguées par un serpent ; par celle d'un petit bouclier qui rappelle l'égide de IMinerve; par d'autres attributs qu'il emprunte des dieux

(0 StephanuSydeUrbibus. Le préfixe, ou Tarticle, t, est prépose à CCS deux derniers noms. Hygin , Fab. 275, dit que Jupiter fonda Thèbes à cent portes dans Vlnde : nom ancien de ces contrées, d'après grand nombre d'autorités : Hygin, Fab. i33. Strabo, xyii, p. 8a3. Philostrate, 1. 3. Philostorgius , i. 9. Nicéphore ,17* 3a. RuiEn , i. 9. Sozomène, 11. a4- Socrate, i. 19. VirgiJ. Georg. ir. 1 16. Claudien, de Bello Gildon., t. ^5^. In Ruffin., y. 345. Epig. 2. T. 17. MartialisyVii. 29. TibuUus , vi. Elcg. i. Silv., I. xii. Ovid. Ars amandi ^ et au reste, Aristote même, Pline, P'rocope , Horace , Lucain , etc. , etc. Ce nom d'Indiens a pris , dans le Copte , la valeur de passons qu'ont les noms de la plupart des peuples delà migration. Fr. Woif, Emendationes in Hcsychii Lexicon , «^ «xfVc » m «lyt^nt , âfmyit,vKu , pro îiymxot , jaculum anientatum; avec une liste des anciens aoju d'jEgypte.

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des arts et de la médecine. Il désigne la pointe d'une flèche qui a partagé différentes valeurs symboliques du serpent, et qui , tenant de lui son nom dans une langue du Midi , à cause de leurs qualités semblables, a Conservé dans l'ancienne langue du Nord son nom Éthiopien arw, signi^ èaLui héritage dans la langue actuelle de la Suéde, parce que les flèches étoient le seul héritage en estime parmi ses anciens et belliqueux habitans. Du nom de l'épervier , premier fétiche national, dérive, suivant l'usage , le nom toujours subsistant du peuple éthiopien, Goez , qui désigne aussi l'essence de Dieu, la nature divine, âme, esprit, qualité, la nature de chaque chose et le génie, le mode et la raison , manière d'agir et de vivre , usage, mœurs et conscience^ tout ce qui regarde le mouvement , le passage, le départ avec l'armée , le camp^ la liberté, la délivrance , affranchi. Il est aussi la clef des signes vocaux de maître et seigneur, dominateur du monde; de la domination , de l'empire et du domaine; il signifie encore déchirer comme le vautour déchire sa proie , et tout ce qui s'y rapporte, même circoncire; enfin il est le symbole du temps , de l'adverbe de temps et des chances; de l'aurore, d'une journée, ou du chemin d*un jour ; de tous les développemens des valeurs si étendues de cette clef hiéroglyphique dans Horapollon* Le nom du crocodile qui , dans

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le système hiéroglyphique , est l'opposé de Tepervier, en présidant au mal, est en langue omhari* que , de même que sa figure isolée sur des amulettes , Fexclamation qui repousse loin de nous tout ce qui est mal : et il paroît se développer dans la désignation de& che& des troupeaux de boucs et d'autres animaux d'une réputation aussi équivoque.

Les noms des membres sont des cle6 aussi symboliqties.que ceux des înstrumens et d^s animaux. Celui de l'oeil désigne l'acte de vbir de toutes les manières , et ce qui voit jusqu'à la providence : ou ce qui est vu, le visible, sur&ce, couletir, lumière^ clarté même dans le discours dont l'hiéroglyphe contient l'œil } tout ce qui illumine, même celui qui illumine le monde : expression éthiopienne appliquée à Ptolémée dans l'inscription de Rosette, et rendue, entre autres , par l'oeiL Un nom de l'œil , â'zn^ signifie, d'ailleurs , source : imagé de tout principe ou commencement. On dit , œil de la terre qui est un trou de souris, œil de la balance qui désigne la justice j et l'œil se prend pour agrafe, peut-être parce qu'elle garde : v«|leur de. l'œil en hiéroglyphe et en éthiopien. Cette langue en déveloj^pe également le nom dans les mots> fortifier, camp et tente, taïnt , qui est le nom de l'œil avec le / formatif , et dont l'hiéroglyphe est ^ le schekmahj symbole de Dieu aussi-bien que

l'œO. Les mains ont un nom commun avec la puissance, la force, la possession et la violence 5 avec toute action en général, ou leur emploi , que représente la préposition pac. Les parties de toute chose, et du monde, dont le* parties, en langue sacrée, sont les bras de l'Éternel 3 qualité , forme et figure , égalité , similitude , l'homme , ou le mâle , sont représentés par les mains employées indifféremment avec lliiérf^jphe des épaules ou des hrasi^), qui figurent dés pères et des fils, et eu Éthiopien leur semence , comme toute semence en général, et ractîoa de semer. Les bras ainsi que les cotes figurent ausn les c^ës, comme la tête , toute sonunitéj le dos, le dierriëre des choses; les pieds, leur basa et appui) le cœur, leur milieu et leur cercle, la période de Tannée 5 le membre viril y rhomme entier , et avec lui , avec la clef du Kil qui le désigne lui-inéme, le genre, le généré et le générant, Tesprit et le corps des choses, Farmée du ciel, le monde, la terre, la terre de Saba et le nombre sept.

C'est dans les dictionnaires .et le récit de Clément d'Alexandrie , sur les livres hermétiques, qu'il faut étudier Fesprit de ces homonymies sym-

CO' Jean Chrysofitôme lait nne pareille obseryatlon : In hioneris qttoâ aetionum signum est y actionis enimpoten- Ua ah humerU dependeu — M<mu$ et humeto» ad actiO' nem scriptura accommodât*

iB DE UÉTUDE

bolîques, pour recueillir les membres épars da géant-univers qui ^ chez tant de peuples , fut l'image du monde sembjUble à l'homme , mesure de . tout, et abécédaire de la langue figurée. C'est ain^i qu'il' faut recueillir^les membres d'Osiris au nonx^ bre juste des yingt'^ix lettres radicales du syllabaire éthiopien , qui , multipliées par les «ept voyelles 9 forment avec «lies le nombre également juste des cent-quatre-vingt neuf hiéroglyphes-clefs d'HorapoUon , pour lesquels elles forment comme un dict;iopnaire correspondant de clefs de ton à la chinoise 9 propres par leurs formes mêmes à coqduire nos recherches. Car décelant une langue . primitive monosyllabique , elles sont actuelletoent les racines ou initiales de^ mots qui signifient la même chose que des hiérogly]|^es $le forme à peu .près semblable 9 dont Fourmont ks fait dériver- On peut en citer des exemjrfes dans la clef du Nil , conservée toute entière avec son nom égyptien de ia terre qu'elle rejù-ésentoit, io; dans les noms du ciel , de l'abime et de l'enfer , du sacré interdit et de la plante agrostis, qui représente toutes les plantes, nomiS qui se trouvent sous une même lettre de la forme de l'hiéroglyphe et du carac-^ tëre chinois du bois,' du sacré, du bien et du mal : suivant leurs combinaisons avec d'autres. De pareils exemples sont dans les mots, inter* prête, écrire, espoir, soui le tau +, caractère de

DES HIÉROGLYPHES. tt)

Vinrentenr âek lettres, interprète des dieux et dernier espoir dés motirans; dans les noms de l'homme, d'une taUe de lois, d'une porte, d'un angle , etc., etc. De la même manière, la lettre l est le signe dû datif, de l'accusatif, et quelquefois du génitif j ou elle désigne , lorsqu'elle est double y tous et chacun : tout comme dans l'inscription de Rosette , l'hiéroglyphe simple ou double qui a la forme du / de l'ancien alphabet égyptien. On a à regretter les ouvrages de Démocrite sur les Lettres sacrées de Meroe et de Babylone (0, mais qui , confondues avec des traités de morale que ce philosophe avoit traduits de la colonne d'Asicha<» ris, rappellent paiement les noms des lettres et de signes chaldaïques donnés aux dogmes fîgu<« rés de la Bible et aux hiéroglyphes C')^ ceux de langue babylobienne et lettres assyriennes C^) qu'on donne au langage proverbial des Abyssiniens et aux proverbes de Salomon j les lettres assyriennes enfin que Moïse apprit en Egypte ^4) , et qui paroissent désigner ces dogmes assyriens que

CO Diogen. Laeri. ix. 49*

O) Cassiodor.

CO tunfim TfifAfétmra- ThcmUticy.OrAt. ad Valent. Zoega ^ de Obelisc. cite Joseph, contr. Appian, i. :i6.'EU Piularc.de Is. et Os. ) I. p. 507. ri. 3a3. poar preuves de la confusion des noms des lettres et des livres ; que nous verrons assez générale.

CO Philo, YilaMoiis.

ao DE L'ÉTUDE

Jamblique, aussi^bien que Fauteur de la philosophie selon les Égyptiens , réunissent à ceux de ces derniers. Il n'est pas moins fîicLeux que l'évéque romancier Hëliodore ^0 nous ait donné une idée si peu nette des lettres mystérieuses et royales d'Ethiopie écrites sur des bandelettes , distinctes des lettres populaires, et semblables aux hiératiques d'Egypte , qu'on pourra retrouver peut-être par le moyen du syllabaire éthiopien.

Ce syllabaire ne se ressent point du malheur d'Isis qui , en perdant un des membres d'Osiris y n'a laissé que vingt-cinq lettres à l'alphabet d'Egypte. Des louanges antiques , adressées aux différens membres de cette déesse elle-même de la nature , sont conservées y peut-être , dans un cantique adressé à ceux de la reine du ciely la géné^ ratrice de la vie de l'univers, par des religieux de l'Église abyssinienne qui ont trouvé des imitateurs en Europe C*). On les voit conserver lé sistre | la danse religieuse, des temples construits dans des cavernes , des bâtons-croix servant de signe dîstinctif du sacerdoce , des béquilles pour appui pendant la prière qui se fait à pieds nus , mille usages apportés , suivant le prêtre abyssinien Grégoire , de l'Egypte oii ils ne sont pas d'invention moderne. Cette Église abysûnienne qui caractérise

(0 AEchiopic. II. p. 1 16. IV. p. 174»

CO Bayie, art. Innocent xi . note k.

la trînité par trois noms un dieu, et qui prétend avoir conserve la prophétie du premier Hermèfl des Arabes, Enoch, y a recueilli du moins, et dans d'antres pièces reçues d'elle , des fragmens et des expressions symboliques de l'ancienne philo^- Sophie. Sans rapprocher d'une de ces pièces CO le dialogve d'Orus et d'Isis C»), ouxdui de la Nuit et de Jupiter dans les poèmes orphiques C^) ^ nous observerons que dans une autre , l'instrument musical de la Yierge , sumonuné guitare du psautier, lyre de louange, il est dit que Dieu, en formant Adam des quatre élémens, mêla le premier avec le second , le troisième avec le quatrième, l'humide avec le sec, le chaud avec le froid , l'invisible avec le visible , le palpable avec l'impalpable 5 qu'il fit deux du palpable , et deux de l'impalpable 5 trois du sec et un de l'humide , trois du visible et un de l'invisiUe, trois du froid et un du chaud; que l'architecte fonda les angles de la maison dans les quatre élëmens , etc. Cet termes sont aussi symboliques égyptiens que toute la doctrine et la division des principes, des élémens des choses, par des nombres régulateurs

(0 Ludolf , 1. 3. c. 4* ^t les Comment, p. 35o.

C') Hermès dans le recueil de Fabricias. Stobee , Eulog. , p. 131. Jablonski Panthéon, i. p. g6. et un mannscrit dam la biblioih«({ue impériale de Paris.

CO Eschenbach ,107. Epigen. p. 79. Jablossky, i. 16.

et diviseurs du système d'écriture et de la nature ^'il représente f du ciel^ de la terre, et de la terre d'Ethiopie divisée ^ comme jadis l'Egypte, tantôt en trente parties , tant6t, suivant la double division du corps d'Osiris et d'après l'antique loi , en yingl^ix rojaumes et quatorze régions adnûlustrés par quarante princes tributaires ^0;

On. retrouve partout ces divisions qui rappel^ lent celles de soixante «-dix descendans de Noé , par les trente , les vingt>^ix et les quatorze fils de fienu y Cbam et Japhetfa C^, ou de pareilles , fondées air le besoin inventeur d'un premier instrument de compte , et se rapportant à celle du ciel et du temps, à laquelle on a comparé la distri* bution des Israélites eu douze tribus- C^. Les plus barbares des- hommes, les Jaggas, qui exercent leurs dévastations depuis l'Ethiopie jusqu'à Congo, entre lesquels ils montrent la voie des communications anciennes, et qui repoussent les premiers liens de la société, des épouses et des enfans,

(0 P. Nicolaus Godignj, ex rdadoue tribuni Lusitani veri celebris et diii in Ethiopia versanlisy scribit : Imperium Abyssinium viginti-sex régna et qnatuordecim regionés antiquojure complecii. Ludolf. 1. 1. c* 3. Fr. Pioléme'e et Strabon , sur les divisions de l'Egypte.

CO En langue de Siam , Noe signifie nombre ^ en coptCj les cordelettes qui ont servi aux comptes. Lacroze > Lcvit. Gâ» 0) Diodor. dans FLotios ^ God. ^44*

DESmÉROGLYPHES. n)

n'en ont pas moi^S; accompli les lois de Platon, pour la fondation d'une ville à douze portes et à douze tribus, imitant l'unâyers et rappelant les dieux : car ils sont distribués en douze cohortes , suivant le modèle de l'armée céleste , d'après k- ^uel ils fortifient aussi leur camp nocturne dans un enclos circulaire à douze portes, dont chacune est confiée à la garde d'un cfaief. C'est le plan tracé de l'édi^ce qui doit recueillir un jour les signes de toutes choses classées d'après l'ordre du monde , qui- réunira sur ses murailles sculptées tous les animaux sacrés, tous les symboles isolés des qua» lités et forces connues et inconnues que les nè« grès dispersés inventent tou^ les jours, en vojant partout leur noanifestation et celle de 4a divinité, en saluant dieu , le premier objet qu'ils rencon* trent le matin. C'est ainsi qu'ils reconsiruisent le système par lequel les Egyptiens entendoient souS le nom des dieux la nature de chaque chose CO, d'après lequel Hernies prononçoit que tout nom comprend Dieu, ou que son nom comprend toute chose.

Cette observation des anciens a été confirmée par des voyageurs modernes.* Dans toute l'Afrique , au milieu des progrès lents de la société , dçpuis l'état le plus sauvage oii à peine le langage des gestes est soutenu d'une langue parlée peu

(0 Maciob. SaC. x. ao.

articulëe , ou semblable au cri des chauve-50û-> ris CO • on adore , dans les fétiches , les premiers objets dénommés y doués de qualités réelles ou supposées, qui rappellent Dieu dans toutes ses œuvres , grandes et petites. Tout rappelle ce maître de la vie et de la mort , dispensateur des biens et des maux , présent partout : dans tous ces symboles de sa puissance, qui deviennent, par le Êdt , des signes matériels et présens de l'imimatériel et de ce qui est absent , de toutes les pensées du nëgre qui s'^rrétlsnt auprès d'eux et se forment sur ces modèles. Ne pouvant comprendre la divinité, il la divise en autant de parties que les objets qui éveillent et représentent ses pensées C*) , depuis le ciel et la terre , les astres , l'océan, les forets, les rivières et les montagnes, protecteivs des princes , des états et des districts, jusqu'aux moindres objets que chaque individu se choisit à luirméme , et qu'il porte sur lui comme des phylactères, ou dont il redoute la rencontre, Croyant , d'après une ancienne opinion , que voir

(0 Observation d'Hërodote, renouvelée par rAbastin Grégoire , Holsatiiu , Dapper.

(0 Fragilis et laboriosa mortalitai in partes istas digessit înfirmitatis su» memor, nt portionibas quisque coleret qno maiimè iudigeret. Plia. ii. 7. Amobius adv. Gentes , 1. vi. p. a8. Jamblic. de Myster. i. 9. et les antenrs cités daas les notes de Gale.

DtS HIÉROGLYPHES. a5

son Dieu c'est mourir CO. Les êtres animes dont les qualités frappantes ont été les premières observées, paraissent conserver parmi ces dieux une prééminence qui leur a été accordée des la plus haute antiquité y des Torigine du pulte égyptien C»).

Elle les préserve du danger d'être mangés par leurs adorateurs : si ce n'est sous la fi^me d'un acte religieux, de la confirmation d'un serment, d'une alliance. Le lézard , Fabeille et le roseau ; le serpent qui prédit l'avenir, qui apprend à l'homme à connoître le bien et ,1e mal , conservent en Ethiopie même leurs anciens honneurl divins. Le singe les a possédés long-4emps sur la e6te de la Méditerranée. Le scarabée partage encore avec la lune lè culte des Hottentots. Le bouc est vénéré à Canda. Partout le nègre , comparant les objets pour les définir l'un par l'autre , pour se donner le nom des êtres dont il possède Ou ambitionne la protection et les qualités, vénère , dans le même esprit, un grand nombre de ces symboles de l'ancienne Egypte. Ce sont des bœufs et des vaches, des éléphans, des béliers, des brebis, des chiens et des chats, des pois-

(■) Exod. xzzin. ao. Ind. zni. as. ^

, (•) Diod. Sic. 1. XIX.

s6 DE L'ÉTUDE

sons ^^ y des coquilles (^) , ^enfans des dieux » des oies et autres oiseaux parmi lesquels il «n distingue qui sont tachetés de ^oîr et de Uanc ^^, comme une espèce des ibis, et l'oiseau fétiche de la communauté I recevant des sacrifices sur les montagnes et dans un endroit qui lui est consa* cré ^^>. Parmi les orhres dont, les plus Agés rendent des oracles, il distingue le palmier appelé assuarif du nom du territoire de Sjëne, fertile en palmiers ^^>, Des plantes et des fleurs (^ sont honorées de même ^ aussi«*bien que des pierres et des caitloux ('), dont un bleu, ajgris, qui sert tout à la fois de monnoîe , de parure et de dieu, dispense les avares et les vaniteux de dissimuler leur culte. Un earactëre plus auguste est toutefois imprimé à celui >qu'oB rend- à la pierre , bo** sauruj aussi ancienne que Je monde, sembbMs au» bornés qtd divisent les champs^ fi, dont te nom ) qu'elle prête «nx fétiches en général, réiH oit le préfixe égyptien au nom du héros mys^pia de Sanchoniaton , qui consacra le premier au fea

^ (') Surtout la Bonite et IVpéc, ou rempercuf.

(*) V. Denon , pi. 97. n,* iS > 16.

(') Ardea »tella,

(«) Horapollon , 1. i.£.t, Y. 6. 9. to. i4* 36. Sg. 44- 4^- 53. etc. 1. ij. 85. 1 10 1 eic.

(') HorapoUon , 1. !• c. 3.

(«) Id, 1. i.'c. 3o. l. u. c. 8. H- 33.

i!) Voyez AiliM d'OrpWc.

DES HIÉROGLYPHES. aç

9t au vent ces s^pes adorés ensuite en son bon-» ueur ^^\ C'est un de ceai fermes <*) connus panai nous sous It nom m^iae du pontife législateur,- Henms, représenté par nue borne » inrenteur des termes da langage comme des lettres , et probablement instîtoleur de Fusage si universel de ronctiott magiqpe, par laquelle )es prêtres afe-* Ipresy ses émules» consacrent, Sur cette pierre, les signes visibles des forces supérieures, des eau* ses ou àes dieux O, et des membres du nègre qu'ils protègent. Ils fixent, d'une mamëre é|gui* valente, par des paroles et des actes symboliques mystérieux , la valeur des symboles ifa*Qs prépa^ rent, de ses prières et de ses b^ins,de su craintes et de ses désirs, de ses aciioas et accî» deas; dé la^part de ses pensées, en un mot, et de sa conscience, que ces fétiches représentent., suivant l'observation d'un voyageur. Consacrés pour les vivans et pour les mmrts, sur cette pierre ou dans un barfl,. hiéroglyphe des vases sacrés et des honneurs du temple (^, et qui, chez les nègres , est remp^^de sang , d'haile, de terre , de

(') Eoseb. Pr. Et.i. io.

(*} Cest proliablement le nogi même àt^EffAi ^écéàé d« fulcram égyptien , la lettre f , qvX signifie , je nos,

(') Ideo facerdotiî reteris antoves a' rebûib apparentibns •nperiorum Tiriom cultnm înTenerant , diim alia misceient , alîa purificarent. Proclvs éb Sacrificiis et Magid,

(*) Iiucript. de Rofette, lig. 9. fig. iS, 16.

plumes, de fétiches et d'oracles, tous ces signe» des rapports de l'homme avec la divinité deviens nent des caractères sacrés , les inêjxîes que ceux d'Egypte empruntés de la nature et de l'art, et inventés de nouveau dans un même ordre progressif. Ce sont des parties d'animaux, conmie une tète de mort et des squelettes ^ la tête d'un singe , d'une poule | d'autres quadrupèdes et o»seaux ^'^; la queue d'un lion, d'un éléphant ou d'une autre béte C*); la jambe d'un chien, la pâte d'un crabe, les os reliquaires de tous ces animaux et des oiseaux ^^), ainsi' que les arêtes des poissons; des peaiix C4) coupées en morceaux ou c^n aiguillettes; des poils et des ongles C^) qui' conservent aiUeurs leur importance dans des opérations prétendues magiques. Tous ces objets sont des signes adorés de mille vertus; ou, comme dit un voyageur avec Porphyre , l'ouvrage de l'ima^ gînationdes adorateurs, des erreurs de leurs pensées. Mais lés dents surtout C^) , lès cômes C?) , dés

(f) Horapollon, i. 19. ^o, Eu^b, Pr« Et. }. i. c. 7, Pcnon , pi. gô^n*. a5.

(*) Horap, I. 70. H. 3o»

(3) Id. II. 9. 10.

(«) Id» II. 70»

(?) Id, I. 56»

(6) Id. II. 88,

(7) Id, II. 16. 17.

pointes de cornes et de plumes CO , ces instrument de force y de mouvement et de vitesse , qualités respectées des sauvages , ont été adoptés pour si- ^gnes génériques de ce qu'ils vénèrent et de ce qu'ils craignent.

Ije règne végétal en fournit des emblënies aussi- J^ien que les animaux. Les grains , les pailles , les épines et les feuilles (*> , les branches C^)^ le tronc des arbres , leur écorce et les bouts de corde qu'on en fait ; des pièces de bois jaune et rouge 9 ou du bois fendu, forment autant de symboles divins. On distingue surtout des petits crochets de bois ou des bâtons crochus semblables au sceptre et à rhiérogljphe linéaire du dieu fort Osiris, et dontlesado^» rateurs ne font que transmettre le sens à. la croix, quand des Européens leur persuadent de la prendre en échange de ces crochets. D'autres caractères aussi adoptés dans l'ancienne Egypte, sont des bàtons que consacra la Phénicie en même temps que les pierres dressées, et qui aux Indes ont prêté un nom à la divinité. On leur ajoute des petits bâtons ft des boules , par lesquels l'art et Ijs calcul commencent à ajouter des signes à ceux que l'imagination emprunta de la nature ; car les ^ules et les petits, bâtons représentent par leur nomlure }

(') Horap. n. 61. 1x8.

. 0) là, n. 39. 46. .

5o DE UÉTUDÈ

et les bouts cks bâtons qu'adora l'âge patriarcbal O) sont tailléi comme les bAtons des Babyloniens (*>, et comme les sceptres des Xevtx et des prêtres d'£gjpte , en têtes significatives d'homme et d'»» nimal. A des pots (^ , des sonnette» , des clefi , des crocbets de fer, des nattes , des morceaux de vieille étoffe enveloppés de paille ; à d^antres symboles paveib on i^outedes têtes d^mîmaux mode^ lées en terre on jetées en fbnte , dès images des dieux semblables k l'homme , des marmousets de la grandeur de ceux d'Égjpte , qui remplissent le bois sacré , les champs , les chemins , les tombeaux et les maisons, où les voyageurs tro u v e nt à peine quelque endroit libipe, mais oîi ces idoles ferment souvent toutes les richesses des propriétaires. Ib couvrent leurs personnes de pareils signes profteo* teurs y génériques ou particuliers; et tandis ^e chaque individu se charge de ses pn^pres feikhes i un. roi, près du- cap Monte, porte sur sa tête\ et dans une centane^ de petites cornes enduites de vernis rouge , le symbofe universel de toutes lès forées protectrices de l'état Le grand pontife des Issinois est revêtu de même ji son inauguration ; ou ptutdl surchargé des fétiches dé tons lès hom<^ mes I des symboles de toutes le$ divinités ^ de

(0 Hi«C. unÎTen. t. ii. p. x66.

(OHero^. i. igS. Scrabo, p. loSi.

(OHorap. I. 11.

DES HIÉROGLYPHES. Si

toutes les forces des AffsreBl»» parties da ciel et de la terre, entre icsqneisS est médfaitettr. Comme le grand-prltrtf k iétmàkmf i} est elkarg^ de la vepràentalioif «fiaboliqae de Vmkvfett^f dont les emblenes sont re'tiûi»e€ cBstnliaë^stir te corps de rkommir poa# àgÊÊtêr U eofpi^ difi^ Ift nat«iré.

Mais avant que cet assemblage de fUifèéé isofiSes pause ^tr« copi4 èatÊf mf taMéâta màtfke , fni fer- Hieroit m texte dfëcriloré par signée^, i) fant que l'an s'exjen^ par la réunion d'ubtrès^peftitnbmbi^ de symboles. H loÊBtpour leserm:^des|^andsel des ricfaes, qui portent mikfoigeiet ëtHuil dmgls delt amnletlss ^or, d^avgent ê% êè enivre , grstvês de tr jûts ddîcatft. O» m fêr^m^ aàim {(l'aduelIémeBt k nae pveâiiëniF rénasoii èsr syndlM^es^^ de pensées eonibittéet ^ ei^qi» ^pdnr la eomciMK&e dii^port de ces pétiistalisaieMS , sont i«ttdusvd)KtiinAiyft et lî« aeaixses èm^ dnr premiers esssiiy d%wcf i{ftîOii9^ et de fet&es , qni , k cause de ees Onjginés , <Mf porté ebez Tes Égyptiens et les Hébs^eoM^ ks- ndÊtSif corn* Biémoi!ati& de pkybMïtêres et di Uatféi^éfjtix^re de cachet DHhk autre çÀté , la fékkfx»è qui- éonw âiençoît pm te> coulëu» rouge , dont oa^ énc^iisoît les fé^tf^bes, etdunl^l» sfAiilx des p>flrjufii£dl^ conserva des traces^ se* bwartfo à h^ eontiëAai4; la Jâdpture réuultCdir^attdw^images, pétfë«tl<ebis^ tonqnes , sur les nturaîUes des pafaisrnstîipl^ de Bénin , soutenus de piliers qni, de même que des

3a DE L'ÉTUDE

colonnes de temples égyptiens couverts d'hiéroglyphes , sont taitiés en forme humaine ou de héte. D«ds une salle de conseil sur la c6te de Guinée, et près de Rip-6estos , on voit un bas-relief réunir d'autres grands symboles dans les figures d'une fenmie. et d'un enfant qui reçoivent les offirandes des habitans. .^

C'est là peut-être un monument du culte Isiaque et des .communications anciennes avec l'Egypte ^ conune le sont de communications posté-;' rieuresces amulettes chargés de caractères vénérés et inconnus des paroles de la loi, que distribue, dans des pièces d'écarlate de formes géométriques > une caste sacerdotale séparée du reste des hommes par leurs terres , par leurs personnes et par leurs enfans tous élevés pctur le sacerdoce. On a remarqué parmi ces Marabuts , sur la c6te occidentale d'Afrique y. des. sacrifices , des processions et des mystères , la robe blanche bordée du cordon d^ laine rouge qui ri^ipeloit jadis la loi et le législateur d'Egypte , et nombre d'usages et de cérénio^ nies qui, chez eux comme chez d'autres nègres ^ semblent dériver des institutions égyptiennes et hébraïques, ou des. traditions patriarchales des origines premières. . On en reconnoit des traces

dans les noms donnés aux enfans à l'occasion de la

circoncision , et parmi le^Mjuels est celui d'Adami que les Indiens donnent au soleil , père des hom<*

mes CO- dans la tradition que les trois grandes variétés de couleur et de figure dans Fespëce hi»*

piaine dérivent, des trois fils de Noé qui auroient

4té ainsi faits ^ dans l'idée symbolique que le pre^ mier homme fut l'ouvrage d'une énorme araignée vénérée sous le nom d'Anaiis. On reconnoit ici les images que des Asiatiques et des Grecs ont tirées de cet euvrage.de tisseranderie qui. fut in» yenté par jMinerve , la sagesse créatrice y et imité par l'araignée qui lui a donné son nom en. hébreu (^\ On reconnoit l'antiquité, dans l'usage des nègres de ne point adresser à l'Étre-^upréme , au dieu du ciel qu'ils connoissent, un. culte public gu'ils ne croient pas pouvoir l'honorer ,' mais qu'ils prodiguent à ses agens médiateurs ^^. On la reconnoit dans ces autres opinions, qui font séjourner les dieux invisibles sur les plus hautes montagnes d'où partent les éclairs } qui {lacent l'en* fer dans la mer. et font conduire lesmorts sur les

CO Fr. Jastin. martyr, adv. Gentes , snr un hymne d*otade. ' : : ; '

0) Hiat. gén. des Voyages, t. z. p. 997. Bemier, Onp» ncL'haty t. I. p. i63. 377. t. 11. p. 97$. Le poëme pers^ Jorel-Tschamoz 9 on Parterre des Mystères.

(^) CyriJlns cont. Juliannm , 1. it. Porpbyr. ad ADelK)n. et de Abstin* ). n. c. 87. Jamblic. de Myster. sect. i. c. i5. La plupart des platoniciens pensoient de roéose. Gale in Jamblic. p. i^. ^I6S, l^iHingileet , Origines sacre, p.

bords d'un fleuve , pour que Dieu les juge d^ajHrèt la vie qu'ils ont Hienëe ^ pour qiie cem qui ont honoré les dieux , qui se sont abstenus des vimides défendues» et qui ont rempli tous leurs engage* menSy soient transportés sur la rivière à nmâysée de plaisirs , tandiaqne ceux qui ontnumqné à ces devoirs sont nojés dans les eaux et easet«£s dans radW. Les SKrifioes fiûts au Nii et à TindaSy le vase et le petit boîsseand'or qu'on j ]eUàt ^nsnite, sont rappelés par des sacrifices pareil» qu'on fait k rétang d'Agra, messager de toutes » les eaux, dans lequel on jette un pot a^ee des voeux pour obtenir les eaux de la fertilité , et avec PespcMr que le pot , après avoir visité les- lacs et tes rivières , reviendra plein , pour être répendu Mr les diamps et produire une abondante n^oissasi. De pareils souvenirs sont ra|^à par lef purifications des fcmmes ; pnv le diAtiment de quarante canpB , moins un; par l'nsage en l'en est de laisser sans enterrement et au pouvoir des créanciers le coigi» des débiteurs morts insolvables ; par les jours d'abs? tinence, de jeàne et de privation;. par les idées superstitieuses sur lesjonrs heureux* eimttilheureu« que les Romanis appeloient égyptiens. Lesnombres de sdngt'^ix jours heureux et de f gui autres malheureux qui divisent les premiers par sept et dix-4ieuf , paroissent être aussi symboliques que le nombre de s^ingt'-cinq victknes humaines sacrifiéesàlaféte

DES HIÉnaGLYPHES. 95

des mort^ à Bemn } qoe le iioinl»*e aussi fixe de vidgt-cinq initia d'un ordre militaire religieux et judiciaire de Sierrft>LÀ>ne , ou eeîui de vingû cinq ans fixié pour le renouveilemest de la con-^ â'érie de Belh' } tout comme les aauëes d'Àpîs étaient fixées à ce nombf e célèbre de» membre» retrouvés d'Osiris et des lettres de Fsdp)id)et égyp* tienO;,

Le dernier ordre et cehû de Sandi sont insti» tués pour l'éducation des garçons et des filles dans des boi»^ sacrés, oii ils restent nus , et d^>ii il né leur est pas permis de sortir. Ik ne peuvent DioQ plus y voir des personnes de Fautre sexe, ni parler avec qui que ce soit qui ne soit nu, ou qui ne'^porte la marque de l'association. C'est le sHgtuate que ràçoivent les. garçons à leur adop* tîdn considérée conime Une nouvelle naissance} pendant que le» filles sont rasées, layées au bord ji'tâk ruisseau y circoncises eu signe d'un p^cte re^ ligîeux, initiées par la supérieure de Tordre, !»« q^)Je iéntre en fonctions dans une tête appelée alliance de la poule, Sàndi^ buL Ces novice

(0 ^^«s sur tous cea de'taîls, et ceux des pages pnéc<fdentés, Bruce etW deniîetf Toyagears en Afrique , ainsi que rtlist. gën. des Voyages, passim, et particnliérement t. n. i>..ao9. 49<- t* în. p. 316. 2^6» aSo. 363. 388. 391. ^oX

43cf. 4^* 4^7- 4^^* 4^' ^' 1^' P* ^^ 1^* 1^^* '^9- 1^0* i6r. i63. i65. 166. 168. 17a. ^65. 3^4. 39Q. 398. ^o^

4 tè. 417. 4iB. 586. 604. 607. 609.

apprennent à danser, à combattre et à chanter les hymnes de Sandi, les louanges deBelli, de l'être mystique qui donne, son nom à. l'un de ces ordres, ainsi qu'un gâteau pétri sous des fonnes variées par le Bellino ou grand-prétre. On croit que les initiés le mangent, et qu'il sert à la con** firmation des parfaits instruits, des associés de MeUi qui ont achevé leur éducation, et auxquels ce titre donne le droit axix emplois ('). Le langage primitif de gestes et d'action est développé dans des» actes symboliques mystérieux, que recueillent et consacrent de pareilles institutions: même celles jqui sont établies sur la Côte^'Or pour l'éducation des prostituées pudiques, ou celles que les Mandingos ont inventées pour con-s tenir leurs épouses ^ sous le nom des mystères du géant nocturne. Ils y ont ajouté un langage artificiel -et sacré, distinct de la langue commune, comme l'est également un dialecte des Folgias^ lippelé langue du seigneur.

C'est aufl^ dans des mystères qu'on fixe la va<^ leur et le sens caché , réservé pour les seuls initiés , des images nouvelles, des nouveaux noms de la divinité. Ces images sont consacrées moyen-

(0 Hist. gén. des Voyages , t. m. p. 6o5. et la GoIIeclîpn des Yoyages faits aux frais de la societ<$ d'Afrique. BelU est nn diable des Indiens, s^iirmon;^ par Vîshoon. Abrab. Roger, p. i6i.

nant mille cérémonies et le tambour magique marqué d'un cercle, par des dévots qui s'y sont ' préparée dans un noviciat silencieux , pendant le*' quel ils tiennent sur le genou un bloc oit est tracée une face hiunaine. Ce sont des initiés qui enten* dent la voix de l'avenir dans le son d'un pot percé de trois trous, d'un Ganope siège d'oracle. De pa-^ reils devins forment l'oracle du fétiche d'après le nonàbre et la place d'une poignée de noix ^qu'ils jettent à' terre ^ ou bien d'après neuf oi| vingt courroies parsemées de fétiches et d'autres Sym«^ boles^ courroies qui, chargées de coquilles- mon-> noies au noncibre de quarante , forment pour la société l'instrument du compte et le représentant générique deç objets comptés. Ailleurs, l'initié retiré dans le secret du foyer, y consulte le té^ tiche à là lueur de lustres significatifs, en calculant avec lui par une vixigtaLine de petites pierres ou de boules qu'il placé en différéns monceaux, qu'il compté et recompte pour fixer les marques de ses voeux et des événeménsà venir. Ce sont ces dés que Thbih inventa avec les lettres, ces pierres et liens- sacrés servant à la divination, et ces globes qui furent réservés aux mystères égyptiens, pen« dant que les symboles d'animaux étoient exposés au- peuple 0) : ce sont ces cailloux servant aux

(0 Plato, Phaedr. Jambiic« de Mister, m. 97. Synes. Es* çomf Calnt. p. 73, , ^

comptes àe$ premiers Egyptiens , et transmettant leur nom à tout calcul ^ dans lesquels la tradition a &it reconnoitre à Artephi, cité par Kirker^ l'o-» rigine de tous les arts et de toutes les connoisaances. On y reconnoit de mtme, ainsi que dans ks courroies y Torigine des caractères savâns de nombres et de ri^ports, si distincts des autres symboles par leur nature et leur valeor univer* #eHe. Ces courroies ou cordelettes, servant dans les royaumes d'Ardra et de Juida ptmr les compr tes, pour les registres des tributs, pour le dépôt des lois et des préceptes religiett:!^ , soii^ les mêmes qui ,^ perfectionna et gamii de noeuds, 6nt servi «ux mêmes usages et ont«ervide base knn vast* système d^écritnre dans Tancienne Cbine, au Pé-» rOtt , et pndiablement en Egypte , oli le trqile nœud., Jieaucoup de nœuds étoient Thiéro^yphe du trSmt, de l'argent, de ce qui est nombreux.

Lm préposés du culte et de Pétat s'emparem également de ce secours de la mémoire pour at« tacher des idées div^écSies à leurs marques^tincles de féticfaes et de coqraHeMnonnoies, ou m» marqiies des noeuds comnums à toutes les m^ti^ res» Pitr leur moyen, les signes se combinent avec les idées et sVidaptent à un système idéal , difierent de cdui qui se forme de l'arrangement des symboles sur le corps d'un ppntife ,^mais qui s'y rapporte par la djivision xommnne du temps ,

dèfespace et du corps de Thomme, image et me* mure de tout. Dépdt du ddendrier y d'un ordre et série dont îi forme encore un caractère commun chinois CO, le frisceau de corMettes n*a été élevé en Égyi^te à la représentation du faisceau de lu' miëres vivifiantes ipd descxuident du del , qne parce qu*il n^cneilKt celles de la terre , et qn'ii j devint, coihme parmi les nègres, le régulateur de la représeiitation par les animaux et leurs parties, par les plantes et les mstrumens, par "tous les symboles divers distriboés dans les taMeaux du ciel et de la terre , rassemUés autour du trim et de Tautel , après avoir été ^aduellement ia* ventés dans la société naissante. Se» simples et* Idyens les dut étdrfis les premiers comme signes des pensées et des idées bîaarres qu^avoient éveit» lées chet eux tons les objets qui les env ir onnent, depuis les corps câestes jusqu'au lumignon. Eà conséquence , ce dernier aunimce , parmi les nmrs , le meurtre qui vient d'être commis , tandis qur la nouvelle hme devient le ngtte du salut, de ht résurrection, de Tétemité CO, ayant éveillé cette pensée mère des symbcdes qu'ik expriment dana lé veeu qu'ils lui adressent i Puisse ma vie se re* nouveler comme tu te renouvelles !

CO Bayer y Rnd. vin, 9.

0) Omkmt étés la Bible et snr des mëdaiUes d'Alexàii« dieâcrèiu.

4« DE L'ÉTUbE

Aux animaux «t autres otijets qui servent à de^ iînir par comparaison les qualités des dieux , des hommes et des choses , on ajoute , de la même manière , d'autres signes empruntes des usages i" dès opinions , de mille accidens. Ils sont l'origine des caractères éhigmatiques et autres, et acquièrent un sens plus fixe , plus étendu et universellement reconnu, depuis qu'ils ont passé des observations et du culte des particuliers dans les cérémonies civiles et religieuses de la communauté. L'éventail que les danseurs' dans les f^tes portent à là miain, devient le symbole dé ces fêtes. La chuté du nègre sur mie pierre , iui annonce de plus grands sialheurs ; le chant de Toiseàu, un bon succès; et l'araignée, une visite. Le faisceau d'herbes ou dé rameaux qu'il pose sur son fardeau , en le laissant dans le grand chemin sotis la protection dès dieux,' devient l'hiéroglyphe de la propriété, dé l'interdit de ce qui^est consacré aux dieux; et retraçant le^ faisceau de cordelettes , il en emprunte les valeurs. Il se fait des raies blanches à la figure en rhônneurde son fétiche, en signe de pureté; et ce signe est un hiéroglyphe des dieux purs , de la pureté en générial CO. Il s'e£Eraie à la naissance

CO Linea perpendicularis paritatîs nota est. Proclas in Eaclid. Les Nègres d'Angola portent au front les mêmes marques que les Indieos sectatewt de Sdiiwen ou da Mahadeo.

DES HIÉROGLIPHES. 4i

cl'ttn enfant blanc , à la vue d'un homme de taille gigantesque^ d'un monstre courbé ^ ou d'un chien noir dans un. arbre f et. ce sont autant de symboles du méchant , du diable , qui doit en avoir un aur tre dans l'oiseau de nuit avec lequel il a un nom commun. Des prêtres, des. enchanteurs prescri* vent y sous la forme des préceptes pythagoriciena 4qu'un ancien compare aux hiéroglyphes ^det de^ yoirs et des obseryances, symboliques. £Ue8 concernent les bois sacrés qu!il ne faut pas couper j; les légumes, les fruits, les animaux et les parties des animaux, différens pour chaque individu quj, dans un certain sens , doit s'ahfttenir d'en manger pour toujours , ou pour des occasions détenninées , et qui , dans d'autres cas , doit en manger seul et sans témoins ^0. Ces préceptes embrassent aussi tout ce qui regarde le costume si significatif dans les hiéroglypheis , lesquels ont prêté aux dix signes universels des cabalistes la dénomination de vêtemens de Dieu. Ils en prescrivent la matière, la forme et la composition d'une seule où de quatre pièces , ayant /chacune un. sens différent ; ils ont aussi déterminé la matière variée dont la ceinture doit être formée, et les différentes manières de la

(0 Herodot. ii. 36. 87. 89. /^i. 4^. 47* ^9» '3^' 1^- "jl" Dîod. Sic. 1. 35. 43. 89. Plut, de Is. et Os. t. ii> p. 353.- 38o; Àtbënee, 1. Yii. i3. Strabo, XTii. p. ii55. 1169, ^Uan. de Animal. ,x. a. 34*

poser. Ils s'étendent W dmque aixident , a toiltfs les actions de la vie, et par coiiséq[iieaf iliixIiieiiH» bres et aux instrument par k^ueb oei actes a^O'*' perent. Ik attachent, de larsorte, Ibtwis-ceaob» jèt9, aux membres de FhoUmiéj à ses actifs «t k :6e8 ouvrages ) aipsi qn^àux nombres^ ans èlres dur règne animal et yégétaL, dès sen» égalemei^ va* ries et modifiés par des détaib infinis. D n^ r point, dît un voyageur j de drctmstance , d^actionj ni mékne d'attitude- qui ne soit sujette à quelque observation superstitieuse. Un nëgre qui se place sur le coin dSm lit oii un homme et une femme auroient dormi la nuit précédente, doit chercher aussitôt dans les mystères du Yuleain du lieu> Ast le forgeron enchanteur par le feu C'), une po' rificatibn accompagnée de cérémonies mystiqueset significatives (*X

Les rapports civds et politiques entre les* ck ioyens , et entre le prince et les sujets, ajoutent aut symboles de la relt^on et de la morale; VM personnes distinguées font des veilles d'armes-, et obtiennent le privit^cexclnsif de souffler dana des cornets de sept petites dents d'âéphant, qui* deviennent la marque distinctive, le symbole de la noblesse. Quand ces. noblea donnent, à man-

(0 Les Éthiopient appellent aussi les fergeronr, sorcier» par le feu , élèTes de l'Enfer. Lndcdf. J. nr. c. 5. *

COIIist.g^n.d«syoyaç., t.iT*p* |6i«i;(}. I77<^5.69^.

DES HIÉROGLïFUES. 43

ger à lears infàoears^ les têtes des boeufs con-» siimcs sont maptnàvÊH^ sur la porte, «n signe de manifioericeet dr Vb&aUté} oommeeyes sont tràcées.diotf lea friset àes teospies de k Grèce et de Borne, en signe dfes- repas offerts aux dieut. Les palais des giânces iiegi^ sont ëgalemettt distuigoéspar derq^nbofe^^t ces princes eax-méii^es portent Sbnr ieaki^ têtes le signe ^Kempire des dieux comme detf rois de Perse et d^Égypte-, des tâtes de lioii»e4rdi'aiitres^anîmam C^>) ottilcp:adop^ tent à Gamisi^ des comes de- Boncy d*aiiitih»pe et de gazelle , les^comes^la^^tbireet dttieonrage, ^déooroîefit les- images dlAkxanAre et<de Pyr* rbtt^, et, selon ^kpièd-^OBS, lés personnes des roîs'jui& (^. A Pappe^, 3s se décorent de bonnets sembliMes à dei^oorbeiBès,coiffi»eS'8Kâ'4qitentes dssu les^nsonttmfins^d^Ég^ptè; à Adfia>, d'un bon» net saniM>tftë d%bie conromie de bois noir odo^ raat j à Bamboue , d'ûnë OMrde roulée aut<liir de k tite, et d'uniaiHS&au dé f^r mck eoii , douMe signe dii pouvoir ^a lé sOuveftitn^'encliâ$nèr letCrime* Mais le port du même ort^on pareil àU bandeau royal et à- celui" des iiiitô^^^) , est considërë k

(0 Diod. Sic. n. 3. etdaûsEoseb. Pr. Et. ii. i. Ammian* MarceUÎQ, I. IQ.

O) Unians, Analecta sacra,. 1. 1. 1. 1. 33. Amos, yi. i3. Dan. Yln. 5. 21. Zachar. l la. a. Paralip. xvni. 10.

(0 Sot nne figare égyptienne dans la collection de l'an* teof , ce bandeau a /'en effet, là fonae d*ane corde. La mèaw

Loango comme vn devoir mystérieux; et ailleurs , oomme le gage de la s&reté des guerriers contre les flëchés-de l'emiemi. Car ces emblèmes varient de sens comme les images de la poésie et-des hié-: rogl^hes f suivant les objets', les personnes et les xnonumens auxquels ils sont applicjués'^ et qui indiquent ces valeurs qu^ils déterminent. II en est de p(iéme de chaque partie de rhabill<ement, des autres attributs de la royauté et dès fétiches du prince transportés sur les images de ses dieux^ pu sur 8e$ employés. Les scepitres des souverains de Mononiotapa, d'Ardra, de Bénin et de la câte de Sierra-Léone , la charrue ou le hoyau avec deux javelines ^0, le fouet , la croix et la hache 9 ont des ^ens différens dans d'autres mains. A la robe jrouge et bleue des princes de Gambra, sont attachées des pièces d'ivoire et de corail ^ des queues d'éléphans ou d'autres bétes , et des sonnettes, Mais des sonnettes sont aussi, attachées aux jambes des avocats , Froëns, portant un masque sur le yisage, des castagnettes aux mains, et sur le corps une casaque variée de diverses plumes d'oiseaux C*);. tandis que les docteurs en droit sont

figure porte' un annean aa cou , et sor la tête y le scarabée feiidie. ' •

CO Ce sont apparemment les attributs qui accompagnent le roi dans son char. PI. i33 , n*^. 3 de Denon.

(0 Hist. gcD. des Voyages , t. ni. 3I7. a38.

DES HIÉROOLYPHES. 45

installés par rinvestitore d'un -bonnet rouge^ Comme les anciens rois de Perse et de France ^9^ celui d'Issiri se distingue par la barbe tressée i AV lieu du fil d'or des premiers ^ par soixante morceaux de la pierre vénérée d'aygris, distribués sur yingt petites boucles de la barbe : tresses et nombres aussi significatifs que la barbe tressée d'Osiris, et que les nombres mystiques de la barbe du petit visage des cabalistes. Il porte, au reste, son féticbe sur la tête • mais il le transmet avec un pouvoir délégué sur celle de son héraut* Ailleurs , de pareils cneurs publics, employés en am-^ bassade , portent poiu* sa.uf» conduit et caducée un bonnet de peau de singe , et en main un faisceau de poils de la queue d'un éléphant. Leur ti^ tre signifie : écoutez. Un grand. officier, placé à côté du trône dans différentes cours, porte tan*tôt un arc à la main , tantôt le nom de l'arc pour titre. Ce sont des. exemples .remarquables du pas^ sage des symboles 'dans les langues , qui le^ conservent pour nos recherches. On en peut citer plusieurs autres. L'antique nom divin indien de Budha , Mani , parole divine et fils de Dieu , créateur du monde , qui est peut-être le titre et non pas le nom du premier roi d'Egypte , Mènes CO ^

CO Saint Gbiysoatôme , Antiquités d*Hërcnianumi t.'ui.

(0 F'oy^z X«nophon , des Équivoques.

4a DE L'ÉTUDE

est ttn «tflîbat dmn et royd à Tibet et k Loaiigo. Dans- k^ dernier pqrs, ce titre de prinee signifie seijgtiettr; et il dësigne en méine. temps les parasols s^ni^irculaires coiofposésde plumes et de cornes f qu'on place au nombre de sept otï huit , et en signe-dliomieur, autour du iioi. On voit de pareils parasols semi<ircttlaires de plumes autour des dieut et dès rois d'Egjrpte , dans des mo* numensdece pays C'^^; et dans Fnnd'eui, on retrouve auffln le nom Mmi ^\ B en est dé même de l'aile^ htpbane royale^ égyptienne, ^i est la elèf ^un caractère eUnois de* makre (^), et dont le nom dongnen et donguo^ en Jàlof et Foulfi est un titre Toyal. De même aussi que ce symbole des honneiU'S des dieux et des rois passe, dans des monumens d'Egypte , sur la tête ^e ceux qui ce» IH>rent lèurs^hnucnges <^> , on voit la plume passer dé là tête-du prince dé Bana sur celle deses chanteurs. Revêtus d'ailleurs du bonnet des nouveaux circoncis , do là ferme d*une tête de boeuf, dëcorê de deux grander cornes et couvert dé grains , ces chantresentonnent les louanges de leur « ntaitre

(0 Benon , pi. i34*

(0 Lettre sur les hi^rof^ypliesy p, 35;

(^) Porphyc dansEnseb. m. xi.

CO Bayer, Rad. yi. iSg.

(0 Voyez j entre antres, le tablean d'onvertare'du pa*-. pyms, publia par M. Cadet, a. Paridip. xyiii. et Ursinns^ 1. I. ■ '

jDES HIÉROOLYraES. 4;

divm^, célèbrent la naîscanee élevée du ae^neur de kmei^ <pii a vaiBCiz tous sef eanemû , Je dét* tructeur de N. N.; pnoBne ne peut imiter lee ouvrages de ses mains ». Ce sont ks propre» ter-^ mes des éloges des rois d'Ëgjiçpte y conservés paf^ les historiens et. par les- monumens* De tellet louanges des priaees sont accom^pagnées , dànt tçmte rA&iqpie et jusqu'au Malabo, de gestes et de cérémoàieS'doat ovsaâue également les rois et les. dieux. Les Mandingos^fléclnsscd^ un genou de» vaut eux, baissent la main jusqp^à terre, et la portent ensuite au sommet de la tête; eu ils âë« vent les deux mains^à^k' hautdor der éjMuiles. Ce sont leé attitudes de k célébration des dieux et des roi», dont le&biéro§^Fyplies sont remplis (0^ L'ancienne communauté de& symboles cpû concernent le ciel et la terré,, est' établie chez- le% nègres. Ils rapportent aux dieux et rang^it au-« tour de l'autel tout, ce qu'ils ont inventé pour l'honneur du trdne , pour l'expression de k puissance et des qualités des rois. Ces princes, de leur c6te, traités en dieux dé leur vivant, et après leur mort comme s'ils vivoient encore , sont logés alors dans despalais qui sont fournis dé toutes les choses nécessaires à k vie. Les prêtres , souvent circoncis , et quelquefois nommés dieiix de là terre, s'approchent de l'autel avec les gestes du cérémo*

CO Foyez aussi Jamblic. de Myster. sect. i> c. ai.

46 DE L'ÈïtJDË

niai de la cont* Qu'ils arrivent seuls, ou qu'ils soient accompagivés , dans les pi'océssions des fêtes religieuses , de guerriers et de musiciens, ib tien" nent le sceptre en main. Ils sont revêtus d'une dftlmatic[ue , ou bien d'une ceinture étroite pour tout vêtement, à la manière ides dévots qu'on voit représentés sur des obélisq[ues. Dans les différentes cérémonies du culte, ils diversifient encore les valeurs des symi)oles et les enrichissent. Au lézard adoré conune dieu , ou considéré dans le foyer domestique comme le dépôt de l'âme d'un «parent décédé, ils attachent un nouveau sens en le déposant dans une cruche d'eau dont ils font des aspersions sur l'assemblée. Il en est de même des autres fétiches. Les particuliers développent également le sens des symboles autour de la table sacrée et publique , oii ils apportent leur offrande de fruits et de gâteaux , accompa- ^ée d'emblèmes des objets de leurs vœux, de manière que lés hiéroglyphes des objets de la prière sont posés sur celui du sacrifice et sur l'autel. C'est une cruche pour la pluie^ l'épée et la jave* line pour la victoire; des os et des arêtes pour la viande et les poissons; pour du vin de palmier , le petit couteau dont on se sert pour faire des incir sions dans cet arbre , et qui désigne la vendange comme la serpe de Gérés représente les moissons.

DES HIÉR0GL1FPHES. .49

comme tout instrumenti ce qui est effectué et ob« tenu par ion moyen.

Telle est la méthode des hiéroglyphes dans lesquels , ainsi que dans des prières , le déborde* ment du INil étoit figuré par trois cruches ('\ Le Nil lui-même , dont la source s*appeloit P&iole (0, est représenté dans le zodia<tue ^^ et dans d'autres monumens, par une cruche , dont le nom, Kali^ est encore conservé au grand canal du Caire (^ , par lequel se répand l'affluence des eaux , qui est aussi figurée par le vase dans la main d'Isis C^>. L'épée désignoit le meurtre et le sanguinaire Ochus; et ainsi du reste de ce tableau^ dont la copie, aussi-bien que celles de toutes ces scènes africaines, formeroit des inscriptions en hiéroglyphes. On retrouve la plupart des symboles des nègres parmi ces caractères dont ils ont saisi l'esprit, et même le premier emploi dans des prières qui forment les codes religieux les plus anciens , et qui , parmi les noirs , sont particulièrement propres à être exprimés par l'écriture symbolique. Leur rituel ordinaire est ainsi conçu : ce Mon DieU| donnea^moi aujourd'hui du ris

CO Horapolloa, i. ai.

(*) SoIinuB y 1. n. I9.

O) TJieoQ ad Arat. Phenom*

(O Les Indiens donnent ce nom k toat le Ki|«

(0 Servi 08 ad AEneid. tui. 636.'

5o DE UÊTUDE

et des ignames } donnez«moi de For et de l'a^grlz ; donnezHoioî des esclaves et des ricbesses; donnez-moi la santé , et accordez- moi d'être prompt et actif, n On voit qu'il peut être rendu par le^ images du fétiche et du suppliant, entre lesquelles seront rangés la figure parlante du don, une main ouverte plusieurs fois répétée; le dessin du soleil sur l'hémisphère du ciel; les vases oii sont ootitenus ordinairement quelques-uns des objets demandés , ou leur imitation ; les liens doilt on charge les esclaves et des coquilles-^nonnoies , ou l'instrument de compte; un serpent, un pot de médecine, ou bien une de ces figures de talis-» man par lesquelles on croit se conserver la santé ; une plume , enfin , ou l'oiseau du vol le plus rapide.

D'autres symboles fignrattfi; et comparatifs peuvent rendre également cette pièce lithurgique. L'imagination , mère de la fable , en pré« sente sur tous les objets, qui ne sont le produit de la réflexion que par comparaison avec d'autres, la nature d'aucun n'étant apprc^ondie; au**' cune qualité n'étant considérée dans l'abstraction , mais dans les êtres oii elle se trouve , et la langue toute hiéroglyphique tle possédant point de terme abstrait pour rien définir autrement. Quand ]es Portugais découvrirent les côtes des Azana* quis , leurs vaisseaux arrivés ont été considérés |

DES HIÉROGLYPHES. 9i

par lesfaabitans, comme de grands oiseaax avec de5 ailes blanches; les vaisseaux à l'ancre , comme des poissons; et ceux qui partoient, comme des esprits vagabonds ('^. Ailleurs , on a pris les navigateurs eux-mêmes pour les dieux de la mer, le mât pour une divinité , puisqu'il fait mouvoir le vaisseau, et la pompe pour un miracle, vu qu'elle fait monter l'eau , dont la propriété est de desoendre C«). Encore de nos jours l'Abyssinien Grégoire , voulant décrire le tourbillon orageux appelé Typhon , a dit qu'il a l'exacte apparence d'im serpetlt prodigieux dont la tiête est à terre, pendant que lé corps s'éreve en replis jusqu'aux nues C^ ; et c'est de même œil que tes -ancêtres , aussi-bien que les Grecs et les Vénitiens', ont con« sidéré ce phénomène , tous lui ayant donné un nom de serpent, sendo , Ilpi^fvp , hissa boa.

C'est ainsi que la langue figurée s^énrichit à chaque instant de nouvelles images toutes propres k l'écriture $ynd)olique , qui , suivant Jàmblique , exprimoit en Egypte le langage des pères des peuples. On a cru en reconnoitre dés essais chez les nègres. Ayant consacré ses élémens avec des valeurs très- étendues, il ne leur reste qu'à les xéunir; et ils en ont senti le besoin, puisqu'ils

CO Hist. géa. des Voyages, t. n. p. agS.

(O/iem, p. 576.

C) Ludolf , I. 5. Gomment, p. loa.

ont eu recours aux cordelettes qui suppléent à cette écriture, pu qui la rendent systématique en la soumettant à ses divisions communes du ciel et de la terre y ou de l'état constitué d'aprës le modèle unique du monde. Nous avons déjà vu des exemples de ces distributions des peuples d'après les mêmes nombres symboliques adoptés des la plus haute antiquité. On peut en ajouter plusieurs autres à' l'orient comme à l'occident de l'Afrique , à Mbnomotapa conune à Juida , divisés , de même que tant d'autres y en vingt'^inq provinces. A Bénin, on ne peut qu'être frappé d'une division de l'année , qu'on diroit fondée sur les vingtp-cinq jours et quatorze heures qu'emploie le soleil pour tourner sur son axe C'> , puisqu'on la divise en quatorze mois de vingt^cmq jours, et en soixante "douze semaines de dnq jours ; ce qui est la double division du corps d'Osîris, le nombre des soixante* douce conjurés qui . partageoient seê membres entre eux, et celui des cinq dieux. Cest peutiétre la plus ancienne année ' d'Egypte, dont la hiérarchie divine, et vraisem^ blablement aussi la constitution politique, sont retracées dans celles dé Bénin : car l'état y est composé de trois ordres , dont le premier est formé de trois grands qui exercent le pouvoir sou-

(0 Son mouvemcat ralenti ajonte actaellemont ^poI<|aei miume» à (De calcul.

veraîn souê le roi; le second est celui des prëpo^* ses sur le troisième , ou le peuple , sur les rues^ sur toutes les affaires , sur toutes les choses qui sont connues de la nation C0«

L'empire de Juida, ou Juda, est propre à donner une idée de l'Egypte toute entière, à IVpoqile de l'origine de ses institutions, ou plutôt du pays éthiopien , d'oU elles ont été transportées en Egypte. On y a remarqué la division de l'état en vingt-cinq districts , avec autant de capitales , et une Vingt-«ixiëme principale , Sabi^ qui , par sa population , répond à toutes les autres , et au vingt-sixième membre d'Osiris ^ représentant tout le corps. Personne n'est oisif dans cette multitude. Les femmes y exercent le commerce ^ et se distinguent par la fabrication d'étoffes et de bière CO. Les vols sont soumis à des règlemens. Les rangs sont distingués par le costume, qui est rouge pour la famille royale , et par la canne des pontifes et des grands (^. Les voyageurs ont reconnu à la cour l'étiquette de celles de l'Orient, et chez le peuple, tout lé cérémonial chinois C4), au milieu d'un mélaiige de simplicité patriarchale

(0 Hist. gen. det Voyages, t. nr. p. 4*9* 0) Herodot. n. 35. 77. Diod. Sic. i. 27.

(') Gen. xxxYtii. 8. Herodot. z. 195. Strabo, myi. p. II 39. it3o.

0) Herodot. II. 80. .

Si DE. L'ÉTUDE

et de luxe européen , joint à cehii des hamac»serpentin^y semblables aux trônes portatifs de$ dieux égyptiens , appelés lits et temples , et re* présentant le ciel ^.0. Ils y ont retfouré la circoncision y la séparation légale des femmes dans leurs- temps périodiques , l'institution de pleureuses publiques. Le pagne de natte , symbole de l'infortune et de la douleur, est le* costume de deuil. Une galerie sert de sépulture aux grands, dont le corps est placé au milieu, et tout autour le bouclier, l'arc, les fiècbes et le sabre du dé» funt, avec ses fétiches et ceux de la famille. Ceux des rois , considérés comm» immortels , sont placés au sommet d'une pyramide de terre qui leur sert de tombeau, et qui recouvre une espèce d^ogdoadey.ou caveau de buit pieds de diamètre, oii Huit de leurs compagnes-, et plusieurs de leurs serviteurs, doivent s'enterrer avec eux. Ces princes sont élevé& loin de la cour, parmi des bergers } mais leur avènement est annoncé comme l'arrivée du soleil d'une nouvelle année, après des jours complémentaires inutiles^ comme celle d'un sauveur restaurateur des lois , de l'ordre et du gouvernement , qui , par un de ces actes symboliques qui remplissent la vie du princç , sont entiè*

(0 Hiit. gen. des Voyages, t. ly. p. 3or. pi. ly. et Denon , pi. 127. n*. 7. Ce sont les petits cieux d'or, xt^** w&parirKtt» dont parlent Athe'oc'e et Hiîsychius.

DES HIÉROGOPHES. 55

rement suspendu» pendant dnq jours après sa mort. I^e successeur prend possession de la couf ronne en recevant du grand sacrificateur héréditaire f k Beli f Femblème de son pouvoir ^ un sabre fort large, tel que le psclient du monument de Rosette. Mais ce pontife et les grands ont le droit de suspendre la cérémonie du couronna ment , précédé de l'homma^ qu'il faut rendre an serpent , comme à la principale des quatre granr des divinités communes de la nation , dont les autres sont l'arbre , la mer et la rivière Eufrates. Quatre animaux^ un bœuf, un cheval , un mouton et une pioule , sont sacrifiés dans l'enceinte du palais , et portés ensuite à la place publique , oii /zeT{/* pains sont placés à coté, et oii le grand sacrificateur élève un étendard haut de neuf pied&, pendant que dix^huit (0 femmes, escortées de quarante guerriers et de quatre tambours , arrirvent en chantant un hymne , et que la principale parmi elles y dépose une statue de terre qui représente un enfant assis. C'étoit , en Egypte , le symbole du lever du soleil , du jour de naissance et de l'avènement du roi C»), A l'investiture que donne le roi d'Ardra par un casque , hiéroglyphe de défi^nseur, des nombres symboliques , particulièrenient trois et quarante , sont observés : de

(0 C'est le nombre des bons anges des Perses. 0) L'inscription de Rosette*

jnéme qu'aux processions qui ont lieu ensuite au palais du serpent. Le roi y fait sou entrée au temple , et pour la seule fois dans sa vie il yott son dieu dans l'appartement secret , oii ordinairement le grand-pré tre seul peut entrer. C'est le serpent distingué en Egypte par la bonté de son nature] , qui lui^ a aussi fait obtenir le culte des nègres de Juida. Suivant la tradition , il s'est r»^ tiré parmi eux depuis plusieurs siècles, en quit-» tant une armée ennemie pour pointer la victoire à celle de Juida , dont le pontife l'élevoit devant le peuple CO. Il obtint des prêtres , des prétresses et des épouses consacrées par sa figure, qui est imprimée sur leur peau. Mais sa nombreuse postérité est exposée à la voracité des cochons , dont là race, souvent proscrite pour cette cause conmie en* nemie des dieux, est enfermée à l'époque oii les blés ont poussé à une certaine hauteur, et oh ces serpens y déposent leurs œufs. C'est une répétition des fables d'Osiris et d'Adonis , des causes qui ont fait du cochon un symbole du mal , et lui ont attiré l'aversion des peuples C^). Le pays est rempli de niches qu'on appelle maisons de dieu, construites pour ces reptiles et pour les idoles symbo-

CO Atkbis croît que ce rccît cache un soaTenir obscur âe Moïse.

(0 Herodot. u. 47*

DES HIÉROGLYPHES. Sj

Uqp.es , modelées en terre grasse , (jui , aillenrs , ont donné naissance à la statuaire ('>.

Semblable à ces dernières, mais fort supérieure en dignité, est l'idole du dieu des conseils, VA" gqjre^ appartenant au culte secret des my^ teres. C'est une figure de terre noire, moitié homme et moitié crapaud. Elle est accroupie sur un piédestal d'argile rouge , et revêtue d'un morceau de drap rouge garni de buis , ou de coquilles qui servent aux comptes , à la divination et en monnoie. Sa tête est couronnée de lézards et de serpens entremêlés de plumes rouges ) et Ton voit sortir au sommet la pointe d'une sagaie , qui traverse un gros lézard au-dessous duquel est un croissant d'argent. Le cou de la figure est entouré d'une bande de drap écarlate , d'oii pendent quatre buis. Devant l'idole , qui est posée sur une table dans la maison du grand-sacrificateur, on a placé trois plats de bois, ou trois calebasses, dont l'une contient quinze ou vingt petites boules de terre servant à l'oracle (^^, qui décide, par^e nombre pair et impair, sur le n:iauvais ou le bon succès d'une entreprise. On voit rassemblés de la sorte les élémens du double système symbolique autour de cette idole entièrement composée dans l'esprit

(0 Praxitèle dan< PJIne, xxxt. I3.

C^) Fr. Pausanias, in Messeniac.; sur roraclc d'Hercule Boraïque ^ et Philostrat. Vit. Apollon., 1. a.

égyptien. Elle réunit des emblèmes empruntés des grands objets de la nature y des êtres vivans d'en-haut et d'ici-bas, des êtres de Tair, delà terre, des eaux et du feu même, puisque la salarmandre est un lézard; des parties d'animaux, ainsi que des membres de l'homme , ses attitudes et un costume; des objets de l'art, des armes, des instrumens, des couleurs, enfin des caractères numériques et d'imagination.

' C'est ainsi que les écrivains anciens et les monumens nous présentent les matériaux des hiéroglyphes. Nous en avons entrevu les origines simples , ou sacrées et merveilleuses , chez ces peuples africains qui sont dans cette enfance de la société cil vivoient leurs premiers inventeurs.

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