HIÉROGLYPHES DES MONUMEISS MIXTES
Recueil de Cqyhis.
iXYANT passé en revue les monumens portatiÊ d'amulettes et de pierres gravées, qui, liant les origines aux usages de nos jours , et l'inconnu à ce qu'on a cru connoître, ont paru propres à servir d'échelons pour remonter au secret de l'antiquité , nous en approcherons de plus près par les nouveaux exemples que le recueil de Caylus offre & nos études. Nous y trouverons les noms divins sous leur première forme artificielle , imitée des idoles vivantes , de tous les objets adorés. Sur leurs copies travaillées en ronde -bosse, on traçoit les noms noi/>'eawx et les volontés des dieux, les principes de la sagesse religieuse et morale. Ces images des Egyptiens et des peuples imitateurs , ou également inspirés par la nature , ont constamment les mêmes valeurs que nous avons reconnues aux mêmes représentations servant de lettres dans les pierres gravées. Aussi les Grecs mêmes ; qui reconnoisffl. I
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soient, dans chaque image égyptienne appelée lettre CO , une science entière et une doctrine CO, ontils considéré comme des noms divins , lettres sa^ crées et idées y leurs propres idoles et statues des dieux C3>, soit portatives, soit colossales. Car la grandeur ou la petitesse des lettres n'y fait rien. On voit que les phis naturelles étoient les grandes en ronde-bosse , et que le colosse assignant encore l'attribut de grand à l'homme qu'il représente , a commencé par exjH*imer cette conlessi<Hi (Dieu est grand ), par laquelle les Orientaux témoignent leur confiance en lui. Cette observation générale BOUS dispensera du détail immense des monuHvens de l'antiquité , moins' expliquée qu'obscurcie par ceux que leurs honorables travaux mêmes ont em.peché d'entrer dans l'esprit des anciens par le sea* timent et l'expérience d'une vie active.
Le premier volume de Caylus porte déjà, à la première planche , N°. i y une de ces lettresde cinq pieds de hauteur, en deux espèce» de pierre. La tête humaine nmre, et des pieds aussi noirs , y sont attachés à un corp informe , ou à une niasse de
CO Lucien.
0*) *Ay«A^ tMnv «Rfi^i» iM< ^f i«. Plodn. Enetd. y. ]. 8. c. 6. et Pluurque , sur l'image d'Harpocrate , ^u'il appelle doetrine.
(0 MaxiransTyrins, Diss. xxxTni. p. 45î. Pollux Anoni . I. u p. 6. 7. Qiiae verè colimus simulacra , statuas , etc. species seu ideas Tocamus, tih,'t^*m*
pierre de (ofrme pyramidale renversée , que Py thagore proposmt pour symbole de la matière. C'est V esprit invisible et caché qui préside à la matière , qui en est le principe , le chef y et qui la met en mouvement par des ressorts aussi invisibles. Cette tête étant en même temps celle d'une vieille femme à l'air masculin , virago , forme avec le terme les noms assignés à ce principe rFantique , la mère , Ischa^ la reine Isis.
N°. 2. Face humaine , ou masqne-^mtdette fréquent sous cette forme , par où l'on voit que ce caractère a été considéré souvent sous un £siux point de vue; qu'il est emprunté de l'Egypte et de cette demi-téie qu'on y adoroit conmie dieu ^ suivant Lucien CO : sans doute parce qu'elle re-^ préseçtoit Ops , ou le nom de l'esprit , de l'âme intellectuelle , dont la face humaine est un symbole C»>.
W*. 3. Phylactère de lion couchant déjà expliqué : Que le Seigneto* te garde; celui qui te garde ne sommeillera point : ou bien , II s'est couché comme un'Kon, qui osera le réveiller? Car nous venons de voir, par l'exemple des obélisques et de ce caractère même dans le scarabée, N°. 24 de Raspe, qu'on prononce avec un symbole toute
<0 Dans Jupiter Tragœdus, xff«A«c qtari/wor* (0 Faciès «[oidem symbolam animae inieliccioalis. Clem. Alex. Strom. v.
une pensée qu'il éveille : ce qui , dans quelques occasions , s'étendoit peut-être à ce résumé de doctrine entière que renfermoient les images.
P. 76 avant les planches. Une petite figure d'or représentant une femme nue qui fléchit le genou, l'âme qui invpque Dieu, rappelle les njrn^ phes éCor que les juifs interrogeoient en Egypte 9 suivant Philon , et qui , invoquées toutes les heures , montroient ce qu'il falloit faire et éviter ^0. C'étoit là réciter ^s heures sur les livres primitifs de colonnes qui forment le corps des prières person^ nifiéès adressées au soleil , dont les images varioient aussi de forme dans chaque division du temps.
P. 2 , N°. I . Image , ou composé des attributs divins du juste et de celui qui sauve (^^ , du sévère et miséricordieux, du magnifique et du fort; ou de pasteur et laboureur, qui sauve et qui nourrit CS)^ qui bénit et qui conserve. Car c'est ce que désignent les sceptres de l'image que Zacharie C4) appelle l'aménité et la mort; et Orphée , les clefs de la douleur et de la joie C^). Elle figure aussi l'ancien et parfait par la barbe; le tout-puissant ,
(0 Wilsias, AEgypiiaca. p. Sg.
(0 Justus et salyans. isaie , xly. 31,
CO Hermès, dcjà çîte',
C^) Ch. XI. 7. Sumtisqne duobns pedls , quorttm aherum amœnitatem , alterum exidam vocabo. La Yulgate traduit , decorem etfimiculum,
(*) 'Ui 9v y«f Kvwn Tf ;t«f3« xki^n •;!:*""• Orph. Hymn. 7a,
le l)on, couronné d'intelligence et de Sagesse, par le bonnet décoré du serpent bon et des pluines qui représentent le gouvernement de J'esprit et des sens, le conseil d'Orphée , dans lequel on a reconnu les couronnes des cabalistes ^*) , l'immuable C*), l'inoLmortel , ou l'éternité triomphante , par les jambes réunies dans une colonne de victoire et de gloire; le Seigneur qui demeure éternellement, par la base sur laquelle elle est posée , et qui est garnie ordinairement d'une bélière et d^me vis pour être attachée à la muraille, d*aprës un usage décrit par la Sagesse ^^^ , auquel le prophète Isaïe fait allusion C4). De même que là couleur foncée de l'image du Créateur difficile à trouver, elle exprime l'attribut , invisible, par le visage d^un nègre, très-distinct dans un exemplaire de notre collection , mais en enseignant également que la divinité se fait voir par-derrière , se fait connoitre par ses œuvres , que représente l'image de la nature ou d'Isis , sur le derrière de la figure (^). Dans l'exemplaire cité , les deux mains soutenues dans une parfaite égaHté , ou sur une même ligne , portent en-
(0 Sanchonîaton , Basnage. t. ii. 9^0.
O) Jamblîc.de Mjster. i. S.tiii. a. Porphyr. de Abstin. 1. a.
0) Cb. xiii. i5. 16.
(*) Ch. XLi. 7.
CO Rom. I. 19. ao. Ezod. xzxni. ao. a3. xx. 3o. On dérive des noms hcbraïques de yisions et signes , de celui de derrière 9 achor.
corc la ceinture de la beauté qui modère la justice par la miséricorde. On voit achevé de la sorte y dans une de ces images égyptiennes embrassant l'ensemble de la sagesse, Foriginal de la figure d'homme sur laquelle les cabalistes distribuent cpielquefois les dix séphiroth comprenant toutes les connoissances divines et humaines , qu'ik font dériver du nom de Jehovah , ou Jao exprimé par les sceptres et le bonnet de la figure égyptienne,, attributs d'Isis , Arouer et Osiris. J. a. o. Une seule figure pareille fait comprendre la plupart des expressions bizarres , mais symboliques , des plus anciens de ces docteurs juifs , et l'étrange malentendu auquel elles ont donné lieu parmi leurs successeurs qui ont perdu la tradition. Elle fait connoitre le grand visage ou figure qui a une ^arbe si merveilleuse ; la petite figure qui a des bras nonunés sévérité et bénignité^ la couronne avec les deux autres séphiroth supérieurs qui lui sont associés dans la figure cabalistique comme dans l'égyptienne 5 la distribution des autres ; le nrjrstere de la colonne et du canal par lequel Dieu influe dans le ciel de Mercure , etc. On y reconnoit le modèle qui a fait assigner le derrière à Malcuth, ouïe royaxunequi est le monde de fabrique , le derrière/ de Dieu, la reine du ciel. C'est la même source ou les cabalisfes arabes ont puisé leurs images talismaniques , portant à la tête les noms de Dieu, Jah et £1, et
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sur les deux mains ceux du miséricordieux, du juste , et oii Pytbagore a puise l'idéal de ces images conformes aux principet du culte orphique , mais nullement liées à la figure humaine , par lesquelles il noLontroit les qualités des dieux contenant tout , ^et semblables à l'univers , tant par leur nature que par leur figure. A en juger d*aprè% les différences ks plus essentielles des images par lesquelles on communiquoit au peuple d'Egypte les lumières nécessaires sur les attributs de Dieu, il parent qu'il en a fallu plusieurs pour achever son instruction j et nous en verrons une qui est chargée des premières clefs de l'écriture. Il se peut qu'on les ait appelées Teraphim et Urim , d'après ces lumières , ou Or, le dieu de la lumière , et en même temps le monde, que représentent ces mantfestatiotis , qui , dans l'inscription de Rosette, expriment ce mot par lequel les septante rendent les noms, Urim et Thumim , Teraphim.
N^. 2. Amulette portant sur la base le nom encadré, sol propugnaculwn Deus, entre lequel , et une ligne droite, caractère du Seigneur, un bœuf est assis sur son derrière. Sans tête en apparence, et comme dans plusieurs exemples , il lève , en acte d'invocation, son pied /endu de devant, désignant cebii qui craint Dieu ^0. Le nom du Seigneur sur^
<0 Qui biibct fissaxB angulam timens Dominnm. Bamabas dans Clem. Alex. Strom. y. p. 117.
montant le crocodile ; son adorateur, qui s'est mis à sa hauteur, surmonte de même ce symbole du mal , mais de côté pour s'en éloigner. C'est tout à la fois , Prov. m. 8 : Craignez Dieu et éloignezvous du mal 5 et 2. Tim. ii. 192 Tous ceux qui invoquent le nom de Dieu s'éloignent de l'iniquité ^0. Le bœuf désignant le monde , comme le bouc et le chien , partage aussi avec eux la valeur de tous. Nous verrons encore d'autres exemples de ces paroles du sceau de la base de Dieu , ou du scarabée que portoit l'initié pour se rappeler la base de la philosophie religieuse écartant le mal , afin d'établir le bien , et avec l'espoir de refleurir conmie une fleur, comme la feuille verte parmi lés saints immortels. Car ce vœu est exprimé, sur le haut du cachet , par une croix parfaite ou carrée, composée de feuilles en forme de fleur, et croisée par une autre croix grecque , dont les extrémités portent le soleil et la lune.
N**. 3. L'hippopotame qui désigne Typhon, et jsuivant Horapollon, 1. 11. c. 20, l'heure, apparenunent parce que Typhon coupa Osiris , le ciel et le temps, en parties, en heures. Puisqu'il se met en marche , et que , d'après des autorités déjà citées, il désigne l'époque du printemps, oii la destruction du monde aura lieu , il a pu faire souve-
(0 Voyez aussi Job. xxyin. a8. ProY. i. 7« «• ïo. Eccles. I. 16.
xiir de l'heure qui viendra, du jugement der* nier.
PL m, N°. I, 2. Nom du Tout- Puissant, le juste , etc. , exprimé par une image dont le triple fouet , ou discipline à manche de corde , est distio* gué par trois fois trois pyramides, exprimant les œuvres de justice de Dieu. Elle présente par-là ridée des quipus égyptiens chargés des signes dé l'univers , de toute chose. Car ces cordelettes sont aussi triples dans l'inscription de Rosette , et le nom<bre neuf leur a été consacré partout.
N°. 3. Vœu et sauts de joie , ou actions de grâces pour le passage de l'âme à l'autre vie , oii la scène des barques , à la fêle de Bubaste , est remarquable par le bonnet des danseurs, tel que le portent encore les bouffons des fêtes publiques et p^rticu^ lières du Levant. L'eau est désignée par des oiseaux et des plantes aquatiques.
. . PL IV, N°. 1 , 2. La mère nourricière d'Orus nouveau-né , et dont la tête , couverte de la poule de Pharaon , soutient la masse du monde sublunaire : Neith la miséricordieuse , ou l'esprit de miséricorde qui couve et soutient la nature, en nourrissant , comme une tendre mère , le monde nouveau , l'objet de l'espoir de se& adorateurs.
PL VI , N°. I . Figure d'hymne personnifié. Elle est distinguée de celles des prières par la beauté idéale de son visage agréable: terme qui , en trope
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oriental , distingue un hymne ^0 , ainsi qu^nne classe de prières dans le rituel parse CO, et une autre des psaumes de David C^, dont les dix modes de musique et l'onzième surnuméraire fixent , si je ne me tron^ , le nombre des réceptacles des pièces liturgiques égyptiennes inscrites sur des symboles et figures d'attitudes diverses. Les langes de nouveau-né de celle-ci , ou ces habits sacrés qui, suivant un Père de.l'Église etPlutarque, signifient écriture, paroles des dieux ^4), et qui le plus souvent en sont couverts, en effet, ne présentent îcî que des lignes vides , pour figurer la louange qui se fait par le silence. Avec la charrue, symbole des peines de l'adorant , ou bien du Créateur, au nom de qui se fait la prière, elle porte un instrument inconnu , mais qu'on retrouve exactement tel dans les mains d'une idole indienne de Yischnou , dans sa septième incarnation , sous le nom de Balapu» tren. Les grandes figures de cette espèce , d'une coudée et plus de hauteur, peuvent être comparées aux grands Koschnoumen parses , contenant les attributs principaux de la Divinité , à laquelle
(0 Islahhi Gtdatati Meschhonré y ou , rectification dei mots valgaires cocrompus.
05 Le grand et petit Kkon^nownan p qui p1aU> fû, se montre sous une apparence agréable,
(f) Nejrm , le second mode de musique.
0) prestes sacrœ scrippirœ sunt. et Plut, de Is. et Os. , sur l'habit isiaqne des morts.
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ils sont adressés , et ajoutant à chacun : Je vous fais isechné humble soumission : ce que représentent les nombreuses figures d'hommes qui , dans les inscriptions de ces images , plient le genou en le* vant une main , et touchant la terre de l'autre. Les petits Koschnoumen, comparables aux images moindres k petites inscriptions , ne portent cette formule qu'à la fin de la liste des attributs. Les images de la grande espèce en pierre ^ure sont peut^tre.des j^èZe^ déposés dans les tombeaux des roisj car ces images , appuyées le plus souvent sur des colonnes plates ou tables , et destinées à rester debout conune les termes , colonnes d'Hermès dont eUes offrent la forme, en ont aussi dd porter le nom , et celui de colonnes animées et parlantes : expressions dont leur tête , leurs membres humains et leurs inscriptions , semblent expliquer le mystère. Aussi fait-on déiûver avec raison de nés, nour^ nahas , lumière, avertissement , et ensuite de me^ rias f colonne, le nommaniros [manir^ d'un chant ^0 • d'un disciple des muses , inventeur de YagricuUure et de la musique (*); d'un personnage de la fable d'Osiris; de son image^olonne de la hauteur d'une coudée, qu'on portoit dans les fes-
CO K«x89f /i r« $fff«4i A2yv«rriM Vf Xm^i^ fM? Mcv^v* Pau* sanias. Threnodia AEgyptiis Maneros , Grsecis Linos dicta. Suidas.
CO Julini PoUoz Onomastic. 1. 4' c. 7. % a.
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tins^O • du cantique particulier enfin recite' à cette occasion, et probablement écrit sur l'image W. Ces circonstances et le nom , minaret , de la colonne d'où les mahométans appellent à la prière , viennent à l'appui de ce que nous avançons au sujet de ces images-colonnes ^^^ , appelant à réciter les prières dont elles sont chargées , lesquelles portent le nom hébraïque d'un visage ou face , commun au côté duquel on écrit ^^^ , aux figures cabalistiques, à toute figure, et probablement à ces Théraphim que les Septante traduisent quelquefois , parlantes , et cénotaphes lorsqu'il s'agit d'habits formant l'apparence d'un homme couché C^\ Le philosophe Salluste, traçant en quelque sorte le plan du s^'stème symbolique , y accorde aussi aux prières considérées conune symboles ou images , la place distinguée qui leur appartient. Selon lui , les temples représentent le ciel; les autels, la terre; les statues, la vie; les /;n ère j , l'intellectuel [tout conmie le visage]; les caractères intellec-
(0 CVst la coudée da caractère chinois, de laquelle dcriy« celui de cadavre. Bayer, m. 3io. 34i.
(0 De Is. et Os.
(0 *^rJ^{iarTf« ruASi. Uhomme et colonne , la Divinitt^ que le manichéen Agapius adoroitdans l'air. Photius, cod. 169. p. 4o5.
(^) Schindier, Lezicon, p. i455. Ezech. 11. IQ. Geo.