SCÈNE VI
Les Mêmes, OLIVIER. (Il entre d’abord précipitamment par la gauche ; puis, voyant que personne no vient h sa rencontre cl que Julio s’esquive, il s’arrête.)
OLIVIER, étonné, h lui-même.
Mais c’est Julio!... Julio icil et il sort au lieu de courir à
moil... Quel froid accueill qu’ont-ils donc?... (Haut) Mes voyages m’ont donc bien changé que personne ici ne semble me reconnaître ?
MADAME SIMONET, assise sur le canapé à droite.
Vous VOUS trompez, monsieur, nous vous reconnaissons !
• SIMONET
A merveillel (Loi offrant un siège ) Donnez-vous donc la peine de vous asseoir ?
' MADAME SIMONET
Vous venez de faire de lointains voyages, monsieur?
OLIVIER
Oui, madame, je suis en France seulement depuis quelques jours.
ARISTIDE
Et vous avez voulu faire connaissance avec les eaux de Vichy?
OLIVIER
Oh! ce ne sont pas les eaux de Vichy qui m’ont conduit ici, mon cher Aristide... (Sur un geste d’Arïstide.) Excusez-moi si je vous parle d’une façon si amicale ; mais je n’ai pas oublié que je vous ai connu, à peine grand comme cela, (il fait un geste.)
ARISTIDE
AhI vraiment I grand comme cela... J’ai grandi depuis.
OLIVIER
Et vous avez vieilli, à ce que je vois; mais laissons ces souvenirs. Je m’aperçois que je suis doué d’un peu trop de mémoire. Je vous demande aussi pardon de l’émotion involontaire que j’ai laissé paraître en eniratit ici; mais j’arrive de contrées... sauvages, où, lorsqu’on retrouve un ami, même au bout de plusieurs année.s, on s’élance à sa rencontre et on lui fait fête. J’avais oublié les habitudes plus... réservées de mon pays. De là mon étonnement. Il a disparu.
SIMONET, bas k Aristide.
Que voulait-il donc? je ne puis cependant pas comme chez les sauvages, ses amis, lui offrir ma maison .. et toutes ses dépendances.
- ARISTIDE
Tu lui as offert un fauteuil, c’est beaucoup de ta part, (a droite : Aristide snr le canapé ; Simonet, as>is k droite do guéridon ; k gauche : Olirier, eosnite madame Simonet, pnis Suzanne.)
OLIVIER, s'adressant k Simonet.
Je suis chargé par votre frère, monsieur, d’une iViission dont je vais m’acquitter tout de suite si vous le permettez.