‹ Les indifférentsChapitre 37 sur 88 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LAURE

Non, mon mari atteint de la maladie dont il devait bientôt mourir, me ramena précipitamment en P' rance, (ils continuent à causer k voix basse.)

SAINT-CLAIR, i Aristide.

Mon cher, vous avez une déveine effrayante, arrêtez-vous. (Lospinois passe à l’extrême droite.)

ARISTIDE

M’arrêter 1 lorsque je j erds une somme aussi forte, c’est impossible! Continuons.

Vous feriez mieux de suivre les conseils de ces messieurs, vous n’avez plus votre sang-froid.

ARISTIDE

Je n’ai plus mon sang-froid!... Je n’ai plus mon sang-froid j nous allons bien voir.

OLIVIER

Vous jouez?

ARISTIDE

Oui.

OLIVIER

Alors je marque deux points.

ARISTIDE

Mais vous avez donc ensorcelé les cartes?

OLIVIER

Je le crois, car j’ai encore gagné. (Abattant son jeu.) Voyez! le roi et la vole, (it so lève et passe Si 1,'aucho.)

• ARISTIDE

Quoi, VOUS ne jouez plus?

OLIVIER

N’est-ce pas la cinquième et dernière partie ?

ARISTIDE, se levant.

Je perds une somme considérable... Vous ne pouvez pas me refuser ma revanche.

Dites au contraire, que je ne puis pas vous l’accorder.

ARISTIDE

Pourquoi ?

OLIVIER

Après avoir aussi longtemps gagné, j’arriverais inévitable-

ment à perdre ; c’est un service que vous ne pouvez penser à me demander et que je ne dois pas vous rendre.

LESPINOIS.

Évidemment I le règlement s’y oppose.

OLIVIEB, à Aristide.

N’éteS'VOus pas du reste, mon cher, insensible è la perte et au gain? (Loi prenant le bras.) Allons, faites avec moi un tour dans le salon de danse.

ARISTIDE, sVloijmant an bras d'Olivier.

Comment ai-je pu perdre tant d’argent, moi qui n'ai pas la passion du jeu ?

OLIVIER

Vous avez de l’amour-propre; cela suffit pour se ruiner, (ils sortent par le fond )

SAINT-CLAIR, à Leepinois.

Est-ce que vous êtes affiigé de la perte que vient de faire

LESPINOIS.

Moi! cela m’est bien égal! pourquoi a-t-il joué? Esl-ce que vous le plaignez, vous ?

SAINT-CLAIR

Ma foi, non... c’est cependant notre ami.

LESPINOIS.

Ah! mon cher, si nous devions nous émouvoir pour toutes les contrariétés ou les peines qui arrivent à nos amis... autant vaudrait ne pas avoir d'ami.s.

SAINT-CLAIR

Évidemment!

LESPINOIS.

Allons danser avec la petite Simonet... hein! le voulez-vous?

SAINT-CLAIR

Je ne sais pas si j’oserai... Je suis en famille.

LESPINOIS, lui prenant le bras.

Bah! un peu de courage, (ils sortent par le fond.)

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