ACTE DEUXIÈME
SUZANNE
C'est mal, cela ?
OLIVIER
Cela vous fait remarquer, et une jeune fille ne doit jamais se faire remarquer.
SUZANNE
Et puis ?
OLIVIER
Vous avez un petit ton bref qui ne convient pas à une jeune personne ; vous causez de toutes choses, vous lisez tout ce qui vous tombe sous la main, et vous donnez votre opinion sur ce que vous avez lu. Enfin, on vous donnerait quelquefois de vin”t-cinq à vingt huit ans et vous n’en avez que dix-huit.
Mais personne ne m’a jamais fait ces observations-là.
OLIVIER
Je le sais bien.
SUZANNE
Est-ce donc à cela qu’il faut attribuer la froideur qu’on me témoigne ?
OLIVIER
Un peu à cela et beaucoup à autre chose.
SUZANNE
A quoi?
OLIVIER
C’est mon secret.
SUZANNE
Vous vous occupez donc de moi ? ,
OLIVIER
En doutez-vous ?
SUZANNE
Quand je vous ai vu vous faire recevoir de ce cercle, où, . d après mon frère, on se lait gloire de renier l’amilic, j’ai cru que vous m’aviez abandonnée. (Lui tendant la main.) Me pardonnez-vous?
OLIVIER
Volontiers.
Merci I marntenanlje ne veux pas retourner dans ces salons, et je ne puis rester ici. Je vais lâcher d’obtenir que mon père me recouduise chez moi.
OLIVIER
Non, allendez; il dort si liien. El puis... (reKardaoi Saini-cUir ei Lespioois qui euireni par le foud) il fiiul absolument que je sache... Mais vous aurez {>eutr^lre une épreuve pénible à subir.
SUZA^NE.
Une épreuve ?
OLIVIER
Oui, une épreuve qui, du reste, doit m’éclairer.
SUZANNE
Eh bien, j’aurai du courage, vous êtes près de moi.