LESPINOIS, SAINT-CLAIR, OLIVIER, JULIO
OLIVIER
Une personne que j’ai beaucoup aimée, dont j’appréciais le cœur généreux et les idées saines, et qui, dans votre société, messieurs, s’est Iristcmeiit comunpue, rencontra un jour mademoiselle Simonet, se dit qu'elle lui convenait pour femme et se promit de l’épouser. Il aurait dû alors se présenter à la famille, lui faire certaines conüdences sur si position passée, vaincre certains scrupules, et courir la chance d’ôtre ou de n’élre pas agréé; mais il préféra ajourner sa demande et mettre la famille Simonet dans l'impossibilité de la repousser.
JULIO
Est ce bien utile ce que vous racontez là?
OLIVIER
Très-Utile. Celui, dont je vous entretiens put d’abord constater que mademoiselle Simonet prêtait aux médisances, non par .sa conduite, qui est irréprochable, mais par certaines toilettes qui ne .sont pas de son âge, certaines façons dont, par insouciance, aucun des siens n’a jamais songé à la blâmer. Alors, il étudia l’entourage de la jeune fiHe en question. Que Irouva-t-il ? Une cousine que trop d’imagination empêche de voir ce qui se passe autour d’elle; un frère, un père tout entiers à leurs plaisirs et ignorants des devoirs qu'impose la l'a. mile ; une mère, respeclablo et pieuse, je.le reconnais, mais oublieuse de la piété la plus agréaole à Dieu : la piété maternelle! Enfin, messieurs, des indillérents de toute espèce, vous les connaissez.
LESPINOIS, bas à SaiDl-Clair.
Nous sommes sur la sellette.
OLIVIER
Et alors, persuadé qu’aucun parent, qu’aucun ami, que personne enfin ne se lèverait pour le confondre, il a habilement profité de la position qui lui était faite; il a exploité avec adresse tant d’insensibilité et d’indifférence; il a enfin compromis celle qu’il voulait épouser, et dont, croit-il, on ne peut plus lui refuser la main... Eh bien, non! mille fois nonl il ne sera pas dit que l’intrigue triomphera là où la franchise aurait succombé. Ce mariage ne se fera pas, je le jurel
JULIO, s’avançant.
Qui l’empêchera?