‹ Les indifférentsChapitre 47 sur 88 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

OLIVIER

El CO sérail de mauvais goùl, n’e.sl-ce pas? L’indignalion, l’emporlemenl, la colère sonl exclus de vos salons ? 11 faut rester froid et impassible devant toutes les perfidies qui s’y commettent.

Mais, mon cher monsieur...

OLIVIER

Oui, je le comprends, vous êtes étonnés. Je vous laisse croire que je n’ai pas de cœur, et je me permets d’en avoir. Eh! messieurs, si j’en avais montré tout d'abord, vous m’auriez traité en étranger, en paria ; je ne saurais pas ce que j’avais intérêt à savoir. Ah I vous avez cru que je m honorais sérieuseme''t d’être l’ami de gens dont l'unique orgueil est d’être indifférent à tomes chose. Vous avez pu penser que je vous ressemblais !... Indifférent ! moi! Oui, je le suis au danger que l’on court en vous disant vos vérités, en flétrissant votre conduite, et en vous criant d’une voix indignée qu’il est infâme d’avoir soustrait à une jeune fille, ainsi que vous l’avez fait, ou que vous l’avez laissé faire, ce qu’elle a de plus précieux au monde : sa réputation.

LESPINOIS.

Eh 1 monsieur, avant de nous parler de la sorte, et de vous faire le champion de mademoiselle Simonel, sachez au moins si on l’a calomniée.

OLIVIER

Qui VOUS parle de calomnie? Ce sont nos ennemis qui se chargent du soin de nous calomnier. Mais vous, messieurs, vous n’étes les ennemis de personne. Pour calomnier, il faut inventer^ chercher, ti-ouver, répandre, suivre pas à pas la boule de neige qui grossit en roulant, et l’empéch< r de fondre. Vous êtes incapables de vous donner tant de mal, je le sais. Vous vous contentez, tout en vous promenant, eu vous jouant, rie recueillir quelques r emarques désobligeantes, de ternir les intentions les plus pures; vous avez surtout soin de tout laisser dire et de ne jamais vous récrier ; et c’est ainsi que vous vous rendez aujourd’hui, sans vous en douter, complices d’une coupable intrigue. (Julio entre par la droite.)

SAINT-CLAIR

Quelle intrigue ?

OI.IVIER.

Je vais vous la faire connaître, (a Julio.) Entrez donc, mon cher, VOUS n’êtes pas de trop, vous pouvez entendre ce que j’ai à dire à ces messieurs.

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