‹ Les indifférentsChapitre 55 sur 88 · OLIVIER, SUZANNE · texte numérisé non relu

OLIVIER, SUZANNE

SUZANNE, entrant p^r ta droite.

Enfin, je vous trouve seul! je vous guettais depuis un instant. Prenez vite ces fleurs; je les ai cueillies pour celui qui, seul ici, s’occupe de la pauvre tille délaissée. Vous déjeunez en garçon avec mon père?

OLIVIER

Oui, je me suis fait inviter, j’ai à lui parler.

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SUZANNE

Le déjeuner sera très-bon; c’est moi qui ai fait le menu à votre intention. A propos, vous ne me dites rien de ma robe, elle est simple celle-là, j’espère ; vous ne me gronderez plus. Et mes cheveux ? est-ce cpie je me ceilFe toujours comme une dame? n’ai-je pas l’air d’une jeune fille? Quant à mes manières, je m’étudie à devenir grave, posée, recueillie, j’aurai l’air d’une petite sainte, vous venez, vous verrez! Je ne me ferai plus remarquer, je suivrai tous vos conseils, tous! Déjà je ne parle plus tant, vous devez vous en apercevoir.

OLIVIER, riaot.

Surtout en ce moment I

SUZANNE

Oh! c’est une raillerie qui ne m’atteint pas! Vous êtes une exception, vous; avec vous je puis me raltrapper en m’en donner à cœur joie. *

OLIVIEH.

C’est juste, je vous demande pardon !

SUZANNE

Vous êtes pardonné! Mais, mon Dieu ! comme vous avez l’air embarrassé, parce que vous le: ez trois ou quatre fleurs dans la main; donnez-les-moi, je vais les placer sur la table, cela égayera le déjeuner... Voici ma mère, allez la saluer au lieu de me regarder; il faut vous dire comme à moi tout ce que vous avez à faire. (Elle range les fleurs et les met sur la table.)

SCÉxNE IV

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