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ACTE TROISIÈME

ARISTIDE

Eh bien, tu ne dis rien ?

SIMONET

J’attends que lu t’approches.

ARISTIDE

Mais je suis très-bien ici.

SIMONET, à part.

Il ii’esl pas très-respectueux, mon fils... et il est d’un sansgêne en ma présence. (Haut.) Aristide, est-ce que tu ne pourrais pas avoir une tenue plus convenable?

ARISTIDE, se soulevant ti moitié.

Une tenue plus convenable I... Qu’entends-tu par là? qu’as-tu ?

SI.MONET

J’ai... j’ai... que tes façons d’être me blessent.

ARISTIDE

Elles ne sont pas nouvelles, cependant ; tu aurais dû les remarquer plus tôt.

J’ai mes rai.-ons pour les rem.arquer aujourd’liui... Je le dis avec resret : tu n’as pas \is-ù-vis do moi l’attitude d’un fils.

(Il s’assied à droite.)

ARI.STIDE.

Alors, tu veux que je te traite en père... soit! mais je te ferai observer que c’est toi qui m’as déclaré ne pas tenir à toutes ces marques de respect ; lu m’as dit qu’il ne devait exister entre nous que des rappons de bonne camaraderie. Tu changes d avis 1 A merveille! je vais essayer de perdre mes anciennes habitudes.

SIMONET

A la bonne heure !

ARISTIDE, s'a.sï^eyant près de son père.

Celte nouvelle altitude le convient sans doute? Bien ! je n’en aurai plus d’autre.

SIMONET, après s’être recueilli.

Si tu apprenais tout à coup que je suis ruiné, que dirais-tu?

ARISTIDE

Comment ! ce que je dirais ! Est-ce que nous sommes ruinés ?

SIMONET

Admets que nous le soyons.

ARISTIDE

Mais non, je ue~venx pas l’admettre.

SIVONET.

Mais si... m^is si. cela me fera plaisir.

ARISTIDE

Allons, soit!

SIMONET

Eh bien, que dirais-tu ?

ARISTIDE

Je dirais... je dirais que tu as mal placé les fonds.

SIMONET

Et ensuite?

ARISTIDE

J’ajouterais que tu aurais dû avoir confiance dans la prosjiérité de ton pays, et que tu as commis une grande imprudence en meltani, comme tu l’as fait, toute ta fortune à l’étranger.

SIMONET

Oui, tu as raison. Je l’ai fait ! je suis ruiné, nous sommes ruinés. Eh bien ?

ARISTIDE

Eh bien ?

Travaillerais tu pour me faire vivre ?

ARISTIDE

Nous ne sommes pas ruinés, n’est-ce pas ?

SIMONE-

Réponds toujours, travaillerais-tu ?

ARISTIDE

A quoi veux-tu que je travaille ? lu ne l’es jamais occupé de mon éducation, et, livré à mes penchants naturels, j’ai fait de très-mauvaises études. A <|uoi m’emploierais- je ? je ne puis cependant pas labourer la terrre.

SIMONET

Cependant, si tu m’aimais ?

ARISTIDE

^ Je t’aime! je t’aime! mais cela ne me donne 'pas une profession.

SIMONET

Enfin tu ne travaillerais pas pour me faire vivre ?

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