ACTE TROISIÈME
' ARISTIDE
Je n’üi pas dit cela... mais je le demanderais les moyens de travailler.
SIMONET
Bien! je suis lixé sur ce point. (ll se lève et passe à gauche.) Occupons nous maintenant de quelc(ue chose de plus sérieux : il s’agit de ta sœur.
ARISTIDE
De ma sœur.
SIHONET.
On vient de me faire une triste confidence.
ARISTIDE
Quelle confidence ?
SIMONET
Suzanne a été dangereusement compromise.
ARISTIDE, se levant Tivemeol.
Compromise I... ma sœur compromise!...
SIMONET
Bienl j’aime ce mouvement; écoute-moi.
ARISTIDE
Je ne demande pas mieux.
SIMONET
Admets que je songe à pnivoquer la personne qui a osé coinpromellre ta sœur.
ARISTIDE
Toi?
Oui, moi!
ARISTIDE
Tüil te battre en duel?
ARISTIDE
Mais je ne sais pas, moi; jo ferai... des efforts pour te faire changer d’avis. ,
SIMONET
Admets que ces efforts n’aient pa< réussi et que je sois décidé à me battre, quelle sera la conduite?
ARISTIDE
Ma conduite!... mais je ne comprends pas ce que tu veux dire!
SIMONET
Quoi! ton cœur ne te dicb^-'ait-il pas dans un cas semblable ce que tu devrais faire ?
ARISTIDE
Mon cœur? de quel mot nouveau le sers-tu là?
SIMONET, impatienté.
J’admets qu’il soit nouveau dans ma bouche; mais la question n’est pas là ; l’idée te viendrait- elle de te battre à ma place ?
ARISTIDE
Me battre à ta place ; me battre! mais tu n’y songes pas. Ne me ré()ètps-tu pas sans cesse que le duel est une stupidité, une monstruosité! qu’il faut être fou pour se battre; que rien au monde, rien au monde, entends-tu bien, ne vaut la peine qu’on risque sa vie dans une rencontre? J’ai écouté tes préceple^s, moi, j’en suis imbu ! Il ne peut pas me venir à la pensée comme cela, de moi-méme, tout à coup, de saisir une é[^eetde courir en champ clos.
SIMONET
Oui, je le vois, tu manques d’enthousiasme!
ARISTIDE
Bon! de l’enthousiasme maintenant! Mais tu as donc juré de bouleverser toutes mes idées! Respect, cœur, enthousiasme! tu ne me fais grâce d'aucun des mots qui devraient, disais-lu, être rayés de la langue française. Est-ce une épreuve?... voyons, est-ce une épreuve?
SIMONET
Oui, c’était une épreuve... (Sonpir»m.) Mais elle ne m’a pas réussi !
ARISTIDE
Au contraire, puisque tu as pu reconnaître que j’avais prq-« fité de tes leçons.