‹ Les indifférentsChapitre 72 sur 88 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

' ARISTIDE

Je n’üi pas dit cela... mais je le demanderais les moyens de travailler.

SIMONET

Bien! je suis lixé sur ce point. (ll se lève et passe à gauche.) Occupons nous maintenant de quelc(ue chose de plus sérieux : il s’agit de ta sœur.

ARISTIDE

De ma sœur.

SIHONET.

On vient de me faire une triste confidence.

ARISTIDE

Quelle confidence ?

SIMONET

Suzanne a été dangereusement compromise.

ARISTIDE, se levant Tivemeol.

Compromise I... ma sœur compromise!...

SIMONET

Bienl j’aime ce mouvement; écoute-moi.

ARISTIDE

Je ne demande pas mieux.

SIMONET

Admets que je songe à pnivoquer la personne qui a osé coinpromellre ta sœur.

ARISTIDE

Toi?

Oui, moi!

ARISTIDE

Tüil te battre en duel?

ARISTIDE

Mais je ne sais pas, moi; jo ferai... des efforts pour te faire changer d’avis. ,

SIMONET

Admets que ces efforts n’aient pa< réussi et que je sois décidé à me battre, quelle sera la conduite?

ARISTIDE

Ma conduite!... mais je ne comprends pas ce que tu veux dire!

SIMONET

Quoi! ton cœur ne te dicb^-'ait-il pas dans un cas semblable ce que tu devrais faire ?

ARISTIDE

Mon cœur? de quel mot nouveau le sers-tu là?

SIMONET, impatienté.

J’admets qu’il soit nouveau dans ma bouche; mais la question n’est pas là ; l’idée te viendrait- elle de te battre à ma place ?

ARISTIDE

Me battre à ta place ; me battre! mais tu n’y songes pas. Ne me ré()ètps-tu pas sans cesse que le duel est une stupidité, une monstruosité! qu’il faut être fou pour se battre; que rien au monde, rien au monde, entends-tu bien, ne vaut la peine qu’on risque sa vie dans une rencontre? J’ai écouté tes préceple^s, moi, j’en suis imbu ! Il ne peut pas me venir à la pensée comme cela, de moi-méme, tout à coup, de saisir une é[^eetde courir en champ clos.

SIMONET

Oui, je le vois, tu manques d’enthousiasme!

ARISTIDE

Bon! de l’enthousiasme maintenant! Mais tu as donc juré de bouleverser toutes mes idées! Respect, cœur, enthousiasme! tu ne me fais grâce d'aucun des mots qui devraient, disais-lu, être rayés de la langue française. Est-ce une épreuve?... voyons, est-ce une épreuve?

SIMONET

Oui, c’était une épreuve... (Sonpir»m.) Mais elle ne m’a pas réussi !

ARISTIDE

Au contraire, puisque tu as pu reconnaître que j’avais prq-« fité de tes leçons.

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