‹ Les indiscrétions de l'histoire (volume 2)Chapitre 16 sur 59 · IL · texte numérisé non relu

IL

Sa : j LES INDISCRÉTIONS DE L’HISTOIRE

En désespoir de cause, on fit appel aux empiriques : le prieur de Cabrières, « homme très charitable, à recettes et à remèdés singuliers », — ainsi, nous le présente Saint-Simon — « en qui M. de Louvois, M"° de Montespan, M”° de Maïntenon, tous les ministres et le Roi lui-même avaient une absolue confiance », fut prié de se rendre à Maubuisson, pour y traiter M'* de Fontanges d’une grande perte de sang.

Une première fois, il réussit à remettre sur pied la malade, qui se montrait, peu de jours après, à Saint-Germain, avec toutes les apparences d’un retour à la santé (1).

Ce rétablissement devait être passager. Le mois suivant M°*° de Fontanges reprenait le lit et: était incapable de prendre part au voyage de Flandre qui se préparait.

Quelques mois plus tard, la duchesse de Fontanges — le Roi l'avait gratifiée de ce titre, comme il l'avait fait pour la Vallière, lui donnant, en outre, une pension mensuelle de cent mille écus — la duchese de Fontanges accouchait.

Les couches allaient avoir les suites les plus fêcheuses. Des pertes accompagnèrent la délivrance et la vie de la favorite fut sérieusement menacée,

Voyant son état s'aggraver, on lui fit entendre qu'elle

devait quitter la Cour. Cédant à ces instances, elle se:

retira à l'abbaye de Chelles, où elle séjourna peu de temps. | C’est en sortant de l’abbaye qu’elle fut accueillie dans

(1) Lettre de Bussy, 2 mai 1680.

un couvent du faubourg Saint-Jacques, où les soins les plus empressés lui furent inutilement prodigués : la duchesse succombait, n'ayant pas encore vingt ans, le 28 juin (1) 1687.

L'enfant débile qu’elle avait mis au monde ne devait pas tarder à la suivre dans la tombe (2).

Cette mort précipitée ne pouvait manquer d’éveiller les soupçons : l'opinion fut générale en faveur de l’empoisonnement.

(r) L’érudit biographe Jar a découvert, dans les registres mortuaires de Saint-Jacques, du Haut-Pas, l’acte de décès de la duchesse de Fontanges. Ce document lève toute incertitude relative à la date de la mort.

« Dame Marie-Angélique d’Escorailles de Roussille, duchesse de Fontanges, décédée le 28 juin 1681, dans une chambre d’une maison de l’abbaye du Port-Royal, sur la paroisse de Saint-Jacques fut prise dans la dite chambre et transportée dans l'église du monastère où elle fut inhumée le 29 juin, en présence de Mgr Anne Jules, duc de Noailles, pair de France, premier capitaine des gardes du corps du roi, gouverneur et lieutenant général pour Sa Majesté, des comtés de Roussillon, Conflans et Cerdagne et de messire Anne -Joseph d’Escorailles, Roussille-Fontanges, Chevalier seigneur, marquis de Roussille, frère de la dite dame,

qui signèérent :

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