‹ Les indiscrétions de l'histoire (volume 2)Chapitre 41 sur 59 · LA MALADIE DE NAPOLÉON LL. 2C · texte numérisé non relu

LA MALADIE DE NAPOLÉON LL. 2C

Une cause physique est venue s'ajouter à ces diverses causes d’anémie : c’est un flux hémorrhoïdal assez considérable, et surtout presque permanent pendant six ans.

Aujourd’hui l’anémie a presque disparu; il n’y a pas de souffle dans les vaisseaux ni dans le cœur ; les battements du cœur et les bruits de l'organe sont faibles, mais parfaitement réguliers ; il n’y a pas de traces de palpitations, et s'il y à eu des syncopes autrefois, cela prouve qu'il existait encore de l’anémie, mais pas de maladie de cœur, comme cela aurait eu lieu dans le rhumatisme.

30 Quelques phénomènes goutteux se sont montrés, çà et là, dans les jointures des pieds, et récemment encore, mais sans rhumatisme, sans autre complication intérieure qu’une lésion de la vessie. Il y a bien de temps à autre du ballonnement du ventre, quelquefois de la susceptibilité de l’estomac et des intestins, mais c'est là le fait habituel aux hémorrhoïdaires.

Nous concluons donc, en disant que les troubles digestifs, de même que les douleurs périphériques, sont dues aux hémorrhoïdes et à l’anémie consécutives; mais il reste à interpréter la lésion de la vessie.

ho Altération des voies urinaires.

Depuis cinq ans, il y a eu quatre hématuries ; à la suite de celle de 1867, les urines sont restées pendant un an muco-purulentes, puis elles se sont éclaircies; et depuis le mois d'août 1869, où il y a eu des accidents aigus et graves dans les organes urinaires, les urines ont constamment contenu une certaine quantité de pus évaluée au minimum à 1/40, et pendant la période aiguë à 1/4 ou à 1/3 de la totalité des urines.

Très souvent aussi il y a eu de la dysurie, de la lenteur . trés marquée pour uriner le matin, d’autres fois des interruptions du jet du liquide, et p:r moments il y a eu des difficultés telles qu’il a fallu recourir à la sonde; c’est ce qui est arrivé à Vichy il y & trois ans, et au mois d'août 1869.

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k | | , A Ms 210 LES INDISCRÉTIONS DE L'HISTOIRE

Il est à noter aussi que, depuis ce temps, l’équitation et les secousses de la voiture réveillent souvent des douleurs dans les reins ou dans le bas-ventre, ou au fondement.

Or, une maladie caractérisée par ces trois phénomènes : 10 hématuries répétées; 20 urines purulentes depuis près de trois ans, avec des alternatives plus ou moins marquées; 30 dysurie fréquente, caractérisée par le spasme ou par l’inertie de la vessie, ne peut être rapportée qu’à une pyélocystile calculeuse.

S'il n’y avait eu que les urines purulentes, on aurait pu songer à un simple catarrhe.

Si l’on n’avait pas à tenir compte de ce qui s’est passé .

avant le mois d’août 1869, on pourrait penser à un abcès périvésical ouvert dans l’urèthre.

Mais les hématuries antérieures, mais la persistance de la purulence des urines depuis un an, le retour fréquent de la dysurie et l'augmentation des douleurs par les secousses, doivent faire songer à une cystite d’origine calculeuse, que ce calcul soit placé et enchatonné dans la vessie, ou qu’il ait eu son siége primitif dans les reins.

Il y a eu, d’ailleurs, de temps à autre, un excès d’acide urique et d’urates dans les urines.

Cest pourquoi nous considérons comme NÉCESSAIRE le cathétérisme de la vessie à titre d'exploration, et nous pen- SONS QUE LE MOMENT EST OPPORTUN, par cela même qu'il n'y a actuellement aucun phénomène aigu.

Si, en effet, la dysurie ou la purulence, ou les douleurs augmentaient ou reparaissaient, on aurait à craindre de provoquer par l'exploration une inflammation aiguë.

Professeur G. SÉE.

Paris, 3 juillet 1870.

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