VIII PRÉFACE
rapports, entre le passé et le présent, nous console de n'avoir pas connu le bienfait de vivre quelques siècles plus tôt. | e
Nous ne pensons pas avoir à nous justifier davantage sur le libre ton de ces causeries ; les médecins ont, diton, des grâces d'état, et peuvent se permettre de ne pas recourir au latin pour disserter congrüment sur les maladies soumises à leur examen. Nous ne nous réclamerons pas de ce privilège et nous répéterons simplement ce que disait l'écrivain des Diaboliques, parlant des peintres : ‘« Qu'ils peuvent tout peindre et que leur peinture est toujours assez morale, quand elle donne l'horreur des choses qu elle retrace. »
Quant à notre préférence pour les menus faits, pour les bagatelles dédaignées par la grande Histoire, nous aurons moins de peine encore à nous en expliquer. Ce sont ces « bagatelles » qui donnent parfois au médecin, <omme l’a bien observé Jacoby, « des indications pré-
cises et précieuses, qui jettent un jour tout nouveau sur
les événements les plus importants ». Comme l’a dit,
dans son style lapidaïre, l’auteur des Pensées :
« Tout n’est pas grave et important dans l’histoire des peuples, et souvent on y rencontre avec plaisir des minuties que l’on se plaît à y regarder et qui n'y sont point inutiles, soit parce qu'elles détendent et amusent l'attention, soit parce qu'elles entrent facilement dans l'esprit, et, s’attachant à la mémoire, y fixent les faits principaux dont elles sont des dépendances. Quelques
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