RER PAR TARA MIE
toutes les sauces ? Et puis, la phrénologie est-elle donc une science si positive que ses arrêts soient infaillibles ?
Puisque ce n'était point le crâne de la Brinvilliers — et c'est grand dommage — à qui pouvait appartenir cette pièce anatomique ?
Poursuivant ses récherches, M. Le Roi eut bientôt le
mot de l'énigme. En fouillant bien, il découvrit ce qu’il
aurait dù trouver de suite : une notice des différents objets qui appartiennent à la bibliothèque-musée de Versailles ; or, dans cet inventaire, figurait la Téle de M”° Tiquet ! 9
M"° Tiquet ! Ce nom ne vous apprend rien? ce fut pourtant celui d'une femme qui fit quelque bruit de son vivant. | |
Angélique-Nicole Carlier, c'était le nom de jeune fille de M°° Tiquet, était la fille d'un riche commerçant de Metz. Orpheline à quinze ans, elle se trouvait en possession d'un héritage d’un demi-million que lui avait laissé son père. |
Les soupirants ne devaient pas manquer à une jeune fille qui joignait les agréments de l'esprit à une beauté et un charme dont elle était très fière, Au nombre de ses
adorateurs, un surtout se faisait remarquer par son assi-
duité et ses galanteries : c'était un conseiller au Parle-
ment, qui portait le nom peu euphonique de Tiquet. Le mariage eut lieu ; les premières années furent des
années de bonheur sans mélange. La naissance d’un fils
* et d’une fille vint, selon l'expression consacrée, couronner
la flamme naturelle des époux, mais le tempérament ardent de M"° Tiquet ne pouvait s’accommoder longtemps de la froideur de son cacochyme mari ; elle eut un amant, puis un second, puis la série.
M. Tiquet devenait gênant — et géneur. Ne s’avisait-il pas de faire des observations à sa femme sur l’excès de ses dépenses, sur l’insolence de son luxe ? C’en était trop! Dès cet instant, sa perte fut résolue.
M°° Tiquet chercha des complices dans son entourage pour arriver à ses fins, mais, soit maladresse, soit précipitation, l'entreprise échoua. M. Tiquet devint méfiant et soupçonneux ; il vécut, à partir de ce jour, dans l’isolement le plus complet, et ne voyait sa femme qu'au moment des repas. Pas une parole n'était échangée entre eux. | |
Un jour, M”° Tiquet s'avisa de faire verser du poisou dans ie bouillon destiné à son mari. Le valet chargé de donner le bouillon, ayant découvert le crime à temps, fit à dessein un faux pas et renversa le liquide.
Quelques jours après, nouvelle tentative : M. Tiquet
essuie trois coups de feu, en rentrant chez lui, au retour
d’une soirée passée chez des amis. Il en réchappe encore
cette fois.
Le magistrat chargé de l'instruction, ayant interrogé
l'époux infortuné, celui-ci, à la question : « Vous con-
naissez-vous des ennemis? » fait cette réponse, d’une
concision accablante : «Je n'ai d'autre ennemi que ma
femme ).
ET DU: My ce RES NE en dde CÉSAR