‹ Les indiscrétions de l'histoireChapitre 47 sur 61 · RER PAR TARA MIE · texte numérisé non relu

RER PAR TARA MIE

toutes les sauces ? Et puis, la phrénologie est-elle donc une science si positive que ses arrêts soient infaillibles ?

Puisque ce n'était point le crâne de la Brinvilliers — et c'est grand dommage — à qui pouvait appartenir cette pièce anatomique ?

Poursuivant ses récherches, M. Le Roi eut bientôt le

mot de l'énigme. En fouillant bien, il découvrit ce qu’il

aurait dù trouver de suite : une notice des différents objets qui appartiennent à la bibliothèque-musée de Versailles ; or, dans cet inventaire, figurait la Téle de M”° Tiquet ! 9

M"° Tiquet ! Ce nom ne vous apprend rien? ce fut pourtant celui d'une femme qui fit quelque bruit de son vivant. | |

Angélique-Nicole Carlier, c'était le nom de jeune fille de M°° Tiquet, était la fille d'un riche commerçant de Metz. Orpheline à quinze ans, elle se trouvait en possession d'un héritage d’un demi-million que lui avait laissé son père. |

Les soupirants ne devaient pas manquer à une jeune fille qui joignait les agréments de l'esprit à une beauté et un charme dont elle était très fière, Au nombre de ses

adorateurs, un surtout se faisait remarquer par son assi-

duité et ses galanteries : c'était un conseiller au Parle-

ment, qui portait le nom peu euphonique de Tiquet. Le mariage eut lieu ; les premières années furent des

années de bonheur sans mélange. La naissance d’un fils

* et d’une fille vint, selon l'expression consacrée, couronner

la flamme naturelle des époux, mais le tempérament ardent de M"° Tiquet ne pouvait s’accommoder longtemps de la froideur de son cacochyme mari ; elle eut un amant, puis un second, puis la série.

M. Tiquet devenait gênant — et géneur. Ne s’avisait-il pas de faire des observations à sa femme sur l’excès de ses dépenses, sur l’insolence de son luxe ? C’en était trop! Dès cet instant, sa perte fut résolue.

M°° Tiquet chercha des complices dans son entourage pour arriver à ses fins, mais, soit maladresse, soit précipitation, l'entreprise échoua. M. Tiquet devint méfiant et soupçonneux ; il vécut, à partir de ce jour, dans l’isolement le plus complet, et ne voyait sa femme qu'au moment des repas. Pas une parole n'était échangée entre eux. | |

Un jour, M”° Tiquet s'avisa de faire verser du poisou dans ie bouillon destiné à son mari. Le valet chargé de donner le bouillon, ayant découvert le crime à temps, fit à dessein un faux pas et renversa le liquide.

Quelques jours après, nouvelle tentative : M. Tiquet

essuie trois coups de feu, en rentrant chez lui, au retour

d’une soirée passée chez des amis. Il en réchappe encore

cette fois.

Le magistrat chargé de l'instruction, ayant interrogé

l'époux infortuné, celui-ci, à la question : « Vous con-

naissez-vous des ennemis? » fait cette réponse, d’une

concision accablante : «Je n'ai d'autre ennemi que ma

femme ).

ET DU: My ce RES NE en dde CÉSAR

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