‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 146 sur 235 · III. TRANSPORT AUX ARYAS · texte numérisé non relu

III. TRANSPORT AUX ARYAS

maritime était la plus courte et la plus facile, pour aller en Grèce et dans l'Asie mineure, et au témoignage de l'histoire ils y ont abordé dès l'époque la plus reculée. De là le premier essor de la civilisation dans ces contrées. Les Grecs euxmêmes admettent cette origine: la civilisation leur vint des Phéniciens, ce fut Cadmus (c.-à-d. l'oriental) qui la leur apporta.

Les navigateurs phéniciens ont même poussé jusqu'en Espagne et en Gaule, mais, à ce qu'il paraît, sans y exercer une influence durable, sinon les habitants de ces contrées auraient dû être plus avancés lorsque les Romains vinrent dans leur pays. On trouverait des traces du phénicien, ne fût-ce qu'un seul mot, dans la langue celtique, mais aucun indice ne peut donner une certitude à cet égard. Pour tout, les Celtes sont tributaires des Grecs et des Romains.

De ce qui précède, il résulte que les Aryas d'Europe ne doivent pas à eux-mêmes leur entrée dans le monde civilisé. S'ils avaient eu une initiative propre, leurs congénères qui n'ont pas été en contact avec les Phéniciens l'auraient eue également, et il eût été impossible que les Grecs et les Latins eussent sur eux une avance aussi extraordinaire. Cette supériorité ne s'explique que par un contact avec une civilisation étrangère qu'ils ont eu la souplesse de s'approprier rapidement. Cette puissance d'assimilation, ils la possédèrent en effet à un haut degré, elle constitue, comme nous le verrons plus tard, un trait caractéristique qui distingue la race aryenne de la race sémitique. C'est à elle que l' Aryas doit d'avoir porté l'héritage sémitique à une hauteur qui devait rester inaccessible au Sémite, avec son naturel exclusivement tourné vers les choses pratiques. L'écolier fut supérieur à son maître par la réceptivité et la complexité de ses facultés intellectuelles ; armé des connaissances acquises à son école, il se mit bientôt à marcher de lui-même, suivit sa voie propre et dépassa de loin le maître.

Déjà, lors de la description du monde babylonien, j'ai eu l'occasion de signaler plusieurs preuves de l'écart qui existait entre la civilisation des Babyloniens et celle des Aryas avant leur contact avec les Sémites, et de la propagation par ceux-ci de la culture babylonienne. Mais pour avoir une impression d'ensemble, il me semble utile de dresser un tableau général, comme je l'ai fait plus haut (p. 251 s.) par rapport au nexus causal entre les influences du sol et la civilisation de Babylone. Il nous montrera ce que les Aryas doivent aux Sémites (Babyloniens, Phéniciens, Carthaginois). On ne peut établir historiquement quand, où, et comment cette civilisation leur a été communiquée; la preuve d'une transmission résulte de ce raisonnement : chez les Sémites la culture existait, chez les Aryas elle faisait défaut, à l'époque primitive, mais elle s'est introduite plus tard, en conséquence, elle leur a été transmise par le contact que nous connaissons. Je dois accorder que cette conclusion n'est pas sûre pour toutes les institutions auxquelles elle pourrait s'appliquer. Pour quelques unes, je la considère comme absolument péremptoire; pour d'autres, je ne lui concède qu'un degré plus ou moins grand de vraisemblance. Je n'ai même fait aucune mention de certaines particularités, comme le navire de mer, l'emploi du cheval comme monture, l'eau pour l'irrigation des champs, parce qu'elles ont pu naître par expérience personnelle et sans aucune tradition, ou être parvenues aux Indo-européens par une autre voie : telle l'agriculture qui n'était pas encore connue du peuple père aryen. Cette réserve faite, il reste à l'actif de Babylone :

1 . Le remplacement de la maison de bois aryenne par la maison de pierre babylonienne, et par suite

2. l'abandon de la construction de maisons isolées et la substitution de la ville au village.

3. L'emploi, inconnu des Aryas à l'époque primitive, de la pierre pour fortifier les villes,

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