‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 145 sur 235 · la soumission de contrées entières, p. ex. Rhodes · texte numérisé non relu

la soumission de contrées entières, p. ex. Rhodes

En matière d'organisation du commerce extérieur, les Phéniciens dépassaient donc les Babyloniens, tandis que pour le reste, sauf des inventions industrielles isolées, ils ne furent pas supérieurs au peuple père, et c'est ainsi que l'on peut résumer leur importance pour l'histoire de la civilisation, comparée à celle des Babyloniens, en ces deux mots : Les Babyloniens ont créé la civilisation, les Phéniciens l'ont colportée.

A Carthage, la culture babylonienne trouva un nouveau centre de propagation plus favorable que celui qu'elle possédait antérieurement à Sidon et à Tyr. Le choix de Carthage témoigne de la vue pénétrante du marchand expérimenté, il n'aurait pu trouver une situation plus favorable, car elle le mettait dans le voisinage immédiat de l'Europe et lui ouvrait le bassin occidental de la Méditerranée, moins exploité par les Phéniciens que le bassin oriental, plus rapproché. Les avantages ne tardèrent pas à se manifester ; la ville nouvelle surpassa bientôt Sidon et Tyr. Admettre qu'elle dut cette supériorité à l'adresse et à l'activité plus grandes de sa popu-

(**7) Je n'ajoute pas les preuves de ce qui suit ; celui qui les désire les trouvera chez Movers, dans son ouvrage sur les Phéniciens, que j'ai lu antérieurement mais n'ai plus revu à l'occasion présente,

lation ne repose sur rien ; la seule explication reste dans la faveur de sa situation.

Carthage néanmoins, a fait une chose qui ne doit point être attribuée à sa position exceptionnelle mais uniquement au génie de sa population. Elle a créé une œuvre politique de premier rang : sa constitution républicaine ; c'est à Carthage que la république a vu la lumière du jour(2*8). De même que les Phéniciens avaient progressé sur les Babyloniens en organisant le commerce extérieur, les Carthaginois, à leur tour, avaient fondé ainsi une institution spécifiquement neuve ; mais pour le reste (art, science, religion) ils n'ont pas plus qu'eux augmenté l'héritage des ancêtres, de sorte que leur rôle dans l'histoire de la civilisation se réduit, comme celui des Phéniciens, à avoir colporté la culture née à Babylone sans faire eux mêmes rien d'important (sauf en un seul point).

Par eux, par leur commerce maritime, cette culture a été propagée en Europe, et par cela même transmise aux Aryas qui y avaient immigré. Les Aryas d'Asie, les Indiens, les Perses l'ont prise directement à Babylone, les Aryas d'Europe l'ont reçue des Phéniciens. L'apparition de ceux-ci signale le commencement de la vie civilisée sur le sol de l'Europe ; partout où ils se montrent, la vie s'éveille ; s'ils restent éloignés, elle sommeille ; il fallait l'apparition des Phéniciens pour tirer l'Europe du sommeil.

Ainsi s'explique qu'à une époque où les Grecs et les Romains avaient déjà atteint leur apogée, les Germains et les Slaves se trouvaient encore au degré le plus inférieur. Les Phéniciens ne sont jamais arrivés jusqu'à eux; ils ne pouvaient les atteindre. Mais les premiers ont été de bonne heure en contact avec les Phéniciens. Pour eux la voie

(2*8) Je me réserve de montrer à une autre place, mieux appropriée, quelle était l'importance de ce fait.

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