III. LÉGENDE DES HIRPINIENS
figurative, il est évident que leur signification réelle antérieure était encore familière à la conscience du peuple. Personne n'ignorait le sens caché des solennités célébrées pendant les deux dernières semaines de février et le premier mars, et quand, pour la première fois, une calamité provoqua le vœu d'un ver sacrum, on savait fort bien que l'on se bornait à copier un fait du passé. Mais dans le cours du temps, la notion originelle de cet acte s'est complètement perdue ; même les antiquaires romains n'ont pas soupçonné les précieux renseignements que recelaient, pour leurs études, ces pétrifications d'un autre âge. A Rome, à l'époque historique, le souvenir de la migration est complètement effacé ; la légende populaire, elle-même, est muette à son égard. Le récit de l'arrivée d'Enée au Latium est une fiction savante du temps postérieur.