LES FEMMES
XL VII. L'exposition de toutes les filles survenues après la première eût dû faire craindre que les hommes ne vinssent à manquer d'épouses, et cette pénurie de femmes n'était pas moins menaçante pour la communauté que leur abondance; sans elles, pas de mères pour assurer les nombreuses générations nouvelles, si indispensables.
Le manque des femmes doit certainement s'être fait sentir de la manière la plus sensible à l'époque de la migration. J'y rattache les institutions romaines suivantes :
a. La 'prohibition de la gentis enuptio chez les affranchies du sexe féminin. La circonstance qu'elle ne s'appliquait pas également aux affranchis masculins montre que l'on ne doit pas en chercher le motif dans la volonté d'empêcher le mariage entre personnes appartenant à des gentes différentes, mais dans l'intention d'assurer une femme aux membres de la gens. Il est, à la vérité, difficile d'admettre que cette prohibition existât déjà sous cet aspect aux temps primitifs ; car la tradition romaine place l'affranchissement des esclaves à l'époque historique. Alors aussi, la pénurie de femmes a pu se faire sentir, mais je ne la tiens pas pour probable, parce que le motif péremptoire, gisant dans les nécessités de l'émigration, de réduire le nombre des femmes, avait disparu avec l'établissement à poste fixe. Je tiens pour probable que la défense de la gentis enuptio ne s'est pas formée alors seulement, mais qu'elle a été transportée des femmes libres aux affranchies, sauf que pour ces dernières elle doit s'être appliquée, non à la gens, mais à la curie. Ainsi s'expliqueraient les dix témoins dans la célébration du mariage par confarréation. C'étaient les représentants des dix gentes appartenant à la curie de la femme, et la nécessité de