‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 27 sur 235 · II. DEGRÉ DE CIVILISATION · texte numérisé non relu

II. DEGRÉ DE CIVILISATION

Cela est si bien établi par les recherches d'autres auteurs que je puis me borner à y renvoyer (3*).

5. Le peuple père ne connaissait pas encore le travail des métaux.

VIII. Le métal même (principalement le cuivre, ayas), à l'exclusion du fer, lui était sans doute déjà connu, comme le prouve la langue, mais en conclure qu'il en connaissait le travail est tout aussi risqué que de conclure de la connaissance des céréales à celle de l'agriculture.

Aucun peuple indo-européen n'a conservé aussi fidèlement que les Romains les institutions du temps passé. Complètement disparues depuis longtemps de la vie pratique, elles se survivent comme actes solennels. Pour l'historien, ces vestiges des temps primitifs ont la même valeur inestimable que pour le paléontologue les débris fossiles conservés dans le sein de la terre ; ils lui donnent des renseignements sur une époque que nulle tradition historique n'éclaire. Nous les rencontrerons encore souvent. Ici ils nous prouveront que la connaissance du métal était inconnue à l'époque primitive.

A une époque où l'on connaissait depuis longtemps à Rome les lances avec pointe en fer, le fécial, dans la déclaration de guerre solennelle au moyen du jet de la lance sur le sol ennemi, dut pendant des siècles encore se servir de la hasta praeusta. C'était une lance entièrement en bois, dont la pointe avait été durcie au feu et puis trempée dans le sang(5S).

(3i) Schrader, loc. cit., p. 404. Il en indique même la forme.

(5B) On la retrouve dans le cranntair des Gaéliques du haut pays d'Ecosse et dans le Bodkeßi des Scandinaves, tige (parfois croix) brûlée aux bouts, puis trempée dans le sang, qui était envoyée autour du pays, en signe de déclaration de guerre et de convocation à un endroit déterminé; en Suède, l'usage se conserva jusque dans le 16" siècle, chez les Gaéliques jusque

Même chose pour la Tiasta pum(*6) qui était donnée comme récompense de la bravoure, et pour la festîica dans la procédure de revendication. L'usage ne s'explique pas autrement qu'en admettant que la lance à pointe de fer n'était pas encore connue à l'époque de la migration.

Pour sacrifier l'animal offert en holocauste lors de la conclusion d'un traité international, le fécial ne pouvait se servir que de la hache en silex. Dans la vie, la hache et le couteau de fer avaient depuis longtemps mis hors d'usage les instruments de pierre, mais ils ne pouvaient être employés dans cet acte, qui devait s'accomplir comme on était accoutumé depuis les temps primitifs. Au ports sublicius confié à la garde des pontifes, il ne pouvait y avoir des clous de fer, mais seulement des clous de bois; comme pour les féciaux, l'usage de l'époque primitive était la règle pour les pontifes. Il en était de même de la vestale. Lorsque au commencement d'une année nouvelle, le feu du temple de Vesta devait être éteint et remplacé par un feu nouveau, ou lorsqu'elle devait rallumer le foyer éteint par sa négligence, elle ne pouvait se servir de fer ni de pierre, mais seulement d'un bois facilement inflammable [materia felix){zl) par la rotation (terebratio) d'un bois dur. Cette opération devait se faire non dans le temple même, mais seulement à l'air libre comme à l'époque de la migration, et le feu devait ensuite être porté au temple dans un crible d'airain(38). La peine de mort infligée à une personne ecclésiastique, ne s'exécutait point au moyen de la hache

dans le 18e. V. Grimm, Bechtsalterth., p. 163-164. Cela met hors de doute que la hasta sanguinea praeusta a sou origine à l'époque de la migration.

(36) Sbrv. ad Aen. 6-760 : sine ferro. Suétone, Claudius, 28, etc.

(37) Felix signifie : qui engendre. VaniCzek, II, 638.

(38) Fkstus, ep., p. 106. Ignis Vestae.. tamdiu terebrare quousque exceptum ignem cribo akneo virgo in aedem ferret. Ce crible d'airain autoriset-il à conclure que les Aryas connaissaient déjà la fonte du bronze? Nous reviendrons plus tard sur ce point.

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