‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 28 sur 235 · II. DEGRÉ DE CIVILISATION · texte numérisé non relu

II. DEGRÉ DE CIVILISATION

hache de fer, mais comme à l'époque primitive, au moyen de la flagellation.

Les assemblées du peuple réunies par les pontifes étaient convoquées verbalement (comilia calata); pour celles réunies par les magistrats, l'appel était fait au moyen de sonneries de cors. Nous établirons plus loin qu'à l'époque de la migration le rassemblement des troupeaux et les commandements dans la bataille se faisaient de vive voix, d'où il résulte que l'usage d'instruments en métal pour donner les signaux militaires était inconnu au peuple migrateur, nouvelle preuve que le peuple père n'était pas au courant du travail des métaux dans un but technique.

Partout donc, pour les actes religieux, le clergé répudiait radicalement le fer. Le même fait se rencontre chez les Juifs. Connaissant depuis longtemps les couteaux et les outils en fer, ils en prohibaient l'usage dans la circoncision et dans l'érection de l'autel de pierre. On devait, à cet effet, se servir, comme à l'époque primitive, du silex aiguisé. Inutile de dire que l'exclusion du fer dans tous ces cas ne peut être basée sur une idée religieuse. Cette idée ne pourrait être que l'aversion des dieux pour l'emploi du fer, alors qu'il y avait un dieu du fer : Vulcain. Il ne reste donc que la raison historique, à savoir que l'on ne connaissait pas le fer à l'époque primitive et que même après sa découverte on s'en tint à l'usage ancien pour les actes religieux. De nos jours on conserve les cierges pour éclairer les églises, au lieu d'employer le gaz.

Ces attestations puisées dans l'antiquité romaine, prouvent que le peuple père ne savait pas forger le fer. S'il ne s'était agi que de ce fait, j'aurais pu me dispenser de le prouver, car il est établi par des attestations linguistiques que le fer n'a été connu du peuple père qu'à la période védique (3Ö). Mais je ne les ai rassemblées que pour

(™) BOKEtbSB, I. C.| p. 268-288.

en conclure que même le travail du cuivre dans un but technique était inconnu. Si les Arjas l'avaient connu, ils se seraient servis de cuivre, faute de fer, pour confectionner des clous et des armes, comme d'autres peuples, tels que les Juifs et les Perses avant l'âge du fer. La hasta praeusta et pura, les clous de bois du pons sublicius prouvent à toute évidence qu'ils ne l'ont point fait.

On trouve, il est vrai, dans l'antiquité romaine, un exemple de l'emploi de l'airain pour un ustensile de ménage, c'était le crible d'airain (cribrum aeneum) dans lequel la vierge vestale apportait au temple de la déesse le feu nouvellement allumé (v. plus haut), tandis que pour faire la cuisine elle devait se servir de vases d'argile (Festus, épit. Mûries, p. 159 : in ollam fictilem conjectum), mais de là résulte seulement que le travail du cuivre remonte à une époque très reculée et non que l'on peut déjà l'attribuer au peuple père aryen.

Le monnayage de l'airain (aes) ne date, comme on le sait, chez les Romains, que de la fin de la période de la royauté; à l'époque ancienne, on pesait le métal (aes rude), et les artisans en airain (/abri aerarii et ferrarii) de l'armée romaine ne datent pareillement que de la constitution militaire de Servius Tuliius.

Page 1