III. JUGEMENT FINAL
« homme perdu; — beaucoup de ces malheureux ont péri « dans un bannissement volontaire, dans la misère et le « désespoir; d'autres ont violemment mis fin à leurs jours». Même le manque de toute imputabilité n'exclut point les conséquences de la transgression de la défense. Un Anglais brutal et insolent avait un jour fourré par violence dans la bouche d'un brahmane de la viande et des boissons prohibées. L'homme fut expulsé de sa caste, essaya vainement pendant trois ans de tous les moyens pour récupérer sa position et ne réussit finalement qu'en payant 500,000 fr. Mélange incroyable de sagesse et de déraison, les sages n'avaient point d'yeux pour la plus fondamentale de toutes les distinctions du droit et de la morale : entre la culpabilité et l'innocence.
Complétons le tableau des mœurs de l'Hindou actuel par quelques traits, p. ex. sa lamentable hutte de limon se fondant à la pluie, la séquestration de la femme dans le gynécée [Zenana), sa culture intellectuelle extrêmement insuffisante, les cadeaux de circonstance dépassant toute mesure et causant souvent la ruine complète (9I). Nous ne risquerons pas d'être contredits en disant que l'Hindou est resté le digne descendant de l'Aryas au point de vue de l'aspect pratique des conditions de sa vie ; il est resté sous ce rapport aussi enfant que son ancêtre. Je ne l'ai mentionné que pour avoir l'occasion de mettre ce dernier en lumière. Et c'est de l'Aryas aussi complètement dénué d'esprit pratique que descend le peuple romain si éminemment doué sous ce rapport. Comment cela s'est-il fait? C'est l'objet des livres suivants.
(9i) R. Garbe, p. 110 s.