II. CIVILISATION DES ARYA8 BT DES SEMITES
insisterait d*autant plus sur la navigation maritime^ rin« dustrie, le commdrce; en Prusse il citerait au contraire Torganisation militaire, et Tart en Italie, sans faire mention du reste ; — dira-*>t-on que les matières passées sous silence manquent chee ces trois peuples?
J'espère pouvoir établir dans la suite, non seulement que les Babyloniens ont connu la navigation maritime, mais qu'elle remonte che2 eux aux temps les plus reculés, au moins au milieu du quarantième siècle. Si à cette époque, comme je Tadmets, mais ce dont chacun peut penser ce qu'il veut, les Phéniciens ('^*) et les Juifs n'étaient pas encore séparés du peuple père, ils ont dû emporter le souvenir de la navigation maritime et du bateau de mer, en particulier la notion de l'emploi de la colombe et de l'observation des astres dans le but de s'orienter (v. plus loin). Chez les Juifs, habitant l'intérieur des terres, la possibilité d'utiliser ces connaissances se perdit, tandis qu'il était réservé aux Phéniciens, qui s'établirent sur l'une des côtes marines les plus favorisées du monde entier, de dépasser le peuple père sur ce point.
La plupart des auteurs modernes {^•') ayant eu l'occasion d'examiner de plus près le problème de la navigation mari* time des Babyloniens, la passent entièrement sous silence, et ce n'est que lorsqu'ils s'occupent des Phéniciens qu'ils se rallient en passant à l'opinion que ceux-ci ont été les premiers marins du monde. Deux écrivains seulement, que je sache, se sont exprimés d^une manière positive sur la question. L'un est Edouard Meyer dans sa Geschichte des AlteHhums (T. I,p. 225), lequel en s'appuyant sur des motifs tout-à-falt
(**') Ôidon, la plus ancienne ville phénicienne n*A été fondée que vers l'an 9000, donc à une époque où la navigation maf Itime était depuis long** temps en usage à Babylone.
(*^') Même Brbuaino, 1. c, p. 2.
200 LIVRE n. — ARTAS ET DES SEMITES.
insaffisants(**"), affirme comme c complètement établi » qne les Babyloniens n'ont jamais eu de navigation maritime. Le Second est Gôtz [Verkehrswegen des AUerthums, Stuttgart, 1888, p. 66) d'après lequel il j avait dans le golfe persique, dès le milieu du quatrième millénaire, une circulation de navires. Comme preuve, il invoque diverses inscriptions lapidaires mentionnant d'une manière expresse que les blocs de diorite sur lesquels elles sont gravées, provenaient des montagnes de Magan (»- pays transmarin). Comme région la plus rapprochée, on ne peut avoir entendu par là que c la c côte du nord-ouest de TArabie, où se trouvent encore de c nos jours des groupes d'anciennes roches volcaniques ».
^4 88^ L*an est tiré de la prétendue indication expresse contenue dans une inscription (v. Frikdrich Delitsch, Wo lag dos Paradies ? Leipzig, 1881, p. 76) mais elle ne dit pas autre chose si ce n'est qu*un roi assyrien avait fait construire à Ninive de grands bateaux et les avait équipés au moyen de matelots de Tyr et de Sidon. Dblitsch lui-même, p. 99, conteste seulement la possibilité pour les Babyloniens d^avoir pu arriver aux Indes sans Taide de marins phéniciens. Mais le motif qu'il allègue comme preuve, à savoir qne les Babyloniens n'étaient pas un peuple de marins et qu*ils avaient fait construire leurs bateaux de mer par des constructeurs phéniciens sappose établi ce qui précisément doit être prouvé. Pour la question de la navigation maritime des Babyloniens, cette inscription parlant d'an roi assyrien à Ninive est sans aucune force probante. Le second motif allégué par B. Mbtbr est le fait qu* « Alexandre envoya de Babylone des expéditions pour explorer la côte arabique, ce qui eût été complètement superflu si des navires marchands babyloniens y avaient fkitle commerce ». Comme si de nos Jours, il n'en était pas parfaitement de même, lorsque des gouvernements envoient des expéditions par terre ou par eau dans des régions depuis longtemps ouvertes au négoce. L'exemple d'Alexandre prouve précisément que la route marine de Babylone aui Indes était parfiiitement connue à cette époque. Comment le Néarque aurait-il pu se lancer des bouches de l'Indus dans la mer B*il n'avait pas été certain d'atteindre le golfe persique et Babylone, vers laquelle il se dirigeait?