‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 107 sur 215 · II. CIVILISATION DES ARYAS BT DBS SEMITES · texte numérisé non relu

II. CIVILISATION DES ARYAS BT DBS SEMITES

d'innombrables bancs de corail; au débouche dans le golfe d'Aden et dans TOcéan Indien, le marin rencontre le détroit de Bai^eUMandei^ surnommé la c porte du deuil >, qui fut le tombeau de nombreux vaisseaux. Alors il débouche dans la haute mer et la route qui lui reste à parcourir vers Tembouchure de Tlndus/ou jusqu'aux Indes, est encore aussi longue que celle qu'il a déjà suivie, ensemble plus du double du chemin que le Babylonien avait à faire. D'une part route deux fois plus longue, navigation côtière la plus dangereuse et traversée considérable, d'autre part chemin raccourci de moitié, cabotage constant et sans aucun péril. £t l'on veut encore douter que les Babyloniens soient venus dans l'Indu, un peuple qui pratiquait déjà la navigation maritime alors qu'il n'était pas encore question des Phéniciens, et qui excellait par son ingéniosité et son esprit d'entreprise? Comment donc les autres peuples savaient-ils seulement que rinde existait? Se sont-ils lancés au hasard du golfe d'Aden, ou d'un point quelconque de la côte d'Arabie en pleine mer à la recherche d'un pays encore entièrement ignoré? Ils doivent leur connaissance des Indes aux Babyloniens, et pour se rendre indépendants d'eux, pour se procurer personnellement les avantages du commerce direct avec cette contrée, pays des produits commerciaux les plus précieux, introuvables ailleurs, où l'or était en abondance, ils ont fait l'entreprise hasardeuse de prendre la mer eu partant de leurs rivages infiniment moins favorables.

L'examen impartial des faits nous conduit donc à ce résultat qu'il est impossible d'admettre que les Babyloniens n'aient pas connu la route de mer vers les Indes.

Et ils l'ont connue. Cela est attesté par les quatre preuves suivantes, qui mettent à l'abri de tout doute un contact des Babyloniens avec les Indiens. Quant à l'objection tirée de la possibilité de ces relations par voie de terre, j'y répondrai lorsque le moment sera venu. L'époque à laquelle nous devons placer ces rapports n'est pas déterminée, mais comme

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les produits des Indes se trouvent déjà mentionnés dans TAncien Testament, et que, d'après ce qui précède, les Babyloniens les connurent en tout cas plus tôt que les Juifs, qui ne pouvaient les tirer que des Arabes ou des Phéniciens, ce contact doit en toute hypothèse être placé bien avant l'époque de la communication ménagée par Alexandre entre Babylone et Tlnde.

Ces faits sont les suivants :

1 . L^ adoption de la semaine babylonienne avec les nom des jours. Comment les Indiens s'approprièrent-ils une institution aussi spécifiquement babylonienne? Elle ne leur était imposée par aucune nécessité pratique ou scientifique. Je m'explique la chose de la manière suivante. Même à l'étranger, le marin babylonien désignait les jours d'après son calendrier; avait-il à indiquer un terme à l'indigène, p. ex. pour la livraison des marchandises à bord, pour le départ du navire, il Taura fait dans son langage. De cette manière, ceux qui étaient en rapports avec lui dans les ports, les marchands, les porteurs, etc. apprenaient à connaître les noms babyloniens des jours de la semaine, et de là, ces appellations ont pu pénétrer dans les autres couches du peuple et même dans les écrits, auxquels nous en devons la connaissance. Au moyen âge maintes expressions nautiques ont ainsi passé de la bouche des marins étrangers dans la langue du pays.

2. La concordance du sanscrit mana (lat.: mina, grec pâ, mine d'or) avec le babylonien (originairement Accadien- Summérien) mana^ nom de l'étalon d*or des Babyloniens ('**). Que l'Indien ait emprunté l'étalon d'or à Babylone, cela résulte à l'évidence du système duodécimal ou sexagésimal

(2 00^ ZiMMBB, Altindùches Lehén^ p. 50-51. Il y voit avec raison « des traces d'une antique relation de civilisation entre Tlnde et Babylone, la patrie du premier système rationnel de poids et mesures n.

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