‹ Les Indo-Européens avant l'histoireChapitre 106 sur 215 · II. CIVILISATION DES ARYAS ET DES SEMITES · texte numérisé non relu

II. CIVILISATION DES ARYAS ET DES SEMITES

à Babylone est restée utilitaire ; — « le Babylonien n*a rien fait dont il ne vit le but pratique.

Ce rapport entra Tastronomie et la nautique s'est maintenu jusqu'à ce jour, et il ne souffrira jamais de changement. La seule profession dans laquelle elle s'applique et où elle est absolument indispensable est celle du marin ; cette connexion commandée par les circonstances mêmes a existé dès l'antiquité. Très significatif à cet égard est le fait que l'astronome grec Thaïes a déjà écrit un traité de nautique ('••). N'ai-je donc pas eu raison de faire remonter l'astronomie des Chaldéens aux intérêts pratiques du marin babylonien?

Mais si précieux que cela soit au surplus, ce n'était pas là ce que j'avais en vue. Pour mon but, il s'agissait seulement d'emprunter à la science chaldéenne un point de repère pour déterminer l'âge de la navigation maritime chez les Babyloniens. Je crois que de plus longues explications à ce sujet seraient inutiles. Si les annotations manuscrites des Chaldéens remontent jusqu'au delà de l'an 2200, leurs traditions doivent certainement se reporter à une époque bien plus reculée, et si ce peuple a été précédé dans l'observation du ciel par le navigateur, nous arrivons, même en adoptant les éyaluations les plus modérées, à un âge où il ne pouvait encore être question d'une marine phénicienne, c.->à-d. dans le quatrième millénaire. L'opinion des anciens que les Phéniciens ont été les premiers navigateurs est donc erronée;

(***) BuBUSiNO, L c, p. 18« Était-ce oomm« il I*adfflet « le plui ancien qui ait jamaÎB été écrit », c'est ce que je n'examinerai pas. Les Chaldéens n'aoraientrils point guidé les navigateurs babyloniens de la même manière que Tbalès guida les Grecs? L'antiquité ne manquait pas non plus de « livres auxiliaires dans lesquels le navigateur pouvait puiser des conseils » (BasnsiNOyp. 6) ; cet auteur lui-même (p. 8 à 10)en a cité quelques exemples. &i tout cas le navigateur babylonien n'aura pas laissé édiapper les enseignements oraux des Chaldéens.

avant eux, les Babyloniens ont déjà parcouru la mer; ils connaissaient, comme nous Tayons démontré, tout ce qu'il fallait pour cela : le bateau de mer, le pilote, la colombe comme boussole, le ciel étoile pour s'orienter. La seule question qui mérite encore examen est celle de savoir jusqu'où leur navigation s'est étendue ou plutôt, comme il est acquis qu'ils sont parvenus sur la côte occidentale du golfe persique jusqu'en Arabie (p. 201), s'ils sont arrivés le long de la côte orientale jusqu'aux Indes? Je n'hésite pas à répondre affirmativement de la manière la plus décidée et je crois pouvoir mettre la chose à l'abri de tout doute par les motifs que je vais invoquer (*®®). Le cabotage sur la côte orientale du golfe persique a été favorisé par la nature d*une manière tout à fait extraordinaire ; il est un des plus commodes et des plus sûrs que l'on puisse imaginer. Même tout près du rivage la mer est profonde, partout dans les anses ou le long des îles se trouvent des ancrages, et le navigateur profite encore des courants périodiques qui d'octobre à mai conduisent son bateau vers le dehors, et de mai à octobre vers l'intérieur. Hors du golfe persique jusqu'à l'embouchure de l'Indus, la navigation côtlère ne rencontre pas la moindre difficulté, ni le moindre danger. Et cette route les Babyloniens ne l'auraient point suivie? Pour apprécier tout le poids de la question, que l'on songe que d'autres peuples de l'antiquité, tels que les Arabes, les Égyptiens, les Phéniciens, auxquels la nature a rendu le trajet par mer vers les Indes aussi difficile qu'elle l'avait fait facile pour eux, ne s'en sont point effrayés. La Mer Rouge qu'ils devaient traverser est une des plus dangereuses du monde entier. Peu profonde en grande partie, elle a partout une grève sablonneuse on une côte déserte, bordée de falaises, se prolongeant sous eau par une foule de récifs dangereux ; il s'y trouve en outre

i*^^) Je me suis déjà expliqué (p. 200 note 188) sur les objections âûtes par E. Mbtbr et F. Dblitsch.

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